TECHNOLoGIESILS INNOVENTSANOFI DIAGNOSTICS PASTEURTrente minutes pour un test immunologiqueUn automate divise par trois le temps d'une analyse. Du coup, il devient possible de tester les échantillons un par un et non plus par séries.

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SANOFI DIAGNOSTICS PASTEUR

Trente minutes pour un test immunologique

Un automate divise par trois le temps d'une analyse. Du coup, il devient possible de tester les échantillons un par un et non plus par séries.

La plupart des automates d'analyse immunologique travaillent par "batchs". Les échantillons à analyser sont regroupés sur un même support, une plaque, comportant en général 96 alvéoles. Conséquence, les analyses sont obligatoirement effectuées en séries: 96 tests de sida, puis autant d'hépatite, etc. Du même coup, il n'est pas possible de travailler patient par patient, ou d'introduire une analyse en urgence lorsque le processus est lancé.

Plus de 200 exemplaires sont en service dans le monde

C'est en ayant ces inconvénients en tête que les techniciens de Sanofi Diagnostics Pasteur ont conçu Access. A l'origine de cet automate d'analyse, un projet né dans les laboratoires de Kallestad Diagnostics, une société américaine, achetée par Sanofi en 1988. Un projet bourré d'idées, mais qui avait abouti à une sorte de "monstre". Une équipe franco-américaine reprend alors le bébé, le développement de l'automate proprement dit étant piloté par les Etats-Unis, tandis que la partie biologie est prise en charge par le côté français. En trois ans, elle met au point, pour un coût de 700millions de francs, un appareil commercial qui sera lancé sur le marché au mois de septembre 1993. A ce jour, plus de 200 exemplaires sont en service dans le monde entier, dont près de la moitié aux Etats-Unis. "Notre appareil s'adresse avant tout aux laboratoires, qui doivent faire chaque jour de multiples analyses différentes", explique Claude Collineau, directeur du service après vente de Sanofi Diagnostics Pasteur. Le système classique des plaques reste quant à lui tout à fait adapté aux laboratoires qui font de grandes séries d'un même test. Mais passer les échantillons les uns après les autres implique de réduire le temps d'analyse. Avec un appareil à plaques, il est de une heure trente environ. Access sort le résultat d'une analyse au bout de quinze à trente minutes. Comment parvient-on à une telle accélération? Tout d'abord en préchauffant les microréacteurs dans lesquels sont réalisés les tests (ils sont conservés à 37°C). Mais la principale astuce du nouvel automate réside avant tout dans l'utilisation de microbilles magnétiques comme support de l'anticorps qui sert à la réaction immunologique. Ce procédé augmente la surface d'échange réactionnel. Pour éviter que les microbilles ne soient entraînées lors des lavages, un champ magnétique les plaque sur les parois du réacteur. Au moment du prélèvement, elles sont remises en suspension par la sonde de prélèvement (en titane) vibrant à une fréquence ultrasonique. Toutes les étapes d'une analyse - prélèvement de l'échantillon et des différents réactifs, transfert dans le microréacteur, lecture du résultat de la réaction immunologique (révélée par chimioluminescence) au moyen d'un tube photomultiplicateur - sont gérées par un microprocesseur intégré dans l'automate. Pas moins de 14 moteurs pas à pas assurent les différents mouvements de transfert. Pour lancer une analyse, l'opérateur introduit le tube contenant l'échantillon identifié par un code à barres dans le carroussel , et pianote la liste des essais à effectuer sur un clavier-écran. L'automate se charge du reste, à la cadence de 100 tests à l'heure. Et s'il se présente une analyse en urgence, rien de plus facile que de l'introduire en priorité.

Pierre Laperrousaz



L'avis de l'expert

Isabelle Collignon, directeur adjoint du service hormonologie de l'hôpital de Versailles

"Nous attendions depuis longtemps un automate d'immuno-analyse multiparamètre, comme il en existe déjà en biochimie. De plus, Access fait appel à la chimioluminescence, qui donne une bonne sensibilité pour les valeurs basses. Les réactifs sont conservés au froid dans l'appareil même. Ils ne risquent donc pas de se détériorer au cours des transvasements."

24 tests différents

Access peut réaliser près de vingt-quatre tests différents: sida, cancer, hépatite, toxoplasmose, rubéole, etc. Il peut aussi doser certains médicaments. Son autonomie est de mille deux cents tests, et il gère lui-même ses besoins en réactifs et en produits consommables.

USINE NOUVELLE - N°2449 -

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