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L'Usine Agro

Thierry Blandinières, "serial redresseur" de l'agroalimentaire

Publié le

Thierry Blandinières, le directeur général du groupe coopératif InVivo, s’attelle à redresser ce colosse du monde agricole dont la rentabilité s’est érodée. D’un naturel peu expansif, il croit aux vertus du collectif pour faire passer ses idées.

Thierry Blandinières, serial redresseur de l'agroalimentaire © InVivo

Le bureau est sobre, bien rangé, la décoration des plus minimalistes. Rien ne dépasse du mobilier chaud aux teintes acajou. Pas d’objet personnel ni de décoration superflue. Quelques livres encyclopédiques agricoles sont posés sur des étagères. Thierry Blandinières, le directeur général d’InVivo, aime aller à l’essentiel. Depuis son arrivée à la tête du premier groupe coopératif français il y a un an, cet homme de 54 ans d’apparence calme sait qu’il doit aller vite pour redresser un immense paquebot de 6 700 salariés. Pas le temps de s’encombrer de détails. En quelques années, le spécialiste du négoce de céréales et de la nutrition animale, s’est engourdi et sa rentabilité s’est effondrée. De 36,5 millions d’euros sur l’exercice 2010-2011, le résultat net est tombé à 100 000 euros à peine sur 2012-2013. Il y avait urgence à relancer InVivo.

Quand Patrice Gollier quitte la direction du groupe pour raisons personnelles, Thierry Blandinières apparaît comme l’homme de la situation. « Tout le monde savait qu’il fallait restructurer InVivo », concède ce natif de Brive-la-Gaillarde (Corrèze). Diplômé de l’École supérieure de commerce de Nantes et titulaire d’un executive MBA de HEC, il s’est forgé une solide réputation dans le retournement d’entreprises en difficultés.

Après dix ans passés chez Madrange, il devient en 2003 le directeur général du groupe coopératif Maïsadour, où il est notamment chargé de redresser Delpeyrat. « Les difficultés étaient sérieuses. Cette filiale réalisait un chiffre d’affaires de 85 millions d’euros par an mais en perdait 24 », rappelle-t-il. À coups de diversifications (dans le jambon, le caviar, le saumon), et de rachats tous les ans, il fait de la maison périgourdine, une entreprise de taille intermédiaire rentable, dont le chiffre d’affaires dépasse les 500 millions d’euros. Delpeyrat trouve ainsi sa place parmi les leaders des produits gastronomiques. « Il a une capacité peu commune à anticiper les tendances du marché et la stratégie des concurrents, souligne Dominique Duprat, le directeur général adjoint de Delpeyrat. Il a compris très tôt que Delpeyrat avait une légitimité en dehors du foie gras. Il a toujours deux coups d’avance. »

Une botte secrète

Pour InVivo, ce fin stratège, marié et père de trois enfants, doit mettre en œuvre ses facultés de redressement à plus grande échelle. Son ambition ? Doubler la taille du groupe en dix ans, pour atteindre un volant d’affaires de 12 milliards d’euros, et faire entrer la première coopérative de France dans le top 3 européen du secteur d’ici à 2015. Cela passera par une plus grande agilité interne et de la croissance externe. Le groupe vient de se renforcer dans l’alimentation animale au Brésil et va lancer un réseau de supermarchés coopératifs alimentaires, avant de mettre un pied, pourquoi pas, dans la production de vin. Mais pas facile de faire évoluer le secteur agricole et notamment la grande maison InVivo, peu habituée aux changements. « Dès l’instant où l’on bouge, il y a des forces de résistance. Ceux qui sont proches de moi ont compris le mouvement. Il y a chez InVivo de gros potentiels pas suffisamment exploités », explique Thierry Blandinières, capable de se montrer cassant avec certains collaborateurs qu’il ne juge pas à la hauteur. Et il possède une botte secrète pour convaincre : jouer collectif, comme au rugby, son sport favori.

Cet ancien joueur émérite consacre une grande partie de son temps libre à aller assister à des matchs, particulièrement ceux des équipes de Brive ou de Mont-de-Marsan dont Delpeyrat est partenaire. Pour lui, le rugby est source d’inspiration dans le travail. « Il prend du temps pour réfléchir et consulter les gens avant l’action, confie Jean-Philippe Girard, le président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania). Une fois qu’il a fixé un cap, il avance. »

Ancien enfant de chœur, Thierry Blandinières est peu disert sur lui-même ou son enfance modeste en Corrèze. « Il a beaucoup de pudeur. Il cloisonne le travail et sa vie privée », explique son épouse, Christine. Comme dans son job où il fait grandir les entreprises, le père est plus doué pour accompagner ses enfants dans les études que pour leur donner le biberon. Il aime pourtant partager ses idées. Quelques semaines après son arrivée dans l’entreprise, il réunissait la presse pour exposer ses projets. Thierry Blandinières a compris qu’il ne suffisait pas de faire mais aussi de faire largement savoir. Une petite révolution pour InVivo.

Visionnaire D’après plusieurs de ses anciens collaborateurs, il sait analyser et anticiper les opportunités de développement d’une entreprise. Une capacité qu’il a mise en œuvre avec succès chez Delpeyrat.  

Fédérateur Il prend le temps d’écouter et de rassembler ses collaborateurs pour les amener où il veut aller. Une qualité qui lui vient de sa passion pour le rugby.

Discret Affable, Thierry Blandinières n’est pas du genre volubile ni à exposer sa vie privée, qu’il prend le soin de séparer de son travail.

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