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TECHNICIENS SUPÉRIEURSPrenez votre destinée en main !Pour profiter des nouvelles opportunités, les bac + 2 doivent d'abord séduire leur hiérarchie. A eux de se mettre en avant ! Les clés de la réussite ? Une motivation et une curiosité à toute épreuve, un véritable projet, une formation adaptée e...

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TECHNICIENS SUPÉRIEURS

Prenez votre destinée en main !

Pour profiter des nouvelles opportunités, les bac + 2 doivent d'abord séduire leur hiérarchie. A eux de se mettre en avant ! Les clés de la réussite ? Une motivation et une curiosité à toute épreuve, un véritable projet, une formation adaptée et... une étoffe de manager.



" Un ingénieur, on lui déroule le tapis rouge. Un technicien, non ! Même si les opportunités sont plus nombreuses aujourd'hui, c'est à lui à se prendre en main. Il ne faut pas rêver, on ne viendra pas le chercher ", prévient Jean-Louis Muller, directeur à la Cegos, société spécialisée dans le conseil en ressources humaines. Autant le savoir, les pénuries d'ingénieurs et de cadres ne vont pas, à elles seules, propulser les bac + 2 vers les sommets hiérarchiques. " Il leur manque des compétences, une capacité de recul et d'analyse, justifie Maurice Pinkus, directeur délégué à l'enseignement à l'UIMM. Ils peuvent atteindre l'excellence dans leur domaine, mais, de là à manager une équipe et à bâtir un projet dans toute sa complexité économique et industrielle... " Car, devenir cadre, cela signifie participer à des réunions, prendre la parole en public ou encore élaborer une stratégie. Bref, au savoir technique s'ajoutent une bonne maî- trise de la communication et une large ouverture d'esprit. Le fossé entre un technicien et un bac + 5 n'est donc pas mince. Et, pour le combler, il faut une motivation à toute épreuve. Les portes de la promotion ne s'ouvrent pas d'elles-mêmes. Au technicien de convaincre sa hiérarchie en montrant qu'il en veut et qu'il en est capable. Par où commencer ? D'abord en saisissant toutes les occasions d'apprendre. " Les entreprises fourmillent de projets. Il faut y participer le plus possible ", recommande François Dekeyser, " consultant manager " au cabinet de recrutement Mercuri Urval. Se porter candidat pour une démarche qualité, une réflexion sur l'organisation du travail... Autant d'actions qui permettront aux bac + 2 à la fois de montrer leur motivation et de se frotter au management. Une initiation indispensable, car toutes les entreprises le répètent à l'envi : elles veulent des meneurs d'hommes. C'est souvent là que le bât blesse pour les techniciens. Mais adopter une attitude résolument proactive ne suffit pas. Le technicien doit parallèlement bâtir son projet professionnel. " C'est un engagement à long terme. On ne fait pas les choses par hasard ", mar- tèle Patrick Di Giovanni, technicien supérieur promu responsable d'une usine de 100 salariés chez Valois grâce au diplôme d'ingénieur du Cesi. C'est parce qu'il voulait à tout prix prendre la tête d'une unité de production qu'il est retourné, à 38 ans, sur les bancs de l'école. Construire son itinéraire, c'est d'abord multiplier les échanges tous azimuts : parler aux aînés ayant bénéficié de promotions, étudier leur parcours, demander conseil à son manager opérationnel et à la DRH, comprendre quelles sont les formations les plus prisées par son groupe... A partir de là, le technicien pourra se mettre en quête d'une formation. Une recherche qui n'a rien d'une sinécure. Car les enseignements sont légion : presque chaque école d'ingénieurs et de commerce propose une série de formations diplômantes plus ou moins longues. Impossible de débroussailler le terrain sans une solide enquête préalable ! Aucune piste ne doit être négligée : participation aux réunions de présentation, fréquentation des forums, consultation des documentations, renseignements auprès des diplômés... Et, même si l'entreprise propose des établissements partenaires, mieux vaut ne pas éluder cette étape.

