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TEXTILE-HABILLEMENTLe bouton à coudre en perditionLes fabricants souffrent de la mode, de la concurrence étrangère et d'une structure éclatée qui les empêche de délocaliser.

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TEXTILE-HABILLEMENT

Le bouton à coudre en perdition

Les fabricants souffrent de la mode, de la concurrence étrangère et d'une structure éclatée qui les empêche de délocaliser.



La mode n'est plus au bouton. Début juillet, à Milan, les défilés de prêt-à-porter masculin pour l'été 2000 le confirmaient : aujourd'hui, on est plutôt " zip, auto-agrippant et fermeture à glissière ". " La mode minimaliste tend à remplacer le bouton par des attaches plus techniques ", confirme la styliste Anne Liberati. Voilà qui ne fait pas les affaires des industriels du bouton, un secteur touché par les récentes liquidations judiciaires du niçois Nacryl ou de la Boutonnerie suresnoise.Une rencontre, en avril, entre les fabricants et des stylistes n'a guère donné de résultat. " Il faut pourtant réévaluer certaines tendances, sans quoi il n'y aura bientôt plus de fabricants de boutons en France ", estime Patrick Goepfer, qui dirige la firme du même nom, spécialisée dans le bouton métallique. Mais la mode n'explique pas tout. Le bouton subit le contrecoup de la crise de l'habillement. " Les confectionneurs français délocalisent ou achètent dans les pays à bas salaires ", se plaint Daniel Crépin, le président de la Chambre syndicale nationale du bouton, qui regrette la montée en puissance des grandes centrales (Camaïeu, Promod, Kiabi, H & M, Zara, Gap...) et de " leurs modèles à petits prix, fabriqués à l'étranger, qui prennent la place de la confection traditionnelle avec qui nous travaillons ".

Des stratégies diverses

Face à cette concurrence, certains fabricants de boutons à coudre se recentrent sur des activités, comme les bijoux ou la maro- quinerie. Le parisien Fried Frères mise sur les perles. Tous réfléchissent à d'autres métiers : " Il faut s'évader de l'habillement pour retrouver notre chiffre d'affaires ", recommande Daniel Crépin. Mais " il est très difficile de s'orienter vers un autre produit, parce que nos machines sont beaucoup trop spécifiques ", juge Louise Bressange, P-DG des Ateliers Jo'l. Délocaliser la production pour suivre les clients ? C'est ce qu'a fait l'autre pôle de la branche " boutons " (fermetures à glissière, auto-agrippants, boutons de jean et rivets), organisé autour du japonais YKK et de l'allemand Schaeffer-Prym. Mais le bouton à coudre est l'affaire de PMI qui n'ont pas les moyens d'un déploiement mondial. La concentration apparaît comme la seule perspective de survie. Même si les réticences sont fortes, comme l'explique Ghislaine Leca, P-DG de la société Coinderoux, en redressement judiciaire depuis la mi-avril. " Pour ces entreprises familiales, il est difficile d'envisager des rapprochements, car personne ne veut que l'on vienne voir dans ses comptes. "



Un secteur " peau de chagrin "

Selon la Fédération des industries diverses de l'habillement (FIDH), les fabricants de boutons ne sont plus qu'une vingtaine. Tous emploient moins de 100 personnes, pour un total de près de 700 salariés dans la branche. Fin 1998, le chiffre d'affaires du secteur était estimé entre 300 et 350 millions de francs.

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