Telemarket tire profit de son expérience du Minitel

Précurseur de la vente en ligne, Telemarket a pris le parti de tout gérer en interne, du traitement de commande à la livraison. Une démarche qui l'amènera, dès 2001, à travailler pour d'autres acteurs de la vente en ligne.

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Telemarket tire profit de son expérience du Minitel

Face à la concurrence des Houra, Ooshop et autres c-mescourses, Telemarket, le pionnier français de la vente en ligne, joue à fond la carte de son savoir-faire. Son pari ? Livrer les colis dans les quatre heures suivant la prise de commande. Pour relever ce défi, le supermarché en ligne, filiale d'e-Laser (Groupe Lafayette), a investi 60 millions de francs dans un nouvel entrepôt de 20 000 mètres carrés à Pantin (Seine-Saint-Denis). L'entrée en fonction de ce nouveau dépôt accompagnera la montée en puissance du site, qui devrait générer un chiffre d'affaires de 200 millions de francs cette année. De 5 000 commandes hebdomadaires aujourd'hui, l'objectif avoué est d'atteindre 8 000 à 10 000 commandes par semaine à la fin de l'année en gérant 6 000 références, contre 2 400 actuellement. Pour répondre efficacement à cette croissance, l'entrepôt de Pantin sera entièrement automatisé. Le principe ? Un chemin de fer qui effectue le tour des différents rayonnages. " Nos préparateurs ne bougeront plus et auront un univers de produits bien définis à gérer, précise Christian Marchandise. C'est désormais le carton qui viendra à eux. " Equipés de gants et munis d'un lecteur de codes à barres fixé à l'annulaire, les préparateurs pourront également visionner le montant de la commande ou le nombre de produits qu'il reste à incorporer sur écran. Seules les boissons, pour des raisons de poids, les produits frais et les surgelés, pour des raisons évidentes de chaîne du froid, échapperont à ce parcours et ne seront intégrés aux colis qu'au tout dernier moment. Des tarifs concurrentiels Dès lors, il ne reste plus que trois heures à l'un des cent livreurs pour tenir les délais maximaux de livraison. Cette partie logistique, considérée comme stratégique par tous les acteurs de la vente en ligne, est gérée en interne par Telemarket. " Pour contrôler de bout en bout la qualité de notre offre, on se doit également de soigner ce dernier maillon de la chaîne et donc de l'intégrer. D'autant qu'il s'agit de notre seul lien commercial avec le client ", affirme Christian Marchandise. Parallèlement à son investissement à Pantin, Telemarket attaque tous azimuts pour booster ses ventes. Cet été, consciente de son déficit de notoriété, la société s'est affichée sur les murs parisiens. Sans tomber toutefois dans la surenchère. " Nous n'investissons que 10 % de notre chiffre d'affaires en communication, nuance Christophe Russo, responsable de la communication chez Telemarket. Notre notoriété tient plus du bouche à oreille que du martelage publicitaire. " Ensuite, imitant ses concurrents, le site offre, depuis le début de l'été, la livraison à la première commande. Elle est facturée 45 francs par la suite, alors que le coût réel se situe autour de 60 francs. Enfin, les tarifs s'alignent. " Nous avons également diminué les prix de l'ensemble de nos produits de 15 % avant l'été, poursuit Christian Marchandise, ce qui a fait baisser le panier moyen de nos clients, qui s'élève à près de 600 francs pour cinq à six colis. " Telemarket se situe ainsi dans la moyenne du marché. Un modèle de savoir-faire Prochaine étape à l'horizon 2001 : la conquête de la province et de l'étranger. Pour l'international, l'objectif est de nouer des partenariats avec des grands de la distribution en Europe via un système de licences. " Avec Telemarket International, nous vendrons notre savoir-faire dans le domaine de la vente en ligne ", précise Christian Marchandise. Pour la province, un premier test sera effectué dans un rayon de 300 kilomètres autour de Paris. " Dans un premier temps, nous utiliserons le système des entrepôts relais, développe le P-DG, mais notre volonté est d'offrir notre savoir-faire logistique à d'autres e-commerçants, dans l'alimentaire ou non, comme pour l'international. " Pantin pourra traiter jusqu'à 5 000 commandes quotidiennes et supporter des pointes de 10 000. Le plus ancien cybermarché de France pourrait ainsi s'allier à Monoprix (Groupe Lafayette) et à Casino (c-mescourses.com) pour réaliser des économies d'échelle au niveau logistique. Des alliances assez logiques lorsqu'on sait que Casino et Groupe Lafayette sont coactionnaires de Monoprix. Thibaut de Jaegher Le plus ancien cybermarché de France Présent depuis 1985 dans la vente alimentaire à distance, Telemarket a fait ses premiers pas avec le Minitel. Aujourd'hui, 70 % des commandes s'effectuent en ligne, avec seulement 10 % des commandes passées par Minitel. En deux ans, les proportions se sont inversées entre le Minitel et Internet (le site est ouvert depuis 1998). Ce sont surtout les particuliers qui utilisent ce dernier. Les entreprises restent attachées aux moyens " classiques " de commande : fax, téléphone et Minitel. Aujourd'hui encore, elles représentent 17 % de la clientèle de Telemarket.

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