Une remise à niveau préalable

" Avant de suivre les cours de l'Institut des techniques d'ingénieur de l'industrie (ITII, une nouvelle fi- lière d'ingénieurs) à Annecy, j'ai parlé avec des anciens ; je savais à quoi m'attendre, au niveau des cours. Ils m'ont alerté sur les difficultés. Mais leur réussite m'a mis en confiance ", confie Claude Berrux, 34 ans, responsable de la maintenance à l'usine Téfal de Rumilly (Haute-Savoie). Il peut être aussi utile de commencer par quelques cours du soir au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). Une remise à niveau qui servira à se replonger dans le bain des études. Chez Renault, ce passage est même un prérequis pour les jeunes de moins de 30 ans qui veulent bénéficier d'une formation d'ingénieur. Lors de cette phase de préparation, le candidat devra choisir non seulement la spécialisation, mais aussi la forme. Faut-il privilégier l'alternance ou les études à plein temps ? A chaque formule ses adeptes. Consultant technique sur les téléphones mobiles chez Gemplus, Hervé Brugal, 33 ans, a opté pour la formation de l'Ecole des sciences de l'ingénieur de Marseille (Esim) parce que " les cours étaient concentrés sur les vendredis et samedis. Ainsi, je gardais un pied dans l'entreprise, ce qui permet d'être au courant des projets et des opportunités ". D'autres préfèrent l'immersion totale : " On apprend davantage ", juge Sylvie Monpetit, 35 ans, directeur de projet chez Steria et diplômée de l'Institut des sciences de l'ingénieur de Montpellier (Isim).

La formation trouvée, le technicien doit obtenir l'accord de son employeur. A quel moment faire la demande ? Dès que l'on a les années d'expérience professionnelle requises pour les écoles, souvent cinq au minimum. Et suffisamment d'ancienneté pour bénéficier de l'aide de son employeur, en général pas avant trois ans. Attention à ne pas dépasser l'âge limite fixé pour certains cursus ! " 30 ans, c'est le bon âge, tranche Thierry Carré, technicien en électronique et informatique industrielles au service développement de Philips et fraîchement diplômé ingénieur de l'Institut supérieur d'électronique de Paris (Isep). Après sept ans de travail, je maîtrisais bien mon métier et je connaissais l'entreprise. Plus on attend, plus on se demande si on arrrivera à suivre. "

Montrer que l'on en veut

Autre bonne raison de " foncer jeune " : la réponse de l'entreprise se fait parfois attendre plusieurs années. " Il faut montrer que l'on en veut, atteste Claude Berrux, chez Téfal. Dans ma promotion, beaucoup de personnes avaient fait leur demande depuis longtemps à leur direction, qui, au départ, n'était pas très chaude. C'est en insistant et en prouvant leurs qualités qu'elles ont fini par convaincre. " Plus le technicien sera combatif, plus il se sera impliqué dans des projets en amont, plus sa direction sera encline à donner son feu vert... et à desserrer les cordons de la bourse. Car, si l'alternance assure le maintien du salaire, un plein temps est coûteux. Le congé individuel de formation (CIF) permet, par l'intermédiaire d'un Fongecif, de financer en moyenne une année de scolarité. Reste la deuxième, pour laquelle l'aide de l'entreprise est souvent indispensable. Sauf à puiser dans ses économies, comme Sabine Caussineus, 30 ans, technicienne chimiste depuis huit ans dans un bureau d'études de Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes), la Snirge, qui suit une formation de deux ans à l'Ecole des mines d'Alès. Vient ensuite le temps des cours. Le technicien ambitieux ne doit pas se contenter de devenir un élève studieux. A lui d'exploiter à fond toutes les richesses de cette expérience. " C'est à l'Ecole supérieure de Grenoble que j'ai commencé à lire des journaux économiques, comme "La Tribune" ou "Les Echos". J'ai ainsi mieux compris le fonctionnement de l'économie mondiale et affûté ma capacité d'analyse ", reconnaît Jérôme Guiguet, 38 ans, responsable du service qualité exploitation du site de Cluses (Haute-Savoie) de Somfy. Mais il peut aussi participer à des colloques, surfer sur Internet, lire des revues professionnelles...

Tisser des réseaux

Autre impératif, soigner son anglais. " Dans des entreprises de plus en plus internationales, impossible de progresser sans un minimum d'aptitude dans cette langue ", af- firme François Dekeyser, chez Mercuri Urval. " Il m'est arrivé de recevoir un technicien qui n'était pas capable d'aligner trois mots en anglais. C'est rédhibitoire ! ", renchérit Mireille Proust, directrice du cabinet de recrutement qui porte son nom. Dernier conseil : se forger un carnet d'adresses et tisser des réseaux. " Avec moi, il y avait des salariés de Nestlé, de Renault, de Peugeot... C'est un formidable vivier d'expériences et de relations ", se rap- pelle Patrick Di Giovanni, chez Valois. " Il faut garder des contacts à l'image de ce qui existe avec les associations d'anciens élèves des écoles de commerce et d'ingénieurs. On y apprend ce qui bouge, on échange les expériences, les informations sur les postes à pourvoir... ", estime Mireille Proust. Des liens qui se révéleront précieux au cas où les choses ne se déroulent pas comme prévu. Car, si la règle veut que les entreprises accordent une promotion aux salariés munis d'un nouveau diplôme ou d'une qualification supplémen- taire, les exceptions existent. Exemple : cette jeune informaticienne qui, de retour dans son entreprise fraîchement émoulue d'une école d'ingénieurs, reprend... son poste de technicienne. Sans se décourager, elle est partie en chasse d'un autre poste. Et c'est avec son nouvel employeur qu'elle a enfin conquis ses galons de cadre.

