Surfer ou conduire, il va falloir choisir... ou pas

La plupart des constructeurs automobiles développent actuellement des offres d'accès à Internet pour leurs véhicules. Selon Simon Chignard, directeur commercial de Kerlink, le plus gros enjeu n'est pas technique. Mais il consiste à bien prendre en compte la gestion de l'attention des conducteurs.

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Surfer ou conduire, il va falloir choisir... ou pas

L'avenir de l'automobile se joue-t-il sur le Web ? En complément de ses efforts pour moderniser les systèmes de navigation GPS, le constructeur allemand BMW vient d'annoncer la commercialisation en France d'une option « internet illimité » pour toute sa gamme de véhicules (sauf la Se?rie 6). Cette nouvelle option, baptisée BMW Internet, est intégrée aux services de télématique embarquée ConnectedDrive de BMW et elle ne coûte « que » 90 euros (pour toute la dure?e de vie du ve?hicule et sans abonnement). A ce prix, les conducteurs pourront désormais utiliser leurs écrans de navigation pour « surfer » en illimite? sur Internet. À l'arrêt seulement (pour les places situées à l'avant du véhicule) ou en roulant (à l'arrière).

Les modems entrent dans les voitures

Les autres constructeurs automobiles ne sont pas en reste. Ford et Chrysler ont été parmi les premiers à se lancer dans la course, le premier avec son système Ford Sync (développé en partenariat avec Microsoft) et le second avec une option Uconnect (proposée en partenariat avec Autonet, un spécialiste des routeurs Wi-Fi embarqués). Depuis, les initiatives s'appuyant sur des réseaux Wi-Fi ou 3G / GPRS se multiplient. Début août, Audi, filiale de Volkswagen, s'est notamment associée à Marvell (un spécialiste des semi-conducteurs) et à Harman (un fabricant de systèmes de connectivité embarqués) pour ajouter une borne Wi-Fi à son Audi AB 2010. Intégrée sur une puce, ce « hospot » d'un genre nouveau devrait s'appuyer sur la connectivité mobile du véhicule pour proposer un accès Internet à tous les passagers.

De son côté, Onstar, filiale de General Motors spécialisée dans la télématique embarquée, développe elle aussi à grande vitesse son système de communication embarqué. Etroitement partenaire de Google, dont elle utilise le système Android et l'outil de cartographie Google Maps, la firme devrait même, si l'on en croit la presse américaine, proposer très prochainement à ses usagers un système innovant de reconnaissance vocale permettant d'actualiser son profil Facebook tout en conduisant.

De nouvelles interfaces vocales pour ne pas perturber l'attention

« Un système prometteur », selon Simon Chignard, directeur commercial de Kerlink, un spécialiste français des systèmes communicants embarqués pour les transports, qui souligne que « la vraie difficulté pour les constructeurs automobiles n'est plus dans la connectivité ». En fait, « les constructeurs savent, même s'il n'y a pas d'interdiction claire pour l'instant, qu'ils doivent répondre à la demande de connexion Internet des automobilistes en faisant en sorte que cela ne viennent pas vraiment perturber leur attention », précise-t-il. Dans un contexte où les usages au volant de terminaux GPS ou d'iPad se multiplient, pour la cartographie routière notamment, chacun devrait donc « essayer de reprendre la main en développant des systèmes fonctionnant sans écrans ».

« Le service d'Onstar, qui devrait s'appuyer sur une interface de reconnaissance vocale en entrée et une interface de synthèse vocale en sortie, va dans cette direction », d'après ce spécialiste. Il ajoute qu'un système de ce type trouverait tout son sens avec le nouveau système de « priorisation » des e-mails de la messagerie Gmail : « Lorsque vous recevrez un message de l'un de vos correspondants classés comme important, le système devrait vous le lire par l'intermédiaire d'un moteur de reconnaissance vocale et vous pourrez y répondre via la synthèse vocale ».

Reste qu'à mesure que se développent les systèmes électroniques embarqués, comme les systèmes de navigation GPS ou les régulateurs de vitesse, « on voit apparaître des doutes sur les perturbations de l'attention qu'ils sont susceptibles d'occasionner », conclut-il. La même contrainte devrait s'appliquer aux connexions Internet. Et forcer les constructeurs à avancer leurs pions avec prudence.

Christophe Dutheil

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((photo))
ConnectedDrive
© BMW AG


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