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Thierry Bolloré, obstacle à la réconciliation entre Renault et Nissan ?

Simon Chodorge , , ,

Publié le

Thierry Bolloré est-il sur la sellette ? Le gouvernement français aurait encouragé le départ du directeur général de Renault, selon des informations de BFM Business rapportées le 19 juin. La mesure serait soutenue par le ministre de l'Économie Bruno Le Maire pour enfin renforcer l'alliance ébranlée entre Renault et Nissan.

Thierry Bolloré, obstacle à la réconciliation entre Renault et Nissan ?
Ancien directeur général adjoint du groupe Renault sous Carlos Ghosn, Thierry Bolloré peut susciter de la méfiance dans le camp japonais.
© Olivier Martin-Gambier / Renault

Le tandem à la tête de Renault est-il déjà menacé ? Le gouvernement français, actionnaire à 15% du constructeur automobile, aurait demandé au président Jean-Dominique Senard d’écarter le directeur général Thierry Bolloré, selon des informations rapportées mercredi 19 juin par BFM Business. Cette mesure permettrait notamment de renforcer enfin l’alliance entre Nissan et Renault.

Institué en janvier après la démission de Carlos Ghosn, le duo Senard-Bolloré devait permettre une gouvernance plus équilibrée chez le groupe français. Il avait également pour mission de renforcer l’alliance avec Nissan. Toutefois, au fil des mois, les désaccords sur l’avenir de l’alliance ont perduré entre Renault et le groupe japonais. Surtout, en mai et en juin, le projet avorté de fusion entre Fiat-Chrysler Automobiles (FCA) a ravivé les tensions.

“Senard doit aussi faire évoluer la gouvernance de Renault”

Après l’affaire Carlos Ghosn, l’État français et Renault ont plusieurs fois souhaité un changement de gouvernance chez Nissan. Confirmé par les actionnaires et soutenu par le gouvernement japonais, Hiroto Saikawa ne semblait pas sur la sellette. La donne pourrait changer selon BFM Business.

Lors d’une rencontre avec le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, le gouvernement japonais aurait approuvé un départ du patron de Nissan… À une condition : “Senard doit aussi faire évoluer la gouvernance de Renault”, déclare à BFM Business une source du ministère français de l’Économie. Autrement dit, écarter le directeur général Thierry Bolloré. Après l’échec du rapprochement FCA-Renault, lors de ses entrevues avec Jean-Dominique Senard, Bruno Le Maire “a suggéré de faire le ménage chez Renault pour apaiser les relations avec Nissan”, ajoute une source de Renault .

Prochaine rencontre entre Macron et le Premier ministre japonais

Ancien directeur général adjoint du groupe Renault sous Carlos Ghosn, Thierry Bolloré peut susciter la méfiance dans le camp japonais, à cause de sa proximité avec l’homme d’affaires suspecté de malversations financières. Avant la démission de Carlos Ghosn, Thierry Bolloré avait plusieurs fois exprimé son soutien au patron déchu. Malgré tout, son départ est loin d’être certain. “Senard ne touchera pas à Bolloré. En tout cas pas pour le moment”, assure une source de l’entourage de Jean-Dominique Senard à BFM Business.

La gouvernance de Renault et Nissan risque de faire encore l’objet de discussions entre la France et le Japon. Le président Emmanuel Macron doit rencontrer le Premier ministre japonais Shinzo Abe la semaine du 24 juin et ils s’entretiendront de Renault-Nissan selon une source de l’Élysée.

Il n'est pas prévu que la question d'une éventuelle baisse de la participation de l'État français au capital de Renault (actuellement de 15%) soit évoquée avec le Premier ministre japonais, a ajouté la source. Quant au sujet d'une éventuelle relance du processus de rapprochement avec Fiat Chrysler Automobiles (FCA), après l'échec des discussions entre Renault et Fiat sur un tel projet, "la priorité, c'est l'alliance avec Nissan et la relance de chantiers permettant son approfondissement, a-t-elle indiqué. Le président redira [...] la volonté qu'on puisse aller plus loin dans cette alliance, d'abord et avant tout sur une logique industrielle. Il y a la possibilité entre les deux groupes de trouver plus de synergies, plus de projets en communs sur une base industrielle"

"On ne peut faire utilement fonctionner cette alliance qu'en étant soi-même un partenaire fiable, constant, et on le sera", a poursuivi la source. Le souhait que nous formulons, c'est que, du côté de Nissan et la partie japonaise, il y ait une expression la plus favorable possible à la poursuite et à la consolidation de cette alliance."

Avec Reuters

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