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L'Usine Santé

Tableau noir pour salles blanches

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La première usine-école en milieu aseptique d’Europe a ouvert début septembre près de Strasbourg, pour développer les compétences des opérateurs en salle blanche.

Tableau noir pour salles blanches
L’usine-école formera toute personne intervenant en salle blanche, de l’agent de nettoyage au pharmacien industriel.

Lidée naît en 2008 au sein du pôle de compétitivité Alsace BioValley. Les représentants régionaux des industries du médicament – Lilly, Merck, Novartis, Capsugel, Transgene… – dressent alors le même constat : la formation des personnels appelés à agir en milieu aseptique est complexe, coûteuse et longue, surtout pour les formations continues et les reconversions. « Créer une usine-école en milieu aseptique, grâce à un partenariat avec l’université de Strasbourg (Unistra) et d’autres partenaires institutionnels, permettait de trouver une solution à ce problème industriel », expose Constance Perrot, la chef de projet opérationnel du European aseptic and sterile environment training center (Ease), qui vient d’ouvrir sur le campus d’Illkirch (Bas-Rhin).

Les acteurs publics, eux, espèrent attirer de nouveaux industriels dans la région grâce à cet outil quasiment unique au monde – un équipement comparable existe en Caroline du Nord, aux États-Unis. « Cette structure est conçue pour faire progresser les techniciens de surface tout comme les doctorants », annonce Laurence Higginson, le responsable de l’agence Est de DencoHappel (climatisation et circulation d’air, 300 millions d’euros de chiffre d’affaires). « Elle servira notamment à la totalité de la filière européenne du biomédicament. L’enjeu est de développer les compétences et de faire progresser la production de cette filière stratégique », analyse Jean-Emmanuel Picard, le directeur général France de GE Healthcare Life Sciences.

Des conditions réelles de production

« Ease reproduit les contraintes techniques et fonctionnelles d’une usine de production pharmaceutique en milieu stérile », détaille Constance Perrot. « On y forme des opérateurs en conditions réelles de production, ce qui permettra d’expliquer les raisons profondes de chaque règle et de chaque geste et les conséquences d’une erreur, même minime », rappelle Damien Weltzer, le DRH de l’usine Lilly de Fegersheim (Bas-Rhin), située à quelques kilomètres de l’école. Les dimensions psychologiques liées au confinement et parfois à l’isolement y seront abordées.

Le bâtiment de 4 500 mètres carrés, dont près de la moitié en salles blanches, a coûté près de 30 millions d’euros, financés par le programme des investissements d’avenir, des fonds européens, les collectivités locales et les industriels partenaires. Il a été conçu en lien constant avec les industriels. « Cela n’a pas été simple ni sans turbulences. Les cultures des partenaires se sont souvent opposées », admet l’un d’eux. Depuis cinq ans, des groupes de travail et des ateliers de réflexion préparent le bâtiment dans ses moindres détails. « Lilly France a donné beaucoup de conseils techniques et des cadres retraités de l’entreprise se sont même investis », témoigne Damien Weltzer.

Le bâtiment reflète la volonté de rendre compréhensibles les finesses du travail en salle blanche. « Tout a été conçu pour que chaque activité soit visible, y compris les installations techniques, la production, la circulation et le contrôle des fluides et de l’air », insiste Constance Perrot. Les étages supérieurs de l’usine-école permettent d’approcher au plus près les appareils de climatisation, de traitement de l’air, de production et de contrôle de l’eau purifiée. De quoi présenter les salles blanches et leur environnement aussi bien aux apprenants qu’à des publics moins spécialisés, les scolaires notamment, pour les intéresser aux métiers de la pharmacie et du médicament, un secteur particulièrement dynamique dans la vallée du Rhin supérieur. L’équipement représente également « un support unique pour nos clients », souligne Laurence Higginson.

L’audace du partenariat public-privé

Les premiers stagiaires ont entamé leur immersion dans l’usine-école. Ils étudieront les métiers de la production pharmaceutique et biopharmaceutique, ceux des fonctions support comme le contrôle qualité, le bionettoyage et la maintenance, les métiers émergents de la régulation énergétique industrielle… Pour l’université et ses partenaires industriels, l’heure est aux derniers réglages du programme de formation et des équipements. Ceux-ci ont commencé à produire début septembre, dans le cadre des premières sessions de formation. Trois principaux types de process seront traités : bioproduction, formes liquides et formes sèches. Près de 1 million d’euros de matériel a été installé par Sartorius Stedim, un groupe franco-allemand spécialisé dans les équipements matériels et consommables de la pharmacie biotech. « C’est une vitrine pour nous. Les stagiaires vont être formés sur nos produits », se réjouit Dominique Michaud, le directeur France de Sartorius (1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires). L’ambition de l’Ease est de former 4 000 apprenants par an, dont les trois quarts en formation continue et en reconversion. Une résidence de 200 chambres a été adjointe à l’usine-école, de façon à faciliter l’hébergement des alternants.

Damien Weltzer ne cache pas que la proximité immédiate de l’Ease est un atout précieux pour Lilly. Laurence Higginson reconnaît une « fierté », en raison du potentiel d’attractivité que représente cet outil pour la métropole strasbourgeoise. Et si aucun industriel n’a fait part, pour l’instant, de son intention de s’implanter dans la région, l’audace du partenariat public-privé qui a abouti à la création de l’usine-école est saluée par tous. 

L’Europe dans le viseur

« La principale difficulté de la formation des opérateurs en salle blanche est l’impossibilité de les faire intervenir sur les lignes en fonctionnement. Les formations sont concentrées sur les périodes d’arrêt », explique Damien Weltzer, le DRH de Lilly à Fegersheim (Bas-Rhin). L’European aseptic and sterile environment training center (Ease) d'Illkirch, accessible toute l’année, représente une solution à ces problèmes. Sans oublier l’autre richesse de l’usine-école : « Il s’agit d’un outil unique pour apprécier nos équipements dans un contexte réel, confie Laurence Higginson, le responsable de l’agence Est de DencoHappel. Nous pourrons augmenter les compétences et l’employabilité des personnes formées ici. » L’équipement s’adresse à un marché beaucoup plus large que celui des industriels régionaux. Dans la région du Rhin supérieur, on dénombre 600 entreprises dans le secteur pharmacie et médicament, employant environ 50 000 salariés. Mais la zone de chalandise de l’usine-école s’étend sur l’Europe entière. 

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