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Syrlinks, l'entreprise bretonne qui a permis la communication avec Philae

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La PME basée à Bruz (Ille-et-Vilaine) a fabriqué les quatre modules de communication de Rosetta et Philae. Le Centre national d'études spatiales travaille avec Syrlinks depuis quinze ans.

Syrlinks, l'entreprise bretonne qui a permis la communication avec Philae
Le module de communication entre Rosetta et Philae conçu par Syrlinks
© Syrlinks

"Quand Philae a du tourner vendredi 14 novembre pour recevoir plus de lumière, il a été commandé par notre module", raconte, pas peu fier, Guy Richard, PDG de Syrlinks. Cette PME de Bruz (Ille-et-Vilaine), qui emploie 41 salariés, a conçu et fabriqué les systèmes de communication sans fil qui relient la sonde Rosetta au robot Philae. Sans les solutions Syrlinks, nous n'accèderions ni aux données, ni aux images de la mission qui espère dévoiler les origines de notre système solaire.

L'entreprise est spécialisée dans la production d'équipements de radiocommunication et de positionnement pour trois secteurs: la défense, la sécurité à la personne et le spatial. Ce dernier représente la moitié de son chiffre d'affaires qui s'élevait à 3,5 millions d'euros en 2013.

Le Centre national d'études spatiales (Cnes) a chargé Syrlinks de réaliser un lien radio entre l'orbiteur et l'atterrisseur de la mission Rosetta. "Ils possèdent chacun deux modules: l'un pour émettre, l'autre pour recevoir", précise Guy Richard. Ce lien invisible a permis de contrôler la descente de Philae sur la comète Tchouri, de prendre des images de celle-ci et de transmettre les informations recueillies par les dix instruments qui équipent Philae pour faire des mesures en surface. Ce n'est pas tout. Les systèmes Syrlinks télécommandent Philae. "On lui envoie des commandes pour se déplacer ou on lui pose des questions: est-ce que le panneau solaire est déployé? Et il nous répond", illustre le PDG.

En collaboration avec le Cnes depuis quinze ans

Syrlinks ne s'est pas intéressé à la radiocommunication par hasard. "Le bassin rennais est reconnu pour ses compétences dans ce domaine, rappelle Guy Richard. Notre innovation est d'avoir su adapter des composants de la technologie grand public comme ceux de la télévision numérique pour des applications spatiales." L'autre challenge? Veiller à la résistance des modules au vieillissement, aux radiations et à la température. "Nous avons développé un processus de qualification des produits avec le Cnes", souligne Guy Richard. Syrlinks a fait preuve de créativité en miniaturisant et en fabriquant des produits basse consommation.

Le Cnes, qui travaille avec Syrlinks depuis quinze ans, utilise les solutions de la PME pour d'autres missions spatiales consacrées à l'observation des cycles du soleil, de l'océan et de la végétation. "Nous exportons aussi des modules vers le Vietnam et l'Indonésie", assure Guy Richard. Philae, lui, a épuisé son énergie solaire samedi 15 novembre. Mais Guy Richard reste confiant : "Quand il se réveillera dans quelques mois, on pourra à nouveau le commander et lui demander des informations."

Marine Protais

 

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