Takata lâché par Honda, le premier client de ses airbags

TOKYO/WASHINGTON (Reuters) - La décision du constructeur japonais Honda de ne plus installer dans ses voitures d'airbags fabriqués par son compatriote Takata soulève mercredi de nouvelles interrogations sur l'avenir de ce dernier, en difficulté depuis des mois après le rappel de millions de véhicules dans le monde.

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Takata, dont Honda était le premier client dans les airbags, s'est par ailleurs vu infliger mardi par les autorités américaines une amende de 70 millions de dollars (64 millions d'euros). A la Bourse de Tokyo, son action a terminé en baisse de 13,4% mercredi après avoir perdu jusqu'à un quart de sa valeur en séance.

Honda a déclaré dans un communiqué avoir été "profondément troublé" par les éléments suggérant que Takata avait "présenté de manière trompeuse et manipulé les résultats de tests sur certains airbags".

Le constructeur représentait jusqu'à présent environ 10% du chiffre d'affaires de l'équipementier et était le premier acheteur de ses airbags, une activité qui génère 38% de ses ventes.

"Une fois que nous aurons déterminé la cause officielle du défaut, nous prévoyons de débattre de la question de la responsabilité (de Takata), a ajouté Honda.

Les autorités américaines ont établi des liens entre huit décès - tous impliquant des voitures Honda - et des airbags de Takata, qui contiennent du nitrate d'ammonium et dont le déclenchement, trop violent, est susceptible de disperser des éclats de métal dans l'habitacle du véhicule.

L'amende annoncée mardi aux Etats-Unis n'est en elle-même pas décisive mais s'ajoute à une facture déjà longue.

Et si, pour l'instant, faute d'avoir déterminé avec certitude la cause du défaut des airbags, les nombreux constructeurs concernés ont assumé la majeure partie des coûts, ceux-ci pourraient être intégralement à la charge de Takata en fonction des résultats des investigations en cours.

Dans l'hypothèse d'un coût de 100 dollars par voiture concernée, l'ardoise pourrait vite dépasser la capitalisation boursière actuelle du groupe, qui avoisine 99 milliards de yens (748 millions d'euros).

Au total, 40 millions de véhicules environ ont fait l'objet de rappels "volontaires" ou de précaution depuis le début de l'affaire en 2008.

(Naomi Tajitsu et David Morgan; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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