Textile : Dmc cherche son salut à l'International

Avec CDW, le numéro 1 français du textile deviendra le leader étranger de l'impression en Asie. Et ce n'est là qu'une étape du processus d'internationalisation du groupe.

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TEXTILE

DMC CHERCHE SON SALUT À L'INTERNATIONAL

Avec CDW, le numéro 1 français du textile deviendra le leader étranger de l'impression en Asie. Et ce n'est là qu'une étape du processus d'internationalisation du groupe.

Si l'accord avec la société chinoise China Dyeing Works (CDW) se concrétise, DMC deviendra le tout premier groupe étranger de l'impression en Asie. Verdict, lors de l'assemblée générale extraordinaire, en juillet prochain. Les actionnaires apprécieront sans nul doute le montage financier. Outre une participation de 49 % dans l'unité de production spécialisée dans les tissus imprimés, et le contrôle, avec 51 % des parts, de la société de distribution chargée de la commercialisation et du marketing dans la zone Asie, DMC prévoit de faire entrer CDW dans son capital. Une façon de s'assurer la coopération de cette société contrôlée par Cha Chiming, puissant groupe financier local, dans le développement du joint-venture et de se prémunir en même temps de tout risque d'OPA. S'il porte tous ses fruits, cet accord avec un groupe chinois pourrait marquer un tournant dans l'histoire de DMC. Celui-ci réalise 77 % de son activité en Europe, 13 % aux Etats-Unis et 5 % en Asie. " L'idéal serait de répartir les ventes équitablement entre ces trois continents ", confie Jacques Boubal, président du directoire du leader français du textile. Pour compenser le déclin de ses activités en Europe, DMC n'a d'autre choix, en effet, que de s'internationaliser. Sur les trois premiers mois de l'année, il a vu son chiffre d'affaires baisser de 14,6 %, à 1,67 milliard de francs, contre 1,95 milliard un an auparavant. Les ventes du pôle impression atteignent tout juste 782 millions de francs, contre 945 millions pour le premier trimestre de 1995. Une contreperformance qui devrait entraîner un résultat semestriel négatif (non communiqué), malgré un léger mieux au deuxième trimestre L'an dernier, DMC a réalisé 7,12 milliards de francs de chiffre d'affaires (7,97 milliards en 1994) pour un bénéfice net consolidé part du groupe de 1 million de francs (150 millions de pertes en 1994).

Des initiatives asiatiques et américaines...

Le pari asiatique de DMC a été longuement préparé. L'industriel français avait prévu de " débarquer " en Chine par l'ouverture de sa propre unité d'impression, à Hanghzou, près de Shanghai. Les atermoiements des autorités locales l'ont conduit à rechercher d'autres voies. Arrière-pensée ou heureux hasard, KBC, la filiale allemande de DMC spécialisée dans l'imprimé, avait aidé à la création de CDW en 1992, à Hongkong... L'an dernier, la PME chinoise a fait progresser de 30 % son chiffre d'affaires, de l'ordre de 312 millions de francs (60 millions de dollars) et a dégagé 6 millions de francs de bénéfices. La formule du joint-venture permet en outre à DMC de rattraper le retard pris. " Nous démarrons avec une usine, une équipe manageriale et des débouchés en place depuis trois ans. Soit avec une certaine avance sur nos plans initiaux ", souligne Jacques Boubal. Son groupe compte bien prendre appui sur la société chinoise, et l'entrée de cette dernière dans son capital, pour s'implanter massivement et durablement sur le continent asiatique. " Il est difficile d'établir un calendrier précis. Mais nos intentions sont claires. Réaliser, à partir de deux implantations supplémentaires, 1 milliard de francs de chiffre d'affaires dans cette zone. " Dans le même temps, DMC poursuit ses initiatives américaines. Par le biais d'un joint-venture entre sa filiale, Saic Velcorex, et le mexicain Kaltex, signé en octobre dernier, il s'est attaqué au marché nord-américain des tissus sportwear. Les résultats des premiers mois d'activité se révèlent conformes aux prévisions, et DMC vise 1 milliard de francs de chiffre d'affaires sur ce continent d'ici à deux ou trois ans. Sur le Vieux Continent, en revanche, DMC continue de souffrir de la désaffection du public pour l'imprimé, qui représente encore près de 50 % de son chiffre d'affaires, et des dévaluations compétitives de la lire et de la peseta. 500 suppressions d'emplois, à comparer à un effectif total de 9 124 personnes, sont prévues cette année, dont les deux tiers en Allemagne et un tiers en France.

... en attendant la reprise européenne

Pour autant, DMC entend conserver une capacité de production européenne minimale pour profiter le moment venu du regain de l'imprimé, lequel exige de travailler en circuit court. " L'imprimé connaît des cycles dont la durée est généralement de un à deux ans. Le problème actuel est que la phase descendante a démarré en 1991... Je crois pourtant à un retour pour l'été de 1997 ", confie le patron de DMC. Un sentiment partagé par nombre de professionnels et d'analystes du secteur. En attendant une hypothétique reprise, DMC mise néanmoins sur d'autres axes de croissance. Outre sa stratégie d'internationalisation, le groupe intensifie son pôle de distribution (1,175 milliard de francs de chiffre d'affaires en 1995), avec la multiplication de ses magasins à l'enseigne Loisirs et création, mais, surtout, il développe un partenariat étroit avec la grande distribution. En septembre, il ouvrira à Londres une structure d'accueil destinée à se rapprocher de son principal client, Marks & Spencer.







Les investissements du textile français en Chine

La Chine, premier fournisseur d'habillement de l'Union européenne, intéresse de plus en plus les industriels du textile français. Porcher Industries investit 234 millions de francs dans une usine de tissus de verre, à Shanghai. Depuis l'an dernier, le fabricant de chaussants troyen Agofroy s'est lancé lui aussi dans un programme d'investissement. Les professionnels étrangers ne sont pas en reste. L'industriel nippon Teijin a déjà dépensé plus de 235 millions de francs dans une unité de production de fibres en Chine, et projette d'y investir près d'une centaine de millions supplémentaires dans les prochaines années. Son compatriote Toray Industries construit, lui, une usine de tissage et d'impression de fibres polyester à Nantong, dans la province de Jiangsu, et prévoit d'investir près de 2 milliards de francs dans la production de laine et de coton dans cette même ville d'ici à 1999. Enfin, l'américain Du Pont de Nemours s'est récemment associé avec le japonais Mitsubishi pour y produire des fibres polyester. Au total, la Chine compterait plus de 3 500 joint-ventures dans le textile-habillement.

USINE NOUVELLE N°2552

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