Thales, DCNS : quand Dassault Aviation distribue les bons et les mauvais points

Par le jeu des participations à travers Thales, les quelques 300 millions d'euros de pertes de DCNS ont pesé sur les résultats 2014 de Dassault Aviation. Si Eric Trappier, PDG de l'avionneur, se satisfait de l'évolution de la rentabilité de l'électronicien de défense, il critique la mauvaise gestion des contrats par le fabricant de navires militaires.

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Thales, DCNS : quand Dassault Aviation distribue les bons et les mauvais points

Réception du premier chèque lié au contrat Rafale avec l'Egypte, reprise en vue du marché des avions d'affaires, premier vol réussi de son dernier appareil, le Falcon 8X, en février.... la publication des derniers résultats de Dassault Aviation intervient dans un contexte très favorable. L'exercice 2014 reste toutefois encore marqué par la crise qui a frappé le secteur: les livraisons de business jets ont encore chuté et le chiffre d'affaires global avec, passant de 3,7 milliards en 2014 contre 4,5 milliards d’euros un an auparavant.

Une éclaircie à l'horizon

La direction de l'avionneur voit pourtant l'horizon s'éclaircir : pour la première fois depuis 2008, les commandes ont dépassé les livraisons l'an dernier. Elle affiche aussi l'espoir de signer un second contrat Rafale à l'export dès cette année. L'Inde, le Qatar, ou encore la Malaisie pourraient succéder à l'Egypte. Seul bémol dans ce contexte euphorique : les résultats de Thales, dans lequel l'avionneur détient 25% du capital. La contribution de l'électronicien de défense dans le résultat net du groupe a baissé de 13% à 135 millions d'euros en 2014.

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Retrouvez notre dossier ENFIN UN ACHETEUR POUR LE RAFALE : L'EGYPTE

La faute en fait à DCNS, le fabricant de navires militaires détenu par Thales à 35%, et ses 300 millions euros de pertes. Des pertes qui ont surpris le PDG de Dassault Aviation. "Tout allait bien six mois avant et puis d'un seul coup, l'annonce des pertes...". Selon lui, DCNS a fait preuve plus d'une culture digne d'un ancien arsenal d'Etat plutôt que d'une véritable entreprise industrielle. Le dirigeant reproche au principal fournisseur de la Marine nationale la signature de contrats pour gagner de la charge industrielle sans être sûr de sa capacité à tenir les délais et les prix. "Nous demandons à Thales et à l'Etat, les deux actionnaires de référence, de s'assurer que DCNS va être mise dans le bon sens", affirme Eric Trappier. Il compte également sur l'arrivée du nouveau patron de DCNS, Hervé Guillou, pour réformer l'entreprise.

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Pas de montée au capital de DNCS prévue

D'ailleurs, Eric Trappier est prêt à lui prodiguer quelques conseils. Son entreprise est passée par là quand Dassault Aviation, en 2009, est entré au capital de ... Thales. "A notre arrivée, nous avons constaté des pertes" rappelle-t-il. Là aussi, la gestion des grands contrats, avec des pertes à la clef, étaient en cause. Le nouvel actionnaire a alors fixé deux priorités: la relance des investissements technologiques et l'exportation.

"Mis à part l'accident DCNS, l'entreprise est remise dans le bon sens. Petit à petit, le résultat de Thales s'améliore. Il n'est pas encore au niveau de Dassault Aviation mais cela va dans le bon sens", estime Eric Trappier. Hors DCNS, Thales aurait affiché une rentabilité opérationnelle (EBIT) en hausse à 8,5% en 2014. Le PDG a par ailleurs précisé qu'aucun scénario d'une montée supplémentaire de Thales dans le capital de DCNS n'était aujourd'hui à l'étude.

Hassan Meddah

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