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L'Usine Aéro

Thomas Pesquet, le spationaute génération Y

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Publié le , mis à jour le 15/11/2016 À 11H50

En rejoignant la station spatiale internationale pour six mois, Thomas Pesquet deviendra le 10e Français à s’envoler dans l’espace. Twitter est son meilleur allié pour communiquer sa passion de l’aventure spatiale.

Thomas Pesquet, le spationaute génération Y

On est “légèrement” à l’étroit dans le Soyouz, et encore, le jour J on aura scaphandres + plein d’autres équipements. Ça déborde presque ! » Dans son tweet posté quelques semaines avant son décollage pour la station spatiale internationale (ISS), le 15 novembre, Thomas Pesquet a joint une photo de lui, à bord du simulateur de la capsule du vaisseau spatial russe. Depuis sa sélection comme astronaute, en 2014, par l’agence spatiale européenne (ESA), il tient régulièrement au courant ses presque 50 000 followers des progrès de sa préparation. Tout y passe : ses passages au centre de formation des astronautes à Cologne, en Allemagne ; ses plongées en tenue de scaphandrier dans la piscine de la Nasa à Houston pour répéter les sorties marathon dans l’espace ; ses tests de torture dans la « centrifugeuse » à la cité des étoiles à Moscou, où il est soumis à des accélérations analogues à celles subies par les pilotes de chasse… Et il promet d’être toujours aussi actif en ligne depuis l’espace, à 400 kilomètres d’altitude, et même de poster des vidéos sur Youtube dès qu’il aura de (rares) moments libres.

Une autre époque !

« Thomas fait partie d’une nouvelle génération d’astronautes, branchée sur les réseaux sociaux et qui tweete. Et surtout, la première qui peut envisager d’aller sur Mars », explique Claudie Haigneré, première femme européenne à avoir rejoint, en 2001, la station. L’ISS n’en était qu’au début de sa construction et les astronautes ne pouvaient communiquer que par intermittence avec le centre opérationnel. Une autre époque ! Ce Rouennais d’origine sera le benjamin des missions M50 et M51 qui le conduiront pour six mois dans l’espace. À ses côtés, deux vétérans du spatial : l’américaine Peggy Whitson (376 jours dans l’espace et six sorties) et le cosmonaute russe Oleg Novitsky, commandant du Soyouz. Il ne sera pas pour autant réduit au rôle de figurant. Ingénieur aéronautique de formation (Supaéro, pilote Air France d’A 320, il secondera le commandant russe lors des phases de décollage et de rentrée sur Terre. « Ce sont les moments les plus critiques et les plus dangereux de la mission », précise-t-il. À bord de la station, la moitié de son temps sera consacrée à une cinquantaine d’expérimentations scientifiques. Notamment pour mesurer l’effet des long séjours dans l’espace sur le vieillissement de la peau, des os, des muscles… L’autre moitié sera consacrée à l’entretien de l’ISS. « L’important n’est pas d’être un hyper spécialiste dans un domaine, mais d’être bon à peu près en tout », raconte-t-il modestement. Presque une philosophie de vie, pour lui. Il parle six langues (dont le russe et le chinois), mais pas parfaitement, et pratique le parachutisme, la plongée, la voltige et le judo, sans être un champion de ces disciplines.

Thomas Pesquet, une tête bien faite dans un corps bien fait ? Oui, mais pas seulement. En concurrence avec plus de 8 000 candidats pour devenir astronaute européen, il a été retenu pour son profil psychologique. « ­Thomas était très à l’aise, très bon communicant. En partage avec les autres, il montrait surtout une très bonne intelligence émotionnelle », confie Jean-­François Clervoy, ancien astronaute, membre du jury de sélection. Soit cette capacité à interagir avec son entourage et favoriser la dynamique de groupe, même en situation de fort stress. « La détermination est la qualité principale d’un astronaute. Quand on discute avec eux, ils ont une immense volonté d’y arriver. La plupart ont fait une croix sur des carrières brillantes. Thomas a attendu six ans avant de toucher au but, d’autres encore plus longtemps », détaille Lionel Suchet, l’actuel directeur innovation au Cnes, qui a participé à la formation de la grande majorité des astronautes tricolores.

Un bon communicant

En ce qui concerne le Cnes et l’ESA, les astronautes sont de formidables vecteurs de communication pour rappeler le rôle clé des activités spatiales et justifier leur financement auprès du grand public. Thomas Pesquet remplit le contrat au-delà des espérances, tant ce pédagogue parvient à faire partager sa passion. Dans son uniforme d’astronaute aux couleurs de l’ESA, il est autant à l’aise sur le plateau du JT de TF1, qu’au cours d’un tchat vidéo organisé par Twitter France, ou sur la scène de l’Olympia à animer une conférence sur le thème de l’exploration spatiale…Il s’adapte à chaque interlocuteur. Confronté à un jeune public l’interrogeant sur l’intérêt des expérimentations spatiales, il a rappelé que la coque de leur dernier iPhone avait bénéficié de travaux sur les alliages réalisés à bord de la station ! Surtout, il ne joue pas les superhéros. « Quand on s’installera en haut du troisième étage de Soyouz pour le décollage, là, j’aurai la boule au ventre », confesse-t-il. Son rêve ne s’arrête pas à l’orbite basse de la Terre. À 38 ans, il ne cache pas son désir de faire partie des premiers équipages qui iront sur Mars. 

En quelques mots

Polyglotte Il parle 6 langues, dont le russe, nécessaire pour piloter le Soyouz, appris en trois mois. Et s’est mis au chinois, anticipant les futures coopérations sino-européennes.

Citoyen Il a signé une procuration de vote pour la prochaine élection présidentielle, qui aura lieu avant son retour sur Terre.

Judoka Il emmènera sa ceinture noire de judo dans la station. Il pratique également la plongée, la voltige et le parachutisme.

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