Texas Instruments : les salariés sonnés par la fermeture de Villeneuve-Loubet

La décision du géant américain des semi-conducteurs, Texas Instruments, de fermer son centre français spécialisé dans le développement de puces pour mobiles laisse les 541 salariés concernés sous le choc. Les syndicats dénoncent une décision hâtive.

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Texas Instruments : les salariés sonnés par la fermeture de Villeneuve-Loubet

Après l’annonce, mardi 18 décembre, du projet de Texas Instruments de fermer son site de Villeneuve-Loubet (Alpes maritimes), spécialisé dans le développement de puces pour mobiles, le personnel est sous le choc. Sur les 541 postes que compte le site, 517 vont être supprimés. Seuls 27 postes dédiés aux stations de base mobiles sont sauvés. Mais ils devront être délocalisés dans des bureaux à Nice. Le site sera fermé en 2013.

"Nous nous attendions à un plan de restructuration de grande ampleur, mais pas à la fermeture complète du site, confie Philippe Vieira, délégué CFDT chez Texas Instruments à Villeneuve-Loubet. Les salariés sont sonnés par cette décision. Ils se sont beaucoup investis dans leur travail. Ils ne comprennent pas pourquoi il faut tout arrêter maintenant."

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Repositionnement général

En difficulté sur le marché des puces pour mobiles, Texas Instruments a décidé, à l’instar de NXP, Freescale, Infineon et récemment STMicroelectronics de se repositionner sur les applications embarquées (automobile, industrie, multimédia, etc.). A la clé, la suppression de 1700 postes dans le monde. Le projet de fermeture du centre de Villeneuve-Loubet s’inscrit dans ce repositionnement stratégique annoncé le 14 novembre 2012. Les trois autres sites du groupe impliqués dans le développement de puces pour mobiles – Dallas aux Etats-Unis, Bangalore en Inde et Israël – sont également touchés par les suppressions d’emplois. Mais le site français est leseul à subir une fermeture complète.

Chez les salariés, la déception se mêle à l’incompréhension. "Le groupe ne perd pas de l’argent, note Philippe Vieira. Au contraire, il en gagne entre 2 et 3 milliards de dollars chaque année. Ce plan de restructuration vise à améliorer les marges et la rentabilité." Texas Instruments a enregistré un bénéfice de 2,2 milliards de dollars en 2011 pour un chiffre d’affaires de 11,7 milliards de dollars, et sur les trois premiers trimestres, le groupe américain reste bénéficiaire malgré des prévisions de ventes en baisse sur l’année 2012 de 6,4% selon le cabinet Gartner.

Des choix stratégiques remis en question

Comme STMicroelectronics, Texas Instruments est victime des déboires de son grand client, Nokia, dans les mobiles. "Le marché des mobiles a connu ces dernières années un grand bouleversement avec l’émergence d’Apple et de Samsung, explique la direction de Texas Instruments France. Or ces deux acteurs dominants développent leurs propres processeurs d’application."

Texas Instruments a réussi à entrer chez Amazon en motorisant sa liseuse Kindle et ses tablettes Kindle Fire. Deux projets de développement de puces pour la prochaine génération de liseuse et tablettes du leader mondial de l’e-commerce étaient en cours à Villeneuve-Loubet. Ils ont été brutalement arrêtés. Les syndicats dénoncent une décision hâtive. "On aurait pu attendre d’aller jusqu’au bout et de voir ce que ceci allait donner", regrette Philippe Vieira de la CFDT.

Enfin, les choix stratégiques du groupe suscitent des interrogations. "On était le leader mondial du secteur jusqu’en 2006, rappelle Philippe Vieira. En 2008, l’entreprise a décidé d’arrêter l’activité de modems à Villeneuve-Loubet et San Diego. Avec le recul, on se rend compte que c’était une erreur. Pour proposer des puces combinant processeur et modem, comme le font les concurrents, on est obligé d’acheter la partie modem chez les autres."

Un rendez-vous est pris le 21 décembre 2012 pour un comité d’entreprise consacré à l’explication des motifs économiques du plan social. Les syndicats veulent prendre le temps d’analyser ces données avec l’aide un expert avant de proposer des alternatives.

Ridha Loukil

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