Technicolor toujours plombé par la hausse des prix des puces mémoires

Pour la troisième année consécutive, Technicolor termine 2018 dans le rouge. Le groupe français de décodeurs et services pour l’industrie du divertissement reste toujours plombé par la hausse des prix des puces mémoires, dont l’impact atteint 45 millions d’euros en 2018 et 125 millions d’euros en deux ans.

 

Partager
Technicolor toujours plombé par la hausse des prix des puces mémoires
Technicolor peine à sortir du marasme

Encore une année morose pour Technicolor. Le groupe français de décodeurs et services pour l’industrie de divertissement, qui compte environ 12 000 personnes dans le monde, dont un millier en France, termine 2018 avec un chiffre d’affaires en recul de 6,2% à près de 4 milliards d’euros, un résultat d’exploitation nul, contre un bénéfice d’exploitation de 73 millions d’euros en 2017, et une perte nette de 68 millions d’euros, contre une perte nette de 172 millions d’euros un an auparavant. Pour la troisième année consécutive, il affiche des résultats dans le rouge.

Son directeur général Frédéric Rose, en poste depuis 2008, se refuse désormais à donner des projections. Mais l’année 2019 s’annonce sous de mauvais augures avec selon les prévisions de Thomson Reuters un chiffre d’affaires en baisse de 3% à 3,87 milliards d’euros et une perte nette de 14 millions d’euros.

Impact moindre que prévu

Alors pourquoi ce marasme persistant ? L’une des causes provient des puces mémoires qui forment le premier poste de coût des décodeurs vidéo et box internet. Technicolor subit de plein fouet l’envolée des prix de ces composants électronique à l’œuvre depuis le second semestre 2016 jusqu’au troisième trimestre 2018. L’impact net de cette hausse atteint 45 millions d’euros en 2018. C’est beaucoup moins que les 90 à 92 millions d’euros craints par Frédéric Rose il y a un an. En deux ans, l’impact cumulé s’élève à 125 millions d’euros. Et pour ne pas arranger la situation, le groupe a dû encaisser une diminution de la demande de décodeurs vidéo aux Etats-Unis, notamment de la part des opérateurs AT&T et Charter.

L’activité "Maison Connectée" de décodeurs vidéo et box internet, qui représente 55,6% du chiffre d’affaires total en 2018, voit son revenu plonger de 8,3% à 2,2 milliards d’euros et son EBITDA ajusté tomber à 87 millions d’euros, contre 128 millions d’euros en 2017. Frédéric Rose laisse toutefois entrevoir une éclaircie après la reprise de 4% au second semestre 2018.

Plan d'économie de 3 ans

Ces difficultés ont contraint le directeur général à mettre en place en 2018 un plan d’économie et de transformation de trois ans. Au programme : la fermeture de plusieurs implantations notamment aux Etats-Unis, la consolidation des sites opérationnels, la réduction des coûts de structure dans les fonctions centrales et la focalisation de l’activité "Maison Connectée" sur les 50 plus gros clients. Frédéric Rose entend poursuivre ce plan même si la situation est en train de se détendre sur le front des puces mémoires avec un début de baisse des prix au quatrième trimestre 2018.

Après avoir vendu en 2018 l’activité de "licences et brevets" à l’américain Interdigital, Technicolor envisage de lui céder maintenant son activité "Recherche et Innovation". L’opération devrait être finalisée au courant de l’année. L’obsession de Frédéric Rose est de simplifier la structure du groupe de façon à concentrer toutes ses ressources sur ses deux activités opérationnelles : d’un côté, les décodeurs vidéo et box internet pour opérateurs télécoms et fournisseurs de services internet, de l’autre, les services pour l’industrie du cinéma, de la musique et des jeux vidéo. C’est du moins l’objectif affiché. La réalité c’est que Technicolor n’a plus les moyens ni de valoriser un portefeuille de brevets en forte contraction ni d’entretenir une coûteuse recherche de bon niveau.

0 Commentaire

Technicolor toujours plombé par la hausse des prix des puces mémoires

Tous les champs sont obligatoires

Votre email ne sera pas publié

Sujets associés

LES ÉVÉNEMENTS L’USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

Vendre la Joconde, chiche !

Vendre la Joconde, chiche !

Nouveau

Dans ce nouveau numéro du podcast Inspiration, Stéphane Distinguin, auteur de "Et si on vendait la Joconde" sorti ce 19 janvier 2022 aux éditions JC Lattés, répond aux questions...

Écouter cet épisode

Digital et médias, par Julie Manou-Mani

Digital et médias, par Julie Manou-Mani

Dans le podcast "Inspiration", Julie Manou Mani, journaliste et productrice, répond aux questions de Christophe Bys. Elle revient sur sa reconversion vers le journalisme après des études...

Écouter cet épisode

La recherche française est-elle vraiment à la traine ?

La recherche française est-elle vraiment à la traine ?

En 2020, année de la crise Covid, la recherche française aura été au centre de toutes les attentions. En cause, l'incapacité de la France à développer son propre vaccin....

Écouter cet épisode

Joindre les deux bouts

Joindre les deux bouts

Dans cet épisode d'Industry Story, Guillaume Dessaix revient sur la grève du Joint Français qui au début des années 70 a enflammé la Bretagne.

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L’USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

LE CNAM

Ingénieur chef de projet bâtiment H/F

LE CNAM - 18/01/2022 - CDD - PARIS

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS