Taxe sur les sodas : le président d'Orangina "choqué"

Hugues Pietrini est président d'Orangina Schweppes France. Il considère que la nouvelle taxation des boissons sucrées décidée par le gouvernement constitue un amalgame "inacceptable" avec le secteur de l'alcool.

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Taxe sur les sodas : le président d'Orangina

L'Usine Nouvelle - Comment réagissez-vous à la nouvelle taxation annoncée dans le cadre des dernières mesures budgétaires par François Fillon ?
Hugues Pietrini - Mettre nos produits au même niveau que le tabac et l'alcool est inacceptable et scandaleux. Nous sommes choqués par cet amalgame, nous ne comprenons pas. Mais attention : nous sommes ouverts à des taxations supplémentaires, considérant le contexte économique. Nous sommes prêts à écouter des propositions en ce sens.

En l'espèce, c'est la méthode qui est inacceptable. L'argument de l'obésité est incompréhensible. Depuis des années, nous sommes proches du ministère de la Santé. Le taux de sucres dans nos boissons a été réduit de 14% depuis 2008, ce qui nous a valu des félicitations.

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Nous avons un partenariat avec l'union du sport scolaire, nous avons mené toute une série d'actions sur le thème de l'obésité. Nous sommes utilisés comme bouc-émissaire, sans raison.

Que comptez-vous faire d'ici à la discussion du projet de loi à l'Assemblée nationale, à l'automne ?
On n'a pas encore pu discuter. Cette annonce est venue d'un coup, nous prenant par surprise. Je pense qu'il y a eu un malentendu, qu'on va essayer de dissiper. Jusqu'ici, nous avons favorisé les actions concrètes, pas le lobbying. Nous avons peut-être été un peu naïfs sur ce point.

Quelles conséquences aura cette taxation supplémentaire ?
Nous allons répercuter cette taxation, cela va peser sur le pouvoir d'achat. Notre type de produit est consommé par 80% des ménages français. Cela augure de longues discussions avec nos clients.

Ensuite, augmenter les prix, c'est prendre le risque que le marché se retourne. Si cela arrive, les 23 sites français de production de boissons sans alcool seront menacés, ce qui représente 5000 emplois directs.

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