Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Santé

Tampax consent à donner "plus d'informations sur les composants" de ses tampons

Astrid Gouzik ,

Publié le

Critiqués de toutes parts, les fabricants de produits d'hygiène féminins tentent de se défendre. Tampax promet de donner "plus d'informations" sur la composition de ses tampons... même si "les législations françaises et européennes ne nous le demandent pas", ont-ils répondu à L'Usine Nouvelle.

 

La pétition lancée à l'été 2015 et signée par près de 200 000 personnes et la récente étude publiée par 60 millions de consommateurs auraient-elles réveillé les industriels ? La polémique sur la composition des tampons et des serviettes hygiéniques ne date pas d'hier… c'est pourtant le 23 février qu'elle semble avoir pris un nouveau tournant.

Le magazine 60 millions de consommateurs est allé voir de plus près la composition des tampons de trois marques. Les résultats des tests menés par un laboratoire indépendant sont alarmants : des traces de dioxines (polluants industriels) ont été détectées dans des références de marques O.B et Nett et des résidus de dérivés halogénés (sous-produits liés aux traitements des matières premières) dans une référence de marque Tampax.

Pourtant chez les industriels, le mot d'ordre est : pas d'affolement. "Des traces infimes de dioxines peuvent occasionnellement être détectées dans les produits d’hygiène absorbants comme les tampons, malgré tous les efforts mis en oeuvre pour les éviter. Les études scientifiques et les informations à notre disposition montrent qu’il n’y a pas de problème de sécurité associé à un tel niveau de traces de dioxines dans les tampons", garantit Johnson & Johnson (Vania, Kotydia, Nett, o.b.), interrogé par L'Usine Nouvelle.

La viscose incriminée

Chez Procter & Gamble (Tampax), même position : "tout résidu potentiel à l'état de traces résultant du procédé de purification des fibres n'a aucune conséquence sur la sécurité d'utilisation des tampons. Un résultat positif ne permet aucune extrapolation pouvant conduire à un problème de sécurité d'utilisation avec les tampons. En conséquence, la sécurité des tampons ne saurait être remise en cause sur la base des données publiées."

C'est bien ce que met en avant l'enquête de 60 millions de consommateurs. Les tampons testés sont en viscose, une matière issue du traitement chimique de la cellulose extraite du bois. C'est lors des processus de transformation de la pulpe de bois qu'apparaîtraient les dioxines, des substances classées comme "cancérogène avéré pour l'Homme".

Si le problème se pose pour les tampons, 60 millions de consommateur n'a en revanche pas pu analyser la composition des serviettes hygiéniques. Si elles sont également en viscose, il se pourrait qu'elles contiennent aussi des dioxines, comme le suggérait un document de la Food and Drug administration (l'autorité américaine des médicaments et de l'alimentation) qui semblait faire le lien entre la viscose et ces molécules toxiques. Elle demandait alors aux fabricants de tampons de fournir "des informations sur le processus de purification de la pulpe de bois", note 60 millions de consommateurs dans son enquête.

"plus d'informations"... ou la composition précise ?

Connaître la composition des protections féminines, c'est aussi ce que demande la jeune étudiante Mélanie Doerflinger à l'origine d'une pétition signée par 186 100 personnes. Une revendication apparemment entendue par Procter & Gamble qui nous a assuré "mettre à disposition plus d’informations sur les composants de nos tampons sur notre site internet et sur les notices à l’intérieur de nos paquets." Même si "les législations françaises et européennes ne nous le demandent pas", prennent-ils bien la peine de préciser.

L’ajout d’informations sur la composition des Tampax sur les notices à l’intérieur des paquets est prévu pour la fin du 1er trimestre 2016. Ce qui veut dire qu’en fonction des stocks des distributeurs, l’ensemble des paquets pourvus de la nouvelle notice seront disponibles dans les rayons entre le mois d’avril et le mois de mai 2016.

Toutefois, il s'agit bien de dévoiler "plus d'informations"… Rien n'assure qu'ils fourniront plus de détails que ceux qu'ils avaient déjà transmis à 60 millions de consommateurs. Du côté de Johnson & Johnson, en revanche, on ne mentionne pas de quelconque précision à venir concernant la composition des tampons o.b. et Nett. 

Astrid Gouzik

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle