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TER trop larges : l’affaire qui tombe à pic

Olivier Cognasse ,

Publié le

L’affaire du jour sur les commandes de TER et les quais inadaptés met l'accent sur des dysfonctionnements entre les équipes de la SNCF et de RFF. Un argument de plus pour les partisans de la réforme du ferroviaire qui sera présentée à l’Assemblée mi-juin.

TER trop larges : l’affaire qui tombe à pic © D.R.

Le déchaînement médiatique qui a suivi l’article du Canard enchaîné à propos des 1 300 quais des gares à raboter intervient à un moment opportun, alors que l’affaire était connue depuis deux mois dans les milieux du ferroviaire. Le projet de réforme du ferroviaire sera présenté à l’Assemblée le 16 juin, selon les dernières informations dévoilées par le secrétariat aux Transport de Frédéric Cuvillier. Pour la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), il n’existe pas d’affaire. Et de citer l’exemple de l’A380, qui a nécessité d’adapter les infrastructures des aéroports. Choisir des trains plus capacitaires, comme les 182 rames TER Regiolis du fabricant Alstom et les 159 Regio 2N de Bombardier, qui vont entrer en service progressivement jusqu'à fin 2016, n’est pas une erreur en soi. Mais il faut adapter les 1300 quais qui ne permettent pas de laisser passer ces trains.

A la SNCF, on assure que cette opération sera terminée en temps et en heure c’est-à-dire en 2016. Les premières rames commencent seulement à être livrées avec un retard de plusieurs mois pour les rames d’Alstom, ce qui a entraîné certaines pénalités pour le constructeur… Chez Bombardier, l’autre industriel, on assure être dans les délais du calendrier avec des premières livraisons en région Nord-Pas-de-Calais avant la fin de l’été. Les industriels ont respecté les gabarits demandés et ne peuvent donc être tenus pour responsables de ce couac. La seule crainte est que les régions puissent être refroidies alors que les options pour des centaines d’autres rames doivent encore être levées.

Les arguments des deux protagonistes de l’affaire ne semblent pas convaincre grand monde, à commencer par les spécialistes du ferroviaire. "C’est une situation hallucinante ! Il y a eu un précédent sur le Francilien qui concernait la hauteur des quais. Là, c’est dans le sens de la largeur", s’insurge l’un d’entre eux. Une autre source rappelle que "ce n’est pas normal. La SNCF est le prescripteur avec la direction du matériel. Elle dispose de SNCF Infra et assure l’ingénierie. Ces trois composantes doivent se parler. Et RFF n’a pas été consulté ?". Si l’idée de faire payer les régions pour ces travaux semble avoir été abandonnée - 50 millions d’euros (officiellement) doivent être consacrés à cette opération de rabotage - il faut rappeler que la SNCF facture largement ses prestations d’ingénierie sur les commandes de trains.

Retards dans les centres de maintenance

Même son de cloche du côté syndical. Pour Véronique Martin, secrétaire fédérale de la CGT Cheminots et élue au conseil d’administration de la SNCF, "cette affaire pourrait relever du vaudeville. C’est la conséquence de la séparation de la SNCF et de RFF en 1997. L’ingénierie qui dépend de la direction du matériel établit un cahier des charges pour les constructeurs. Elle prend en compte les données de SNCF Infra et de RFF pour les dimensions des voies et des quais". A la centrale de la porte de Montreuil, on n’est pas loin de penser que cette affaire sort à la veille de la manifestation unitaire (CGT, UNSA Cheminots, SUD Rail) pour demander une autre réforme ferroviaire pour en brouiller le message et valider le projet de loi du gouvernement.

Véronique Martin dénonce ce projet "qui va créer trois entreprises distinctes et ne pas régler les problèmes comme ceux de la dette". Cette intersyndicale propose une seule et unique entreprise pour remettre le ferroviaire sur les rails. "Depuis 1997, avec cette course à la productivité au moindre coût et au recours à la sous-traitance, on en arrive à cette aberration". Et de dénoncer un autre problème lié aux nouveaux TER : "Certains ateliers de maintenance n’ont pas encore été aménagés pour accueillir les nouveaux trains". Finalement, la SNCF et RFF peuvent remercier Alstom d’avoir pris du retard…

Olivier Cognasse

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1 commentaire

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24/05/2014 - 09h49 -

Surprenant que la SNCF se soit fait surprendre, car cela semble logique de prendre un matériel: -aux nouvelles normes -plus pratique pour les handicapés -plus capacitaire Alors que les politiques savent tellement bien défendre l'indéfendable! Sabotage pour nuire à Pepy ou/et dénoncer la séparation en deux entités et donc l'ouverture à la concurrence du réseau?.....par qui?
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