L'Usine Aéro

Thales et Safran ne se parlent plus

, ,

Publié le

Safran et Thales se rapprocheront-ils un jour? Les deux groupes ont annoncé officiellement ce matin la fin des négociations. Et cela malgré tous les efforts du ministre de la Défense Hervé Morin, qui compte rationaliser les activités de ces deux groupes semi-publics d'aéronautique et défense.

Thales et Safran ne se parlent plus © D.R.

Actionnaire de Safran (30%) et de Thales (27%), l'Etat est aussi l'un de leurs principaux clients. Confrontée à une réduction de ses budgets, la Direction générale de l'armement (DGA) demande une fusion de certains bureaux d'études de Safran et de Thales. Deux domaines de recherche sont particulièrement visés: la navigation inertielle, technologie qui permet par exemple à un avion de se guider automatiquement, et l'optronique, technologie qui combine électronique et optique.

Les négociations durent depuis des années, sans aucun résultat. Les deux groupes craignent un démembrement de leur activité, associé à un coût social élevé. La proposition suivante a été avancée: Thales récupèrerait les activités de défense de Sagem (filiale de Safran), dont l’optronique et les commandes de vol, pour céder en échange sa navigation inertielle, ses calculateurs, sa sécurité et sa biométrie.

Aujourd'hui, Thales et son actionnaire Dassault Aviation refusent de céder la conception de calculateurs embarqués à Safran. Le personnel du groupe est opposé à la cession de cette activité, jugée stratégique. Les dirigeants de Safran rechignent à laisser partir leur activité optronique, dans laquelle ils ont beaucoup investit.

Les Echos ont diffusé un communiqué de la direction de Safran. Ils y précisent que "Safran n'est pas, sur le principe, opposé à des opérations de restructuration du secteur". Mais ils considèrent que le rapprochement avec Thales ne permet pas de "perspectives de dévellopement" pour Safran, et mettent donc fin aux discussions.

Les négociations semblent dans l'impasse, mais le ministre de la Défense ne renonce pas: "Le sujet reste ouvert" et "de toute façon il faut y arriver", insistent des membres de son cabinet. Pour faire pression sur les deux entreprises, le ministère va continuer de geler des dépenses de recherche et technologies qui leurs sont destinées (quelques dizaines de millions d'euros).

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte