Textile : l'Europe surveille la Chine

Bruxelles ne prolongera pas les quotas sur les importations de textile chinois après le 1er janvier 2008. Mais un système de contrôle sur un an doit être mis en place.

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Textile : l'Europe surveille la Chine
Au 31 décembre prochain, les quotas sur le textile chinois seront définitivement levés. La Commission européenne a renoncé à prolonger le système de limitation.

Pour éviter un raz-de-marée, Bruxelles et Pékin ont cependant signé un accord pour surveiller les importations chinoises dans ce secteur dès le 1er janvier 2008. Un système de « double surveillance » des importations et exportations entre la Chine et l'Union européenne sera instauré pour une durée d'un an sur huit des dix catégories de produits concernées par la disparition des quotas.

Une mesure réclamée par les industriels européens, inquiets de voir se répéter une nouvelle fois le scénario de l'été 2005. La disparition totale des limites aux exportations chinoises au 1er janvier 2005 avait conduit à une invasion massive des marchés européens par le textile asiatique.

Selon Euratex, le syndicat européen du textile, au cours des deux premiers mois de l'année, les importations de pullover avaient flambé de 800 % en Europe, celles de collants en nylon de 1900 %. La situation avait nécessité une réintroduction partielle de quotas textiles en juin 2005.

Les quotas : "Un plâtre sur une jambe de bois"

« Cet accord permet d'aménager une transition vers un système d'échange sans quotas pendant toute l'année 2008 », a salué Michele Tronconi, le président d'Euratex, dans un communiqué. Les industriels européens, principalement en France, en Italie et en Espagne, avaient initialement milité pour prolonger les restrictions pendant un an, afin de s'aligner sur le système américain. Les quotas négociés entre les Etats-Unis et la Chine courent, quant à eux, jusque fin 2008.

Devant la fin des quotas, les industriels sont résignés. « Je ne pense pas que le 1er janvier 2008 change quelque chose. Le mal est fait. Tout le monde s'est organisé depuis 2005, les circuits sont déjà bien établis», affirme Olivier Noyon, P-DG de Noyon Dentelle, dont l'usine emploie 530 personnes à Calais (Pas-de-Calais). Le salut de l'entreprise passe par la modernisation de son parc de machines. « Sur le marché de la mode, il faut pouvoir apporter une vraie différence », ajoute-t-il.

« On ne peut rien faire contre des tsunamis. Les barrières douanières ne sont rien face à une puissance financière énorme », affirme un autre dentellier de Calais, Brunet Lingerie. Le groupe racheté par un groupe hongkongais emploie une centaine de personnes pour la conception et la fabrication de petites séries. « Les quotas sont un plâtre sur une jambe de bois. On a besoin de l'Asie pour se maintenir en Europe, c'est le prix de notre survie économique », reprend Christophe Geneau, le directeur financier de Brunet Lingerie.

Solène Davesne

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