Teamfer met la mesure sur les rails

Cette jeune entreprise fait son trou dans le ferroviaire avec des outils innovants de mesure et contrôle des rails. Ses innovations sont présentées sur le Salon de l’industrie ferroviaire de Lille, qui se tient du 26 au 28 mars.

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Teamfer met la mesure sur les rails

Le ferroviaire a beau être une industrie deux fois centenaire, elle peut toujours faire une place à un nouvel entrant. C’est le cas de Teamfer, jeune entreprise créée en 2010 par deux experts de la mesure, Pascale Beaudoing et Henri Bollon, rejoints par un ingénieur. Son créneau : fournir des outils de mesure de la voie ferrée, innovants par leur précision, leur robustesse et leur ergonomie. Après une phase de développement de produits en 2010-2011, Teamfer a réalisé 435 000 euros de chiffre d’affaires en 2012. "Le démarrage est fait, l’entreprise est consolidée et gagne de l’argent, se félicite Henri Bollon. En 2013, on vise plus de 500 000 euros de ventes."

Le cogérant de l’entreprise explique ce démarrage réussi : "On a su fabriquer des produits innovants correspondant à des besoins réels." Leur produit phare et haut de gamme, l’UO Track, concentre les savoir-faire de Teamfer. Il s’agit d’un chariot léger porteur d’outils, destiné à parcourir les rails, poussé par un opérateur. Equipé d’un module de mesure de l’écartement des rails et de leur dévers (différence de hauteur entre les rails), il atteint une précision de mesure de quelques dixièmes de millimètres, affirme Henri Bollon, pour qui "les outils classiques, avec leur précision de +/- 1 mm, sont insuffisants face à une tolérance de 2 mm sur l’écartement des rails".

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Localiser précisément les défauts

La fonctionnalité la plus en pointe de l’UO Track, c’est la mesure de l’usure ondulatoire des rails, ces creux et ces bosses qui apparaissent sous les roues des trains. Deux skis attelés au chariot glissent sur les rails et relèvent en continu leur usure ondulatoire avec une résolution de quelques microns. L’opérateur visualise en temps réel le profil sur un PC fixé au chariot. L’insensibilité à l’eau et à la graisse de l’outil est précieuse pour des opérations de maintenance que les opérateurs ne peuvent se permettre d’interrompre pour cause de mauvaises conditions météo.

La SNCF a acheté 9 de ces chariots, particulièrement utiles pour détecter les rails faussés sur ses lignes à grande vitesse. Un rail faussé apparaît lorsqu’un morceau de ballast se retrouve sur un rail puis se fait écraser par une roue de TGV. Le creux de quelques dixièmes de millimètres qui en résulte fait qu’à chaque passage ultérieur de TGV, le rail vibre et détériore le ballast. La SNCF utilise son TGV de contrôle, l’IRIS 320, pour détecter les zones les plus touchées. "Notre chariot passe derrière pour localiser précisément les défauts, ce qui permet de mieux cibler les coûteuses opérations de redressage et de meulage", explique Henri Bollon. A l’heure où la réduction des coûts du réseau ferroviaire français, estimés à 6,5 milliards d’euros par an, est une priorité de la filière, des acteurs comme Teamfer trouveront toute leur place.

Manuel Moragues

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