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L'Usine Matières premières

Technip recrute local au Ghana

Solène Davesne , ,

Publié le

Le groupe parapétrolier a mis en place un programme pour former des ingénieurs ghanéens et se plier aux mesures favorisant l’emploi et la production in situ.

Technip recrute local au Ghana
Sur la trentaine de salariés de la coentreprise GNPC-Technip, 85?% sont ghanéens.

Comment s’assurer que la population locale profite de la manne pétrolière Au Ghana, les autorités ont adopté, fin novembre 2013, une loi fixant un minimum de contenu local dans l’industrie pétrolière. Depuis le mois de février, tous les groupes internationaux doivent respecter de sévères quotas d’embauche de travailleurs ghanéens. Arrivé en 2009, Technip a anticipé ces nouvelles obligations. "Dans tous les pays où il s’implante, le groupe cherche à s’intégrer sur le long terme et à devenir un acteur local", plaide Gauthier Pourcelle, le directeur de la filiale du Ghana. Une stratégie qui lui donne un avantage sur ses concurrents, alors que les pays riches en matières premières se préoccupent de plus en plus des retombées économiques locales.

La découverte, en 2007, du gisement de brut Jubilee au large de ses côtes a propulsé le Ghana dans le club des pays producteurs de pétrole. Les premiers barils ont été extraits en 2010. Pour recruter une main-d’œuvre qualifiée, "deux options se présentaient à nous, explique Gauthier Pourcelle. Soit nous recrutions à l’étranger des Ghanéens expatriés avec des qualifications et des salaires en conséquence, au risque de créer des tensions avec le reste de la population. Soit nous formions nous-mêmes nos salariés." C’est la seconde possibilité qui a été choisie. Depuis 2011, le groupe parapétrolier, qui a créé une coentreprise avec la compagnie pétrolière ghanéenne GNPC pour développer l’ingénierie locale, a signé des partenariats avec deux universités technologiques pour participer à la formation des ingénieurs. "Le programme était déjà très pointu. Sur le plan académique, les étudiants ont un niveau qui n’est pas très différent de celui de leurs homologues français. En revanche, ils sont moins professionnalisés", estime Gauthier Pourcelle.

Manque d’expérience

Dans un pays où le secteur pétrolier n’existe que depuis sept ans, c’est l’expérience qui fait encore défaut. Pour y remédier, une douzaine d’étudiants planchent, par groupe de quatre, sur des rapports de fin d’études supervisés par Technip. Leur diplôme en poche, la plupart effectuent pendant un an leur service national civil – une sorte de stage obligatoire pour tous les diplômés – au sein de la filiale, le temps d’apprendre "le langage maison". Les meilleurs sont embauchés. "Ils partent ensuite pendant trois à douze mois terminer leur formation sur nos sites en France pour acquérir le niveau d’exigence internationale", souligne Gauthier Pourcelle. Sur les 38 employés de la filiale, 85% sont déjà ghanéens. Technip va devoir accélérer sa formation. Fin 2013, le groupe a remporté un mégacontrat de 1,2 milliard de dollars pour développer le champ pétrolier TEN. Le contrat prévoit de réaliser 25% de l’ingénierie et une partie de la fabrication au Ghana. Pour accompagner la montée en charge, Technip prévoit de passer à une soixantaine de salariés d’ici à la fin de l’année.

Le groupe français doit aussi se tourner vers des fournisseurs locaux. "Nous avons commencé par les pièces moins techniques et les achats de service", reconnaît-il. Lorsque son site de fabrication de Sekondi, à 250 km de la capitale, a eu besoin de cordes, il s’est fourni auprès des pêcheurs des villages voisins. Dans les domaines plus techniques, la démarche reste un défi. Les flexibles continuent à être fabriqués en France. Des audits ont été réalisés pour identifier des fournisseurs potentiels locaux. L’an passé, Technip a livré son premier "jumper" (un élément de raccordement entre deux structures sous-marines) dont l’ingénierie puis la fabrication ont été réalisées en totalité dans le pays. Mais pour respecter les nouvelles règles de contenu local, il en faudra plus d’un.

Une loi stricte pour le secteur pétrolier

De plus en plus de pays riches en matières premières se dotent de règles plus strictes pour conserver une partie de la valeur ajoutée sur leur territoire. C’est le cas de l’Angola, du Nigeria et du Brésil, pour ne citer qu’eux. Au Ghana, la nouvelle loi, limitée au secteur pétrolier, impose pour tout contrat une participation de 5% minimum d’une entreprise locale. Elle fixe aussi des quotas d’employés locaux, de parts d’achats de services et de produits made in Ghana, avec des objectifs chiffrés selon les secteurs à quatre et dix ans, et impose des transferts de technologie et des développements de projets R & D. 

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