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Suresnes célèbre le passé industriel et social de la banlieue parisienne

Cécile Maillard ,

Publié le

Le Musée d’histoire urbaine et sociale qui ouvre ce week-end à Suresnes (92), rend hommage au passé industriel de cette ville de l’ouest parisien, et à sa cité-jardins, superbe réalisation d’urbanisme social des années 20.

Suresnes célèbre le passé industriel et social de la banlieue parisienne © Tiphaine LANVIN

Au siècle dernier, chaque matin, des milliers d’ouvriers venus en train de la capitale traversaient le hall du bâtiment de briques rouges pour descendre vers les berges de la Seine, où se concentraient les usines de Suresnes. Aujourd’hui transformée en Musée d’histoire urbaine et sociale (MUS), la gare de Suresnes-Longchamp voit défiler d’autres travailleurs, cadres et employés de la Défense, et d’autres wagons, ceux de la ligne T2 du tramway de l’ouest parisien. Les fenêtres du musée donnent directement sur le quai, invitation à la visite.

A la fin du XIXe siècle, Suresnes, posée en bordure ouest du bois de Boulogne, s’industrialise à une grande vitesse. Après les blanchisseries et teintureries, grandes consommatrices d’eau, attirées par la Seine, arrivent de Paris des industries plus polluantes. Métallurgie, chimie, pharmacie, papeterie, mécanique… En 1872, la commune compte 19 entreprises sur ses berges. Elle accueille ensuite les usines des avions Blériot, la Radiotechnique qui sera reprise par Philips, les automobiles Darracq, les parfums Coty, Worth, Volnay…

Le maire Christian Dupuy se régale du glorieux passé industriel de sa ville : "Pendant la Première guerre mondiale, il se construisait entre 5 et 10 avions Blériot par jour. Ils traversaient la Seine et décollaient de l’hippodrome de Longchamp, directement pour le front…". Il souligne que l’aéronautique, et plus largement l’industrie, sont toujours présentes à Suresnes : "la ville accueille le plus grand centre de recherche d’EADS en Europe et le siège social d’Astrium. Et c’est sur l’emplacement de ses anciennes usines de production que Philips a regroupé le siège de ses sociétés France".

Le MUS, après avoir évoqué le village viticole des origines et le Mont-Valérien, retrace ce passé industriel. Depuis le début du XXe siècle, municipalité et collectionneurs locaux, dont un industriel, accumulent objets, affiches, documents. Seule une partie de la collection est aujourd’hui montrée aux visiteurs, la conservatrice puisera dans les réserves pour renouveler régulièrement les objets exposés. Les amateurs d’histoire industrielle pourront admirer la maquette d’un avion Blériot en noyer et métal, qu’aurait confectionnée Louis Blériot lui-même vers 1924, utilisée pour les tests de soufflerie ; de superbes boîtes de métal blanc de la biscuiterie Olibet, des flacons de parfums, ou encore un poste de téléviseur "Pamplemousse" de Philips, Oscar du design en 1969.

Un étage entier du musée est consacré au maire emblématique de Suresnes de 1919 à 1941 : Henri Sellier, également ministre de la Santé publique du Front Populaire. L’essor industriel a attiré dans la ville, comme dans toute la banlieue parisienne, des milliers d’ouvriers qui se sont longtemps entassés dans des taudis. Henri Sellier, conseiller général de la Seine et fondateur de l’Office public des Habitations à bon marché (HBM), décide de construire autour de Paris une ceinture de logements sociaux inspirés des "garden cities"anglaises. Des bâtiments de qualité, où cadres et ouvriers se mélangent, dans un quartier doté d’équipements publics notamment de santé, dans un souci hygiéniste. Quinze cités-jardins sont construites en région parisienne, dont une à Suresnes. Le musée retrace sa genèse, expose des objets venus de ses écoles et des photos d’autres réalisations sociales d’Henri Sellier, comme l’incroyable école de plein air… (voir le diaporama ci-dessous).

Un parcours fléché depuis le musée permet de rejoindre à pied la cité-jardins, bel exemple d’urbanisme social, toujours habité.

Cécile Maillard

galerie photo Usine

En pratique

Journées portes ouvertes gratuites ces samedi 8 et dimanche 9 juin de 10 heures à 18 heures.
Puis du mercredi au dimanche de 14 à 18 heures. 3,50 €, gratuit pour les moins de 26 ans.

MUS, 1, place de la gare de Suresnes Longchamp.
Tramway T2, station Suresnes-Longchamp, ou train depuis Paris Saint-Lazare, station Suresnes-Mont-Valérien.
Tél : 01 41 18 37 37
Site Internet

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