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Surcapacités, le challenge du marché automobile

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Les constructeurs automobiles européens en ont fait la priorité numéro 1 pour 2012. Ils souhaitent diminuer leurs capacités de production pour sauver un marché automobile en berne.

Surcapacités, le challenge du marché automobile © D.R.

Surcapacités (overcapacity en anglais), le terme revient avec insistance dans le secteur automobile depuis le début de l’année. Et sur le dernier Salon de Genève 2012, les dirigeants des grands constructeurs mondiaux ont pointé ce problème comme l’une des urgences du secteur.

En prenant comme base deux équipes, l’industrie automobile européenne produirait chaque année 3 millions de véhicules en trop. Le président de Fiat, Sergio Marchionne, se montre encore plus sévère : il estimait à Genève que les surcapacités atteignent aujourd’hui 20% de la production européenne totale. Les constructeurs cherchent donc à adapter leur production à la demande européenne.

L’année dernière, 13 605 302 véhicules ont été écoulés sur le marché européen et en 2012, les prévisions ne sont pas meilleures. La barre des 13 millions devrait péniblement être atteinte, à comparer aux 15 millions de voitures écoulées en 2007. En résumé, dans un marché européen arrivé à maturité et en berne, les constructeurs devront faire en 2012 ce qu’ils n’ont pas fait en 2008 : adapter leur outil industriel à la demande.

Différents analystes voient dans le thème des surcapacités une conséquence directe de la crise de 2008. Tandis que les constructeurs américains réduisaient la voilure (13 usines ont disparu aux Etats-Unis depuis 4 ans), les Européens ont conservé presque tous leurs sites de production, grâce au soutien des gouvernements européens, via les systèmes de primes à la casse.

"Pendant la crise, des équipementiers ont disparu, ce qui a fait de la place. Ils ont aussi réduit des coûts et fermé les usines. En revanche, aucun constructeur n’a disparu, aucun constructeur n’a fermé d’usines", soulignait récemment le PDG d’un équipementier.

Mauvais calcul

Trois constructeurs apparaissent aujourd’hui plus exposés : Fiat, Opel et PSA Peugeot Citroën. Le directeur industriel du groupe français a affirmé à Genève que PSA s’y attaquerait "sur les 18 à 24 mois à venir".

Même son de cloche du côté de General Motors, le nouveau partenaire du Français. "Chaque constructeur doit se saisir de ce problème, d’une manière qui soit acceptable socialement parlant, pour les gouvernement et aussi pour le tissu industriel. J’ai fait partie de l’équipe qui a restructuré aux Etats-Unis, c’est un travail très dur. Mais nous l’avons fait et nous allons le faire ici aussi", expliquait le directeur des opérations internationales de General Motors Timothy Lee.

Une demi-douzaine de sites serait aujourd’hui sur la sellette, dont l’usine PSA Peugeot Citroën d’Aulnay-sous-Bois. Si du côté des constructeurs, la baisse des effectifs, voire la fermeture de sites, semble actée, certains analystes restent sceptiques. Le chercheur du Gerpisa Bernard Jullien rappelait récemment que la mesure des surcapacités n’était ici que quantitative, sans prendre en compte la qualité de la production ou les liens entre productions européenne et internationale.

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