Technip dément un rapprochement avec FMC Technologies, et pourtant cela ferait sens !

Le rapprochement des parapétroliers américains et français, FMC Technologies et Technip, n’est pas à l’ordre du jour contrairement aux rumeurs publiées par la presse américaine. Pourtant, dans une période de consolidation du secteur parapétrolier, de tels mouvements sont tout à fait envisageables, voire souhaitables.

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Technip dément un rapprochement avec FMC Technologies, et pourtant cela ferait sens !

Selon plusieurs médias américains, des discussions de haut niveau ont eu lieu entre les directions du parapétrolier américain FMC Technologies et de son homologue français Technip. Le premier, légèrement plus gros que le français (capitalisation de 6,8 milliards de dollars contre 5,3 milliards) pourrait prendre le contrôle du second. Dans les heures qui ont suivi, Technip a formellement démenti toute discussion dans un communiqué : "A la suite des récents articles faisant référence à d’éventuelles opérations stratégiques impliquant Technip, nous indiquons qu’il n’y a aucune discussion en cours sur de telles opérations". Aucune communication officielle du côté de FMC Technologies.

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Suite à ces rumeurs, le cours de bourse de Technip était à la hausse ce matin… et pour cause, malgré le démenti du Français, ce rapprochement ferait beaucoup de sens. Face à la baisse des cours du pétrole, qui vient d'atteindre son niveau le plus bas depuis sept ans, le temps est à la consolidation des entreprises du secteur parapétrolier. Et qui est l’un des premiers avocats de cette tendance ? Thierry Pilenko, lui-même, le PDG de Technip.

Une vague de consolidation

Il y a à peine un mois lors d’une conférence à Londres, le patron mettait en avant les changements structurels à mener dans l’industrie pétrolière pour faire face à la baisse des coûts, aux pertes d’emplois du secteur, à la demande croissante de produits fossiles et à l’enjeu du changement climatique.

Cela demande, selon lui, une importante optimisation des coûts, une diversification dans des activités qui ne sont pas le cœur de métier, une nouvelle collaboration clients/fournisseurs et… une intégration à travers des acquisitions et des alliances !

A cette occasion, il mettait en exergue les nombreux rapprochements effectués depuis un an et demi, citant Schlumberger et Baker Hughes, Subsea 7 et One Subsea, McDermott et GE O&G, Chiyoda et Emas AMC,… Fin 2014, Technip avait bien tenté de mettre la main sur son compatriote CGG, mais sans succès.

"J’ai tourné la page de CGG", affirmait à Londres Thierry Pilenko. Puis, interrogé par l’Usine Nouvelle sur la possibilité de se faire racheter par un "gros américain", il répondait : "Nous sommes dans un monde qui bouge tout le temps et de plus en plus vite. Est-ce des choses fondamentales peuvent se passer ? Oui. La question est de savoir si on fait le bon mouvement pour être dans la bonne position au bon moment".

Déjà engagés ensemble

Et justement, un rapprochement avec FMC Technologies pourrait être l’un de ces bons mouvements, d’autant plus que les deux groupes se connaissent bien. FMC Technologies est leader mondial des têtes de puits, pompes et de quelques autres équipements sous-marins. Technip est pour sa part le champion des équipements qui vont des têtes de puits à la surface (pipeline et risers).

En mai, les deux groupes ont créé une filiale commune : Forsys Subsea. "Concevoir les systèmes ensemble, peut générer plus de 25 % d'économies sur les installations sous-marines", dit Rasmus Sunde, patron de la filiale qui commence à décrocher ses premières études en vue de contrats conséquents. Deux études conceptuelles sont en cours et pourraient aboutir à des contrats de plus de 500 millions de dollars.

Si le rapprochement Technip/FMC Technologies n’est pas imminent selon le français, il pourrait bien ressurgir dès les premières lueurs de 2016. Reste à savoir si l’Etat sera d’accord pour voir partir un nouveau fleuron après la perte des grands noms comme Alstom et Lafarge.

Certes, l’Etat ne détient qu’une faible part du groupe, à travers la BPI, avec 5,09%, mais il est tout demême le deuxième actionnaire derrière Causeway Capital Management LLC (5,22%). Derrière, l’Institut Français du pétrole détient 2,43% des parts. Le reste de l’actionnariat est extrêmement morcelé.

Bercy pourrait voir d’un mauvais œil un tel mouvement. D’autant qu’à l’occasion du rapprochement les deux groupes, leur siège social pourrait s'envoler sous un ciel fiscal plus bleu que ceux de Paris et Houston.

Ludovic Dupin

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