Thales espère jusqu'à un milliard d'euros de retombées du contrat DCNS des sous-marins australiens

L'électronicien de défense tricolore Thales s'est positionné pour fournir diverses équipements du système de combat des sous-marins australiens. Déjà fournisseur exclusif des sonars de la marine australienne, ses chances sont démultipliées par sa présence industrielle locale.

 

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Thales espère jusqu'à un milliard d'euros de retombées du contrat DCNS des sous-marins australiens
Patrice Caine, PDG de Thales

Une chance au grattage, une chance au tirage. Le slogan de la Française des jeux est encore en deçà de la réalité pour évoquer le bon coup à jouer pour Thales dans le cadre des négociations d'achat de 12 sous marins par la marine australienne. En effet, l'électronicien de défense devrait toucher deux fois le gros lot dans ce qu'on qualifie dans le secteur de la défense du contrat du siècle. Et cela ne doit rien au hasard. D'une part en tant qu'actionnaire industriel de DCNS, Thales captera automatiquement 35% de la création de valeur liée à ce contrat comme s'en est félicité son PDG Patrice Caine en marge de la visite de François Hollande sur son site de Gennevilliers (92) ce 28 avril dernier.

leader mondial dans les sonars

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Mais Thales espère un autre jackpot, de l'ordre du milliard d'euros ! Cette fois ci plus en tant qu'actionnaire mais en tant qu'équipementier. Le fabricant attend maintenant le résultat de la seconde compétition liée à l'achat des sous-marins australiens: le choix du fournisseur du système de combat des sous-marins.

Deux sociétés américaines sont en lice: Raytheon et Lockheed Martin. "Nous leur avons adressé une offre à tous les deux en respectant le principe de neutralité comme l'ont exigé les Australiens. La réponse devrait être connue d'ici l'été", a expliqué le PDG français. Thales leur a proposé l'ensemble de son offre en matière d'équipements : des sonars, soit les grandes oreilles du sous-marin, mais également les mâts optroniques (le périscope), ainsi que la radio et le système de guerre électronique pour brouiller et intercepter les communications de l'adversaire et émettre des communications sécurisées. Le groupe estime que si son offre était retenue, cela pourrait générer 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires.

140 sous-marins équipés

Thales avance confiant et il a des raisons de l'être. "Nous avons beaucoup d'atouts pour remporter cette seconde victoire. Nous sommes le fournisseur unique des sonars de la marine australienne depuis de très nombreuses années", a rappelé Patrice Caine. Le groupe est d'ailleurs l'un des leaders mondiaux du domaine équipant une flotte de 140 sous-marins. De plus, le groupe produit une partie de ces sonars et des équipements optroniques localement, sur le site de Rydalmere dans la région de Sydney où il emploie 250 salariés. Il a même fait de l'Australie son centre d'expertise mondiale pour la poudre céramique nécessaire à la fabrication des sonars.

S'il était retenu, le groupe estime que cela pourrait sécuriser ou permettre la création de 600 à 700 emplois directs et autant voir le double auprès de ses sous-traitants. Différents sites spécialisées dans l'acoustique sous-marine chez Thales pourraient bénéficier des retombées d'un contrat: Angers, Aubagne, Brest et Sophia Antipolis (soit 1250 personnes en France), Templecombe et Cheadle (soit 700 personnes au Royaume-Uni) et Rydalmere en Australie.

Hassan Meddah

Hassan Meddah Journaliste défense, spatial et cybersécurité

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