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TER trop larges : la Toile rit, les politiques ne décolèrent pas

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Les nouvelles rames de TER (trains express régionaux) commandées par la SNCF sont trop larges pour traverser 1 300 des 8 700 gares que compte le réseau ferré français. Trois années et 50 millions d'euros de travaux sont nécessaires pour raboter les quais. Les élus régionaux ne veulent pas payer la facture et le font savoir.

TER trop larges : la Toile rit, les politiques ne décolèrent pas © D.R.

La palme de l'information la plus cocasse a été attribuée, ce 21 mai, à la SNCF par les utilisateurs de Twitter. L'entreprise ferroviaire a commandé de nouvelles rames de TER, mais sur l'ensemble du réseau ferré français, 1 300 quais sont trop étroits pour les accueillir. Les travaux de modernisation des gares ont commencé fin 2013 et devraient s'étaler sur trois ans, détaille le Canard Enchaîné qui a révélé l'affaire. Comme le montre l'image ci-dessous, les Twittos ont redoublé d'imagination pour railler la SNCF. Mais ce chantier à 50 millions d'euros ne fait pas sourire les élus locaux.

Les régions ne veulent pas débourser un centime

La facture pourrait même être plus salée selon le Canard Enchaîné, qui assure dans son article que Réseau Ferré de France (RFF) a débloqué 80 millions d'euros en urgence pour ces travaux. Les régions ne mettront pas la main au portefeuille, affirme le président du conseil régional d'Aquitaine et de l'association des régions de France Alain Rousset : "Nous refusons de verser un seul centime sur cette réparation". Pour lui, c'est RFF qui doit payer les pots cassés.

Jean-Jack Queyranne, président socialiste de la Région Rhône-Alpes, clame sa colère. Sa région a récemment commandé 40 rames, pour un montant de 400 millions d'euros. Il avertit : nous n'entendons "pas payer les travaux d'adaptation des quais au matériel, ni de manière directe ni via les redevances" que nous payons pour la circulation des TER. "Une nouvelle fois, je constate que le système de gouvernance du ferroviaire partagé entre la SNCF et RFF connaît de graves dysfonctionnements. Ils confinent à l'absurde", complète-t-il.

Une audition des responsables

Le président de la commission du développement durable de l'Assemblée nationale, Jean-Paul Chanteguet, a annoncé le 21 mai une audition commune des présidents de la SNCF et de RFF, Guillaume Pepy et Jacques Rapoport. Elle aura lieu dans les plus brefs délais, a précisé Jean-Paul Chanteguet au cours d'une réunion publique de l'institution.

Les recherches sur ce que la presse appelle désormais "l'affaire des trains trop larges" ne devraient pas s'arrêter là : "J'ai demandé à Jacques Rapoport et Guillaume Pepy par courrier qu'il y ait une enquête interne", a raconté au micro de France Inter Frédéric Cuvilier, secrétaire d'État aux Transports. Et de poursuivre : "Il faut que nous puissions identifier la façon dont les choses sont décidées".

Les arguments de RFF

Le président de RFF a essayé de se justifier sur Europe 1 le 21 mai au matin. Ce n'est pas une "boulette. [...] Nos quais ont 150 ans d'âge. Ces trains sont des trains neufs. A chaque fois que nous introduisons un nouveau matériel roulant, nous devons modifier les infrastructures." Des arguments qui n'ont pas convaincu le premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean Christophe Cambadélis. Il estime que la "responsabilité des dirigeants" de la SNCF et de RFF est "engagée".

Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, commente la situation d'un lapidaire : "c'est consternant." Constat partagé par le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll. Il annonce que l'Etat va "mettre de la cohérence dans le dispositif actuel". Notamment grâce à "la réforme ferroviaire qui est en préparation, pour coordonner les actions et les choix" entre RFF, qui gère les infrastructures, et la SNCF, qui exploite les trains. "S'il y a dysfonctionnement, il est là", conclut-il.

Pour Marine Le Pen, qui dirige le Front National, ce gaspillage insupportable d'argent public témoigne de "l'absence de pilotage stratégique des grands services publics dans notre pays, en particulier depuis les libéralisations exigées par l'Union européenne."

Lélia de Matharel

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