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PME-ETI

Thales teste la supply chain du Rafale pour anticiper une montée en cadence

Hassan Meddah , , , ,

Publié le

Exclusif L’électronicien de défense Thales s’assure que ses sous-traitants produisant des équipements pour le Rafale de Dassault Aviation pourraient rapidement doubler leurs cadences de production. Parmi eux, Realmeca qui fabrique près de Verdun des composants clés du radar à antenne active et des systèmes de brouillage de l’appareil de combat.

Thales teste la supply chain du Rafale pour anticiper une montée en cadence © Eric Raz © Thales

C’est l’un des équipements dont RealMeca, PME basée à Clermont-en-Argonne dans la campagne meusienne, est le plus fière : le châssis pré-équipé du radar à antenne active du Rafale, l’un des principaux atouts technologiques du chasseur de Dassault Aviation. La pièce impressionne tant par sa finition très soignée grâce à un usinage de grande précision que par la densité de ses câbles et connecteurs électroniques...

"Il faut compter environ 1000 heures de travail pour produire une telle pièce", précise-t-on avec fierté dans l’atelier. Outre l’activité de fabrication de machines-outils de précision, les 140 salariés de Realmeca (25 millions d’euros de chiffre d’affaires environ) produisent également des boitiers d’optronique et de brouillage pour le Rafale et le Mirage 2000. Une fois les tests mécaniques, thermiques et électroniques réalisés, ces pièces partent chez Thales, sur les sites d’Etrelles et de Pessac (en Gironde).

Augmenter la cadence d'un facteur 2,5

Le 20 mars dernier, la PME a reçu la visite de son grand client. "Les pièces sont livrées à l’heure. Et sans retour", s’est ainsi félicité Pierre-Eric Pommellet, le responsable de l’activité Rafale chez Thales en tant que directeur général adjoint des systèmes de mission de défense, durant la visite des ateliers.

Ce déplacement dépasse toutefois la simple visite de courtoisie. Thales veut s’assurer que son partenaire est capable d’augmenter ses cadences de production si le besoin s’en faisait ressentir. "Le contrat égyptien pourrait agir comme un déclencheur (…) On va tester notre supply chain sur des cadences plus rapides. Nous faisons des appels de puissance auprès de nos partenaires pour voir s’ils sont capables de produire jusqu’à la cadence de 2,5 par mois", explique le dirigeant de Thales. Après ce premier contrat export pour 24 appareils, l’équipe des industriels du Rafale (Dassault Aviation, Thales et Safran) espère en signer un deuxième dans l’année. L’avionneur est en effet en discussions exclusives avec l’Inde pour 126 appareils mais également avec le Qatar.

galerie photo Diaporama

L’effort est significatif puisque les Rafale ne sont produits qu’à un exemplaire par mois. L’industriel ne veut pas se laisser surprendre. Certains de ses partenaires commencent à fabriquer leurs pièces plus de deux ans avant qu’elles n’arrivent sur la chaine d’assemblage du Rafale à Mérignac (Gironde). Thales a ainsi réuni début mars une dizaine de ses sous-traitants de premier rang pour évoquer les conséquences du contrat égyptien et tester la montée en cadence.  

Des embauches possibles

Ce qu’il a vu dans la Meuse semble avoir rassuré l’industiel. RealMeca modernise régulièrement son outil industriel. "Nous avons investi dans trois nouvelles machines sur les 6 derniers mois. Nous investissons environ 450 000 euros par an pour notre outil de production", explique Bruno Gailly, directeur général délégué de la PME. Il s’est également assuré qu’elle pourra recruter des techniciens en cas d’augmentation des cadences. "Le contrat égyptien nous permet d’assurer deux années de production supplémentaire à la même cadence. Si on devait passer à cadence 2,5, il nous faudrait embaucher", précise pour sa part Jean Friess, président et fondateur de l’entreprise.

Au-delà des impératifs industriels, Realmeca est prête à jouer le jeu des transferts de technologies exigés par les autorités indiennes pour acheter le Rafale. Le PME a déjà reçu la visite de plusieurs délégations d’industriels indiens comme HAL ou Bharat Electronics venus découvrir son savoir-faire. "Nous ne craignons pas ces transferts de technologie. D’une part, ils sont nécessaires pour gagner des affaires. D’autre part, nous travaillons déjà sur la prochaine génération d’équipements", explique son dirigeant. Dans la Meuse, le bout de la supply chain du Rafale est décidément mûr pour accueillir le contrat indien.

Hassan Meddah

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