Thales sera-t-il mis en cause dans les défaillances du Boeing 787 ?

L'électronicien français Thales est partie prenante du programme 787 Dreamliner en tant que fournisseur du système de conversion électrique et donneur d'ordre de GS Yuasa, le fabricant japonais des batteries lithium-ion.

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Thales sera-t-il mis en cause dans les défaillances du Boeing 787 ?

Depuis l'avarie sur la batterie lithium-ion et l'atterrissage d'urgence d'un 787 Dreamliner de la compagnie aérienne All Nippon Airways le 16 janvier, le fabricant japonais des batteries de l'appareil, GS Yuasa, ne cesse d'être incriminé.

On sait moins que c'est le groupe d'électronique pour l'aéronautique et la défense Thales qui a choisi ce sous-traitant en juin 2005 quand Boeing a signé avec lui le contrat de fourniture du système de conversion électrique et affichage de secours du programme Dreamliner.

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"Thales est parvenu à des diminutions du poids du B787 en concevant des systèmes légers qui réduisent l'empreinte carbone et les coûts opérationnels de l'appareil. Ceux-ci incluent la conversion électrique, l'affichage de secours intégré (...)", confirme le site internet du groupe français. "C'est une première dans l'histoire de l'aviation civile : Boeing a choisi la batterie lithium-ion de Thales pour son système de secours".

Les batteries japonaises assemblées par Thales dans l'ensemble de conversion électrique

Les inspections des autorités japonaises et américaines sur les 787 de Japan Airlines et All Nippon Airways ayant subi sept avaries entre le 7 et le 16 janvier suivent leur cours, et la part de responsabilité du fabricant GS Yuasa et de Thales reste par ailleurs indéfinie. Boeing a dit lui même ne pas avoir l'intention de changer de système de batterie.

"La batterie montre des anomalies visibles à l'oeil nu, mais le système électrique est complexe et exige d'autres investigations", a déclaré le 17 janvier le vice-ministre japonais des Transports relayé par l'AFP. Les batteries lithium-ion peuvent prendre feu si elles sont en surcharge et, une fois déclenchés, ces incendies sont compliqués à éteindre, les produits chimiques produisant de l'oxygène, avait expliqué Mike Sinnett, ingénieur en chef du Boeing 787, à la presse le 9 janvier.

"Une surchauffe peut être occasionnée par l'installation électrique et non provenir d'un défaut de la batterie", précisait pour sa part Tatsuo Nishina, spécialiste des batteries à l'université de Yamagata, selon l'AFP.

"A ce stade, nous ne savons pas si le problème provient de la batterie elle-même ou du système électrique dans lequel elle est intégrée par le groupe français Thales", a commenté le 17 janvier la porte-parole de GS Yuasa, comme le rapporte l'AFP. "GS Yuasa ne fournit pas directement les batteries à Boeing, mais les livre à Thales qui les assemble dans un ensemble de conversion électrique".

"Thales est pour l'heure la seule valeur française a priori concernée par l'enquête. Mais il est difficile de dire dans quelle proportion le groupe est impliqué", soulignait pour sa part Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse, à l'AFP.

L'enquête menée par les autorités compétentes permettront de faire la lumière une éventuelle responsabililité de la chaîne de sous-traitants du 787. En France, ceux-ci sont, outre Thales, Dassault Systèmes (logiciel de conception), Metrologic Group (logiciel de métrologie), Zodiac Aerospace (cœurs électriques, distribution primaire et secondaire), Latécoère (portes passagers), Labinal (câblage réseau électrique et fibres optiques), Michelin (pneumatiques pour les trains d’atterrissage), Messier-Bugatti (système de freinage électrique) ou encore Souriau (connecteurs circulaires).

Elodie Vallerey

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