Terres rares : Rhodia renforce sa stratégie d’approvisionnement

Le chimiste vient d’annoncer un projet d’exploitation de terres rares à Madagascar. Celui-ci permettra au groupe de rester dans la course pour l’approvisionnement de ces métaux stratégiques.

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Terres rares : Rhodia renforce sa stratégie d’approvisionnement

Les terres rares, Rhodia ne peut pas s’en passer. Acteur historique dans l’exploitation de ces 17 éléments chimiques présents dans une multitude de produits de haute technologie (écrans plats, voiture électrique, éoliennes…), le groupe compte s’approvisionner à Madagascar. Il vient de signer une lettre d’intention avec l’allemand Tantalus Rare Earth AG pour extraire des terres rares sur cette île de l’Océan indien.

Si les contours de cette alliance restent encoure floues, le rôle de Rhodia, désormais propriété du belge Solvay, sera à coup sûr de développer sur place les technologies d’extraction et de séparation des terres rares. Des procédés très complexes, en raison de la faible teneur en terres rares dans les gisements, ce qui explique d’ailleurs leur qualificatif de "rares".

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La mine est située sur la péninsule d’Ampasindava au Nord-Ouest de l’île rouge. Le gisement est évalué à 130 millions de tonnes de minerai. Le potentiel d’oxydes de terres rares s’élève lui à 110 000 tonnes. Rhodia mise sur une production à terme de 15 000 tonnes par an. Pour le moment, aucune échéance de mise en service d’une usine n’a été fixée.

A titre de comparaison, la mine de Mountain Pass en Californie (Etats-Unis), arrêtée par Molicorp en 2002 et qui devrait très prochainement reprendre du service, vise une production située entre 18 000 et 20 000 tonnes par an. Quant au projet de Mount Weld (Australie), dans lequel est impliqué Rhodia, la production initiale s’élèverait à 10 500 tonnes pour dépasser, à terme, les 20 000 tonnes.

Le projet de Rhodia et de son partenaire allemand à Madagascar se distingue par sa haute teneur en terres rares lourdes : les oxydes de ce gisement en contiendrait 20%. Or les terres rares lourdes, par opposition au groupe de terres rares légères, sont les plus recherchées en raison de leurs caractéristiques physico-chimiques.

Depuis deux ans, Rhodia a entrepris de diversifier son approvisionnement, suite à la décision de la Chine de réduire de façon drastique ses quotas d’exportations. La Chine représentait alors plus de 95% de la production mondiale de terres rares. Les industriels utilisateurs ont pris peur et ont décidé de trouver de nouvelles voies pour se fournir.

Rhodia reste présent en Chine pour se fournir directement en terres rares. Le groupe a également développé, sur ses sites de La Rochelle(Charente-Maritime) et de Saint-Fons (Rhône), des projets de recyclage de batteries NiMH (nickel-métal-hydrure) pour véhicules hybrides, d’aimants (utilisés dans les éoliennes, les véhicules électriques et les disques durs) et de lampes basse consommation.

Rhodia, qui fait partie des acteurs de poids dans le secteur des terres rares, étudie d’autres projets d’extraction pour des horizons à plus long terme. Le groupe devra, toutefois, veiller à mieux prendre en compte les enjeux environnementaux. Complexes à extraire, l’exploitation de terres rares nécessite de très grandes quantités d’eau et de produits chimiques.

Et des minerais radioactifs sont également très souvent associés aux terres rares dans le sous-sol. Au vu de la polémique actuelle en Malaisie, où une partie de la population s’oppose à un projet d’usine de l’australien Lynas, Rhodia devra veiller à développer cette industrie dans les règles de l’art. Le site de Madagascar concerne d’ailleurs de nombreux villages et une part non négligeable de forêt primaire.

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