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Telecommunications : MANNESMANN PREND UN TRAIN D'AVANCE

Publié le

En s'alliant à la compagnie de chemins de fer allemande Deutsche Bahn, Mannesmann, avec AT&T comme partenaire, renforce ses positions sur le marché des télécommunications d'outre-Rhin.

La compagnie des chemins de fer allemande, Deutsche Bahn, a créé une véritable surprise en dévoilant le nom de son partenaire. L'heureuse élue, la société Mannesmann, a remporté la mise, à la barbe de son concurrent Thyssen. AT&T, membre de l'alliance, en profite pour avancer ses pions en Allemagne. Cet accord forme un nouvel épisode de la saga des alliances qui structurent peu à peu le marché des télécommunications en Europe. Premier marché européen - il est estimé à 100 milliards de deutsche Mark dans quatre ans - , le marché allemand ne manque pas de prétendants. Cinq champions nationaux se sont déclarés : deux grands de la métallurgie et de la sidérurgie, Mannesmann et Thyssen, et trois leaders de la distribution d'électricité, Veba, Viag et RWE. Ces fringants challengers ne seront probablement pas tous à l'arrivée. Malgré l'entrée en vigueur de la déréglementation au 1er janvier 1998, Deutsche Telekom devrait conserver une part de marché écrasante. Cha- cun s'accorde à l'évaluer à 80 %, voire 85 %. Ce qui ne laisse de la place qu'à deux ou trois véritables concurrents. Les autres devront se contenter d'un strapontin. Avec l'acquisition de 49,8 % du capital de DBKom, filiale qui regroupe les activités de télécommunications de Deutsche Bahn, Mannesmann marque incontestablement un point. Au détriment de son rival malheureux Thyssen.

Un ticket d'entrée de 2 milliards de francs

Car avec ses 41 000 kilomètres, le réseau de la Deutsche Bahn est le deuxième plus grand réseau de télécommunications allemand derrière celui de Deulekom. Mannesmann espère ainsi rééditer comme opérateur de réseau fixe son succès dans les services mobiles. Lancé en 1992, son réseau de téléphonie mobile GSM (D2) compte aujourd'hui 1,9 million d'abonnés outre-Rhin. Et, en 1995, cette activité représente déjà 2,7 milliards de deutsche Mark, soit 8 % du chiffre d'affaire du groupe. Mieux. Les profits affichés, 911 millions de deutsche Mark, sont dus pour plus de la moitié aux télécommunications. Moins puissant financièrement que ses concurrents, le mécanicien s'est allié à la Deutsche Bank et à AT&T au sein de CNI pour faire main basse sur le réseau de la Deutsche Bahn. Il est vrai qu'en plus d'un ticket d'entrée relativement élevé, 2 milliards de francs, il faudra également investir massivement pour moderniser ce réseau. Cette alliance se retrouve face à deux grands conglomérats. Le premier, Viag Interkom, créé par Viag et BT (British Telecom), auquel s'est rallié RWE, dispose d'un réseau maillé sur tout le territoire allemand, car les deux électriciens ont mis leur réseau respectif dans la corbeille de mariage. Le partage des rôles donne à Viag la responsabilité de la clientèle d'entreprise et à RWE celle de la clientèle résidentielle. Le second grand conglomérat est formé par le rapprochement de l'électricien Veba et du britannique Cable & Wireless au sein de Vebacom. Cette alliance affiche un chiffre d'affaires de 370 millions de deutsche Mark en 1995. Pour étendre la couverture de son réseau le plus rapidement possible tout en limitant l'investissement, Vebacom avait choisi de partager l'effort avec la société Mannesmann. Il est encore trop tôt pour dire si cet accord sera remis en cause par Mannesmann. Face à ceux-là, Thyssen, allié à l'américain Bell South, paraît aujourd'hui bien isolé. Actionnaire du troisième réseau de téléphonie mobile allemand qui a connu un démarrage plutôt poussif, il s'est contenté en 1995 d'un chiffre d'affaires de 66 millions de deutsche Mark. Laurence GIRARD



France : rendez-vous en septembre

L'Allemagne a un temps d'avance dans ce ballet des alliances qui structure le marché des télécommunications. En France, la situation devrait évoluer à l'automne. La Compagnie générale des eaux, opérateur via la SFR, annoncera en effet son plan de bataille fin septembre. On peut imaginer que son allié AT&T verrait d'un bon il un nouveau partenariat avec une société de chemins de fer. Quant à BT, qui a aujourd'hui placé ses pions un peu partout en Europe, il devrait bien finir par trouver chaussure à son pied en France.



USINE NOUVELLE N°2558
 

 

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