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Thales pourrait s'intéresser à l'activité "signalisation ferroviaire" d'Alstom

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Publié le , mis à jour le 15/05/2014 À 07H43

Le PDG de Thales a déclaré envisager des acquisitions pour renforcer son pôle de signalisation ferroviaire, l'un des secteurs d'activité du groupe en difficulté Alstom. Jean-Bernard Lévy a toutefois précisé ne pas avoir été impliqué par Bercy sur l'avenir du groupe convoité par General Electric.

Thales pourrait s'intéresser à l'activité signalisation ferroviaire d'Alstom

Thales s'intéresse de près à des acquisitions capables de le renforcer dans la signalisation ferroviaire, un secteur en croissance qui contribue à compenser la baisse des budgets militaires en Europe.

Le PDG du groupe français a procédé à cette annonce le 14 mai, à l'issue de l'assemblée générale annuelle des actionnaires. De bon augure lorsque l'on sait que la signalisation des trains est l'un des secteurs d'activité d'Alstom, un autre groupe français aujourd'hui convoité, entre autres, par l'américain General Electric et l'allemand Siemens.

Jean-Bernard Lévy l'assure, Thales n'a pas été impliqué par Bercy dans les discussions autour de l'avenir d'Alstom sur ce sujet. Ce dernier a d'ailleurs déclaré être prêt à discuter d'une alliance dans la signalisation ferroviaire avec General Electric, déjà candidat au rachat de ses activités dans l'énergie.

"Monsieur Montebourg n'a pas impliqué Thales dans les réflexions"

Thales, présent dans l'aérospatiale, la défense et la sécurité et dont l'Etat est le premier actionnaire avec 27% du capital, affronte Alstom, Siemens et parfois aussi GE Transportation dans le secteur de la signalisation ferroviaire.

"(C'est) une belle activité. Nous regardons les opportunités d'acquisitions dans ce domaine, comme dans d'autres d'ailleurs", a déclaré Jean-Bernard Lévy à Reuters.

La Lettre de l'Expansion évoquait le 12 mai une démarche d'Arnaud Montebourg en direction de Thales et de Safran, afin de susciter une alternative à l'offre de GE sur Alstom.

"Nous ne sommes pas partie prenante dans ce dossier", a assuré Jean-Bernard Lévy à un actionnaire lors de l'assemblée générale. "Monsieur Montebourg n'a pas impliqué Thales dans les réflexions."

Le Journal du Dimanche avait de son côté évoqué la volonté de Bercy d'associer Safran, auquel il verrait bien Alstom vendre ses turbines. Le motoriste, dont l'Etat détient 22%, s'est refusé à tout commentaire. "(Arnaud) Montebourg ne veut pas lâcher l'affaire. Il fait le tour des groupes français. Les coups de fil avec Bercy sont fréquents", a-t-on dit à Reuters de source industrielle.

UNE ACTIVITÉ GÉNÉRATRICE DE CONTRATS POUR THALES

Alstom a officialisé fin avril un projet de vente à GE de ses activités dans l'énergie pour 12,35 milliards d'euros en numéraire, en se donnant un mois pour examiner l'offre ferme du groupe américain et sans exclure une contre-offensive de Siemens, auteur jusqu'ici d'une simple déclaration d'intention.

La numéro trois du gouvernement, Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie déclare de son côté dans Paris Match à paraître ce 15 mai que l'offre de GE "une très bonne opportunité" pour Alstom, semblant ainsi prendre ses distances avec Bercy.

Jean-Bernard Lévy avait déclaré à Reuters début avril qu'il n'avait pas l'intention de céder son pôle de signalisation ferroviaire, qui a légèrement augmenté son chiffre d'affaires en 2013 à la faveur deux commandes supérieures à 100 millions d'euros chacune, en Afrique du Sud et en Égypte.

Le groupe ne communique pas la part de la signalisation du groupe au sein du pôle transport, dont le chiffre d'affaires a reculé de 4% à 1,48 milliard d'euros - soit 10% des ventes du groupe - avec une marge opérationnelle de 6,5%.

Thales, qui commercialise des systèmes de signalisation pour les trains, des métros et des tramways, concurrence également le canadien Bombardier, ainsi que l'italien Ansaldo STS, mis en vente par Finmeccanica

Jean-Bernard Lévy s'est donné pour objectif d'accroître la taille de l'équipementier, comptant sur des acquisitions dans des secteurs civils sur les marchés émergents tout en espérant raviver la croissance organique du groupe, dans un contexte particulièrement incertain dans la défense.

(avec Reuters)

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