Teorem, le téléphone ultra sécurisé de Thales au cœur des auditions du Sénat sur l’affaire Benalla
Le téléphone Teorem conçu par Thales en 2007 permet aux collaborateurs situés au plus haut niveau de l'Etat et des armées de passer des communications chiffrées. Les sénateurs chercheront à comprendre pourquoi l’ancien chargé de mission de l’Elysée avait toujours un exemplaire en sa possession plusieurs mois après son licenciement.
Son design à clapet, ses grosses touches, son écran réduit à quelques lignes laissent penser que c’est un téléphone d’un autre âge, condamné à prendre la poussière dans un musée consacré à la téléphonie mobile. Et pourtant non ! Malgré une conception datant de 2007, époque à laquelle Apple venait à peine de sortir son tout premier iPhone, le téléphone Teorem de Thales s'avère toujours d'actualité. En tout cas, il refait parler de lui grâce à Alexandre Benalla, l’ancien chargé de mission à l’Elysée.
Selon les révélations du Canard enchaîné, l’homme est resté en possession d’un tel terminal (en plus de plusieurs passeports diplomatique et de service) malgré son licenciement de l’Elysée depuis plusieurs mois. La commission d’enquête du sénat qui auditionne depuis le mercredi 16 janvier des membres du gouvernement ainsi que des membres du cabinet de l’Elysée, cherche à comprendre comment cela a-t-il pu être possible.
chiffrement au niveau secret défense
Cet épisode rappelle que le téléphone Teorem n’est pas une relique technologique de l’histoire. L’appareil est toujours utilisé pour passer des communications ultra sécurisées notamment par les collaborateurs situés au plus haut niveau de l’Etat et des armées. Les hauts dirigeants des entreprises qui opèrent dans les secteurs d’activité les plus critiques (armement, énergie, finances, télécommunications, transport…) l’utilisent également pour protéger leurs secrets commerciaux quand ils négocient d’importants contrats par téléphone. Les utilisateurs peuvent passer des communications claires et sécurisées jusqu’au niveau "secret défense", en France comme à l’étranger.
La direction générale de l’armement qui avait commandé un total de 14.000 exemplaires en 2011 vantait ainsi ses mérites. "Le correspondant est authentifié grâce à un certificat numérique et le téléphone affiche le niveau de sensibilité de la communication (non protégé, confidentiel défense, secret défense). Ses algorithmes et composants cryptographiques gouvernementaux sont développés sur le site de la DGA à Bruz, près de Rennes. L’appareil fonctionne sur les réseaux de tous les opérateurs mobiles et sur les réseaux fixes, civils, interministériels et militaires. En 2011, la DGA avait livré les 1000 premiers exemplaires.
Grâce à son savoir-faire dans les systèmes de cryptophonie, Thales avait été retenu comme fournisseur. L’industriel en produit-il encore ? A quelle cadence ? Sur quel site ? Difficile d’avoir des réponses auprès de Thales. Aujourd’hui, selon l’audition du directeur de cabinet de l'Elysée Patrick Strzoda, 4600 appareils Teorem seraient en circulation en France.
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