Textile : Un GIE pour la dentelle de Calais

Vingt-cinq fabricants de dentelle du Pas-de-Calais lancent des actions communes pour moderniser leur process de fabrication et reconquérir leur marché.

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TEXTILE

Un GIE pour la dentelle de Calais

Vingt-cinq fabricants de dentelle du Pas-de-Calais lancent des actions communes pour moderniser leur process de fabrication et reconquérir leur marché.

Top de la dentelle, le métier leavers arrive à restituer la qualité de la dentelle faite à la main. Mais les coûts salariaux pèsent pour 70% dans le prix de la fabrication. A Calais, les industriels de la dentelle leavers - le procédé de tissage mécanique - se mobilisent. Face à l'arrivée de nouvelles technologies moins coûteuses, ils se sont regroupés dans un GIE et lancent des actions pour moderniser leur process de fabrication. Objectif: partir à la reconquête de leur marché, la dentelle de haut de gamme. Il faut dire que, depuis son invention au XIXe siècle par deux Anglais, le leavers n'a presque pas évolué. "Notre parc de machines est vieux d'un demi-siècle. Les coûts salariaux pèsent pour 70% dans le prix de revient de chaque dentelle", explique Olivier Noèl, président du GIE Dentelle de Calais et P-DG d'Houlé Dentelles, une entreprise plus que centenaire qui emploie 80personnes à Calais. Top de la dentelle, réservé aux petites séries très créatives, le métier leavers arrive à restituer la qualité de la dentelle faite à la main. Très prisé des confectionneurs de lingerie de haut de gamme et de la haute couture depuis le début du siècle, ce procédé est confronté à de nouveaux métiers électroniques. "Les métiers Jacquard, apparus il y a à peine dix ans, proposent des dentelles un peu moins sophistiquées, mais moitié moins chères que le leavers", observe Daniel Lecoeur, chef du projet Retex pour le GIE. Pour la trentaine d'entreprises de la région de Calais-Caudry, qui totalisent à elles seules plus de 60% de la production mondiale de leavers et affichent 1milliard de francs de chiffre d'affaires, réalisé pour 70% à l'export, il était temps de réagir. D'autant que les PME familiales sont en train de perdre leur indépendance. Coup sur coup, depuis la fin des années80, trois d'entre elles sont passées sous le contrôle de groupes britanniques. Pour améliorer cette technologie ancienne, le GIE s'est lancé cette année dans un projet de 6,8millions de francs sur des opérations de recherche fondamentale. Financé pour moitié par des fonds Retex (Redéploiement textile), il est complété par des aides régionales (Conseil régional et Drire) et une participation des entreprises à hauteur de 20%. Une commission technique a été mise en place. Constituée par sept entreprises, elle se réunit tous les mois pour faire le point sur l'état d'avancement du projet. Un consultant externe se chargeant du suivi quotidien. "Chaque entreprise s'est engagée à laisser certains de ses ateliers et son directeur de production disponibles pour les travaux de recherche", conclut Xavier Renaux, directeur financier de Desseilles, rattaché au groupe Courtaulds Textiles depuis 1987.





Les partenaires

Quatorze entreprises de Calais sont membres du GIE, elles sont spécialisées dans la dentelle pour lingerie de haut de gamme.

Moins de 50 millions de francs de CA: Aubert&fils Boot Critanex Cosetex Dentelles Berthe Dentelles calaisiennes (Courtaulds Textiles) Dentelles Couvreur Houlé Dentelles Meurillon & Fils Peeters & Perrin



De 50 à 100 millions de CA: Codentex Eurodentelle



Plus de 100 millions de CA: Brunet (Sherwood) Desseilles Textiles (Courtaulds Textiles)



Onze entreprises de Caudry sont membres du GIE. Elles sont spécialisées dans la dentelle pour la haute couture ou le linge de maison.



Moins de 50 millions de CA: : Beauvillain Davoine Beauvillain Henri Belot Robert&Cie Camille Machu Dentelles André Laude Etablissements Jean Bracq Gérard Molinier Ledieu Beauvillain MDC Victor Machu&Cie



De 50 à 100 millions de CA: Halette



Les axes de travail du GIE

Promotion du leavers

Premier objectif du GIE: mieux faire connaître le leavers. La première campagne (1991-1993) a touché le grand public. Les opérations à venir devraient être plus recentrées en direction des confectionneurs et des détaillants. Si les entreprises se sont mises d'accord sur un logo commun, la perception des retombées des actions de communication n'est pas toujours la même dans les petites et les grandes entreprises.



Amélioration du process de fabrication

Plusieurs études ont démarré dès janvier, avec l'appui de l'Icam de Lille et du Laboratoire d'hydromécanique et frottement de Saint-Etienne. Les retombées industrielles sont attendues à compter de 1995. Au programme: une réflexion sur l'automatisation de la préparation des bobines de fil, sur l'utilisation de la visionique pour les contrôles de casse de fil et des défauts de matière, ainsi que sur la lubrification des métiers à tisser. Longtemps faite au graphite, elle pose encore problème. Mais que restera-t-il de l'unité du GIE une fois les recherches achevées? Tous ne disposeront pas de la même capacité d'investissement.



Création de laboratoires qualité

Les exigences de qualité des clients étant de plus en plus lourdes, le GIE a décidé de créer deux laboratoires de contrôle, l'un à Calais, l'autre à Caudry. Financés eux aussi sur le budget Retex, ces laboratoires n'intéressaient pas les plus grosses entreprises (déjà équipées en interne). Elles n'ont cependant pas mis leur veto à cet investissement de 2,1millions de francs, qui sera opérationnel ce printemps.

USINE NOUVELLE - N°2450 -

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