Des sacrifices personnels importants

Mais, entre les cours et leur travail, la vie des salariés en formation continue n'a rien d'une sinécure. " Une semaine par mois, je quitte Somfy pour l'Ecole supérieure de commerce de Grenoble, explique Jérôme Guiguet. Grâce à mon ordinateur portable, je me tiens au courant de ce qui se passe dans l'entreprise. Malgré tout, au bout d'une semaine d'absence, je mets au moins deux jours pour rattraper le fil. " " Reprendre des études nécessite des sacrifices importants. Fini, les soirées libres ! ", témoigne Hervé Brugal, chez Gemplus. Ce père de famille reconnaît qu'il n'avait qu'une hâte : " arriver à la fin ". Mais, ajoute-t-il, " le jeu en vaut la chandelle. Aujourd'hui, je savoure mon titre d'ingénieur ". Un statut conquis de haute lutte.



Stéphane Gouin : Il suit des cours du soir

Technicien de maintenance chez STMicroelectronics

En formation d'ingénieur au Cnam, à Tours

Devenir ingénieur : une vocation pour Stéphane Gouin, 29 ans ! Dès son bac, l'idée de devenir cadre était ancrée dans son esprit. Technicien de maintenance chez STMicroelectronics, à Tours (Indre-et-Loire, 1 500 salariés), avec son DUT de génie électrique et informatique industrielle, il entend parler de collègues devenus ingénieurs. Ils avaient entrepris des études à l'antenne tourangelle du Cnam. Après cinq ans d'expérience, il se décide à suivre leur voie. " Je me suis dit : pourquoi pas moi ? Seulement, j'ai eu du mal à m'y mettre, la charge de travail me faisait peur. Mais, avec le soutien de ma famille et de mon supérieur hiérarchique, à qui j'en avais parlé, j'ai osé ", explique-t-il. La formule lui convient : elle concilie travail et retour aux études. " Ce cursus Cnam ne relève pas du plan de formation de l'entreprise, mais elle me rembourse les frais de cours chaque année. Mon chef est arrangeant ! Il me facilite la tâche en modifiant mes horaires pour pouvoir suivre mes cours. Je suis désormais en heures normales alors que je faisais les "deux-huit". " Le rythme est soutenu : de neuf à douze heures de cours par semaine les soirs de 18 heures à 21 heures ! Sans compter les travaux pratiques le samedi matin et les travaux à préparer chez soi. Au programme : des modules techniques de maths, d'électronique, mais aussi de management, de communication et d'anglais. " Je ne regrette pas. J'ai réussi ma première année. Je me donne cinq ans pour obtenir mon diplôme d'ingénieur en électronique. Grâce à l'intranet, je sais que la société cherche des ingénieurs sur le site. J'ai donc de l'espoir. " Pour l'instant, il n'a pas négocié de poste. " Mais, à la fin de ma deuxième année, j'en parlerai à mon responsable. " S. B.



Patrick Di Giovanni : Il a construit seul son projet professionnel

Ex-technicien d'étude en conception mécanique chez Valois

Cadre depuis 1992, ingénieur Cesi depuis mars 2001, responsable d'une unité de production

