Economie

The American way of redressement productif

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Le redressement productif Made in France n’a pas grand chose à voir avec la "recovery" industrielle que tente d’orchestrer le président des Etats-Unis, Barack Obama. Quand ici on tente de sauver à tout prix nos vieux sites de production, de l’autre côté de l’Atlantique, la priorité est donnée aux projets d’avenir.

The American way of redressement productif © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

C ’est un peu le redressement productif made in America. Mardi 12 février, quand le président Obama prononce son discours sur l’état de l’Union, il se livre à une véritable harangue pro-industrielle. Contrairement à ce qui se fait chez nous, il ne parle pas de sites en danger, d’usines de pneus exsangues, de raffineries à sauver ou de hauts-fourneaux à raviver… Non, pour déclarer sa flamme (si j’ose dire) à l’industrie, il lui parle d’avenir et lui dépose en présent de vraies preuves d’amour.

Créer les conditions de la renaissance

Quand en France le crédit d’impôt compétitivité ne concerne ce secteur qu’à hauteur de 4 milliards d’euros, aux États-Unis, le président promet au "manufacturing" un abattement de charges de 25 %, réservé à 100 % aux sites de production. Quand en France on tente de sauver coûte que coûte les usines, aux États-Unis, le président propose aux sites industriels les plus durement touchés de créer les conditions de leur renaissance en établissant des zones franches très accueillantes pour les entrepreneurs. Quand en France on s’échine à financer d’improbables relances de fabrication, aux États-Unis, le président propose de lancer un programme d’investissements d’1 milliard de dollars (près de 750 millions d’euros) pour bâtir un réseau de 15 centres de fabrication additive, préparant ainsi le futur de l’industrie. Et sur le volet emploi, il suggère de créer un parcours de formation pour permettre à 2 millions de personnes de monter en compétences et de répondre ainsi aux nouveaux besoins des industriels.

La révolution technologique qui vient

Barack Obama ne tente pas de se battre contre des moulins à vent mais de construire l’avenir industriel de son pays avec un plan de bataille structuré… Et beaucoup de bon sens. S’il prépare le terrain des prochaines révolutions technologiques, il ne rêve pas pour autant. Il sait qu’il construira ce qui vient (le numérique, l’impression 3D, les greentechs…) en utilisant les ressources qui sont aujourd’hui à sa disposition, et notamment le gaz de schiste. On est loin, très loin de raisonner ainsi en France. Chez nous, pour faire du redressement productif, on s’épuise à garder ouvertes nos vieilles usines non-compétitives tout en refusant de regarder si, par hasard, nous n’aurions pas sous nos pieds de nouvelles cartes à jouer…

Thibaut De Jaegher

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