TGV : un train peut en cacher beaucoup d’autres

Dans le rail, comme dans tant d'autres secteurs, le marché n'accepte plus la loi du produit unique. Chaque pays, chaque région veut son propre train. S’ils ont toujours besoin de grande vitesse, ils réclament aussi des trains régionaux, des tramways ou des tram-train pour faire face à l’inexorable progression du trafic voyageur.

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TGV : un train peut en cacher beaucoup d’autres

Il fut l'ambassadeur du rail français pendant ces trente dernières années. Le TGV, qui a fêté son anniversaire le week-end dernier, a été le fer de lance de toute la filière ferroviaire française pendant cette période. C'est lui qui a permis à des entreprises comme Alstom mais aussi Faiveley ou Compin d'exporter leur savoir-faire aux quatre coins du monde. C'est lui aussi qui a fait émerger -directement ou indirectement- des champions mondiaux de la discipline du transport public de voyageurs. Si la SNCF a pu vendre son expertise en la matière, des entreprises comme la RATP ou Veolia, sans opérer de train à grande vitesse, ont profité de son aura pour se placer l’étranger. « Le TGV, c'est la France », affirmait d’ailleurs il y a quelques semaines, le président de la république Nicolas Sarkozy, en déplacement sur la ligne Rhin-Rhône.

Seulement, voilà, la locomotive trentenaire s'essouffle. A mesure que croît son développement, sa rentabilité s'érode. Et sa concurrence, qu'il a toujours dominée en performance pure avec ses 574,8 km/h de vitesse de pointe, se développe un peu partout sur le globe. On connaissait déjà les concurrents allemands (l’ICE de Siemens), japonais (Shinkansen) ou coréen. Il faudra compter avec les Chinois désormais. Bien sûr, leur TGV est loin d'être totalement au point comme le montre ses accidents récents. Mais que l'on ne s'y trompe pas, CNR et CSR les deux compagnies chinoises chargées d'industrialiser le train à grande vitesse, seront demain des adversaires redoutables.
La question qui se pose alors est de savoir quel sera le nouveau TGV ? Quel projet à la fois porteur de rêve et technologiquement précurseur pourrait jouer le rôle de fer de lance de la filière ferroviaire française ? Dans trente ans, quel train fêtera-t-on sur les quais de la gare de Lyon ? Sans doute aucun en particulier. Car, dans le rail, comme dans tant d'autres secteurs, le marché n'accepte plus la loi du produit unique. Chaque pays, chaque région veut son propre train. S’ils ont toujours besoin de grande vitesse, ils réclament aussi des trains régionaux, des tramways ou des tram-train pour faire face à l’inexorable progression du trafic voyageur. Rien qu’en Europe, d’ici 2020, le rail devra transporter 36 % de voyageurs en plus, selon une étude de la Commission européenne. Et encore, c’est une projection basse…
Tout le défi pour les industriels sera de réussir à produire cette multitude de locomotives dans des coûts décents. Ce n’est pas impossible comme le montre Alstom. Le français est en train de passer maître dans l’art du carry-over. Cette technique, largement utilisée dans l’automobile, permet d’utiliser une même base de composants pour fabriquer des modèles (de train ou d’automobiles) aux finitions très différentes. En fin de compte, demain, tout le monde roulera sans doute en TGV… sans le savoir.

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