" Je prends totalement mon pied ! " Patrick Di Giovanni, 40 ans, ne cache pas sa joie de diriger comme ingénieur fraîchement diplômé les cent salariés de l'usine de pompes de Valois, au Vaudreuil (Eure). Mais, pour en arriver là, ce boulimique de travail n'a pas ménagé sa peine. Son BTS bureau d'études en construction mécanique en poche, et après une première expérience, il intégre en 1987 la recherche et développement de Valois (systèmes de pulvérisation pour la pharmacie et les cosmétiques, 1 240 salariés). Un véritable bonheur, pour cet hypercréatif, dont plusieurs innovations sur les pompes aérosols débouchent sur des brevets. Nommé chef de projet, puis cadre, en 1992, il prend la tête d'une petite équipe qui conçoit des valves doseuses pour la pharmacie. Mais, après quelques années, Patrick Di Giovanni aspire à plus de responsabilités. " J'avais atteint mon bâton de maréchal. Impossible de manager un site de production sans un bagage d'ingénieur. " En quête d'une formation, il découvre l'école d'ingénieurs du Cesi de Rouen. Il participe à plusieurs réunions d'information et bâtit son projet professionnel. Pour se donner plus de chances, il s'inscrit de lui-même aux cours du soir du Cnam en mathématiques et physique, avant de solliciter l'accord de son employeur. Valois pose une condition : lui trouver un remplaçant, ce qui prendra plusieurs mois. En avril 1999, il apprend enfin les " règles de l'organisation industrielle et l'art du management " au Cesi. Ce père de deux enfants sacrifie tous ses week-ends à ses études. Mais le résultat est à la hauteur : pour son stage d'application, Valois lui confie, en février, la responsabilité du Vaudreuil. Avant même qu'il ne reçoive son diplôme. P. L.



Quelle filière d'ingénieur choisir ?

Ces quatre voies se préparent par la formation continue et peuvent être financées par l'entreprise.

1) Filières promotionnelles

Le Cnam (Conservatoire national des arts et métiers) : préparation progressive par l'obtention d'UV. La durée du cursus dépend du niveau de départ. Il faut avoir au minimum 23 ans et deux ans d'expérience professionnelle pour intégrer le cycle C qui mène au diplôme d'ingénieur. Cycle qui implique une année à plein temps en entreprise.

Le Cesi (école d'ingénieurs du Centre d'études supérieures industrielles) : ouverte depuis 1978 aux bac + 2 scientifiques ou techniques (ou équivalent) avec cinq années d'expérience professionnelle. Le cursus, actuellement de 24 mois, passera à 20 mois à partir de novembre, dont 13 mois en centre et 7 en entreprise.

2) Formations d'ingénieurs en partenariat (ex-NFI, Nouvelles formations d'ingénieurs).

67 formations dispensées depuis 1989 dans des écoles d'ingénieurs, au Cnam, au Cesi... Ouvertes aux bac + 2 justifiant de 5 années d'expérience professionnelle. Formule en alternance : 1 600 heures de cours en moyenne sur deux ou trois ans, complétées par une formation en entreprise.

3) Filière Fontanet

Proposée dans 57 écoles d'ingénieurs. Ouverte depuis 1974 à des techniciens supérieurs ayant trois années d'expérience professionnelle et désireux d'obtenir un diplôme d'ingénieur identique à celui de la formation initiale. Après un cycle préparatoire, les stagiaires suivent, selon les écoles, le même enseignement que les élèves de la formation initiale ou un cursus adapté de deux ans minimum.

4) Titre d'ingénieur diplômé par l'Etat (DPE)

Titre d'ingénieur délivré depuis 1975 à l'issue d'un examen organisé par le ministère de l'Education nationale. Les candidats doivent justifier de cinq années d'expérience dans des fonctions d'ingénieur. C'est une validation des acquis professionnels. P. L.



Sylvie Monpetit : Elle a changé d'employeur

Ex-technicienne, analyste-programmeur dans une PME

Cadre chez Steria depuis 1998, aujourd'hui directrice de projet

Sylvie Monpetit a enfin atteint son objectif : directrice de projet chez Steria (SSII, 5 000 salariés), elle manage à Montpellier des équipes et conçoit des projets informatiques lourds pour des clients de tous les secteurs. " Je n'y serais jamais parvenue si je n'avais pas repris mes études ", reconnaît la jeune femme. Dès son premier poste dans une SSII parisienne, elle s'est rendu compte que son DUT en informatique ne lui permettrait guère de progresser. " Les chefs de projet étaient tous des ingénieurs. " Trois soirs par semaine, cette battante va donc suivre les cours du Cnam à Paris, puis à Montpellier, où elle s'installe en 1989 en intégrant la société Inforsud. Elle décroche le Deust (diplôme d'études supérieures techniques) en informatique du Cnam en 1991, et embraie sur l'Institut de sciences de l'ingénieur de Montpellier (Isim) dans le cadre d'un congé individuel de formation (CIF) d'un an. Son titre en main, elle retourne chez Inforsud en 1993. Mais son nouveau parchemin ne lui vaut pas la promotion rapide espérée. " Le marché de l'emploi était en crise, les évolutions étaient plus lentes qu'aujourd'hui. " Elle ronge son frein en attendant des jours meilleurs. Enfin, en 1998, elle est embauchée comme chef de projet par Steria. La consécration ! P. L.







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