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Sur son salaire, Pierre Gattaz joue la transparence, pas forcément la cohérence

Christophe Bys , , ,

Publié le

Analyse En augmentant de 29 % son salaire variable, Pierre Gattaz, le PDG de Radiall, est-il en contradiction avec Pierre Gattaz le président du Medef qui appelle à la modération salariale et à l’exemplarité patronale ? Non, répond le président sur son blog suite aux informations publiées par le Canard Enchaîné. Reste que la communication du président du Medef n’est pas totalement cohérente avec ses déclarations à L’Usine Nouvelle. 

Sur son salaire, Pierre Gattaz joue la transparence, pas forcément la cohérence © Pascal Guittet

"On ne peut pas demander des efforts aux salariés et ne pas se l’appliquer à soi-même. Les patrons de PME et d’ETI que nous représentons le font naturellement", nous disait Pierre Gattaz dans le numéro du 1er mai de L’Usine Nouvelle en parlant de la question des salaires. Sauf que…

Le Canard Enchaîné du 6 mai révèle qu’en tant que président de Radiall, Pierre Gattaz ne serait pas aussi modéré qu’il le prétend. Le journal satirique indique ainsi que "l’an dernier, le coût salarial par employé français du groupe a royalement augmenté de 3 % […] Le big boss de Radiall s’est octroyé, l’an dernier, une rallonge de 29 % (bonus compris) et a augmenté de 21 % les cinq membres de son conseil exécutif et stratégique." 

Lors de son intervention télévisée ce mardi 6 mai, le président de la République François Hollande a réagi à ses informations. "Il y a un moment où chacun doit être responsable : on ne peut pas demander la baisse du Smic, voire sa suppression, et en même temps considérer qu'il n'y a pas de salaire maximum", a déclaré le président de la République, rappelant les précédentes déclarations de Pierre Gattaz sur le Smic.

102 000 euros en 2013

Face au début de polémique, Pierre Gattaz a répondu sur le blog qu’il a ouvert le 29 avril dernier. Le président du Medef rappelle d’abord que "la plupart des chiffres, notamment [sa] rémunération, sont dans les rapports financiers annuels de Radiall, qui sont publics et se trouvent en ligne".  S’il confirme que les salaires ont bien augmenté de 3 %, Pierre Gattaz souligne que l’intéressement des salariés en 2013 a augmenté de 67 % par rapport à 2012.

Sauf qu’en ne donnant que les pourcentages et non les valeurs touchées, il est difficile d’estimer la réalité de l’augmentation… Dans son argumentation, le président de Radiall enchaîne avec le bonus indexé sur la croissance qu’il perçoit, "comme d’autres cadres dirigeants de Radiall". Pierre Gattaz a ainsi touché 102 000 euros en 2013. En 2012, ce bonus était de 14 000 euros, et de 58 400 euros en 2011. Il a été nul en 2008, 2009 et 2010. 

"Modérer [sa] rémunération par solidarité [...]"

En juxtaposant, ces deux paragraphes, le président du Medef rapproche les éléments de salaire variable, qu’ils concernent les salariés ou les cadres dirigeants. L’objectif est de montrer que tout le monde est à la même enseigne dans l’entreprise.

"Ainsi, quand j’ai parlé de 'modération salariale', j’avais précisé qu’elle devait se comprendre en fonction de la situation de l’entreprise.  […] Appliquer la modération salariale revient donc à limiter (relativement) l’augmentation des salaires, mais à privilégier des outils comme la participation, l’intéressement et les bonus. Pourquoi ? Parce qu’une augmentation salariale charge la ligne de flottaison de l’entreprise de manière mécanique sans espoir d’allègement.  L’intéressement (comme les bonus des dirigeants) permet de distribuer les bonnes années (donc d’associer les salariés) et de faire des efforts les moins bonnes années (comme en 2008, 2009, 2010)", décrypte Pierre Gattaz. Une manière pour le patron des patrons d’écrire qu’il fait ce qu’il dit et qu’il dit ce qu’il fait.

Pourtant, dans l’interview qu’il nous avait accordé, il estimait que les patrons des grands groupes internationaux devaient "modérer leur rémunération par solidarité parce qu’ils sont à la tête d’un groupe français et parce que l’on demande des efforts à nos concitoyens."  Et il ajoutait : "Parfois leurs activités en France ne sont pas en grande forme alors qu’ils ont de bonnes performances à l’international." Donc même avec de bonnes performances globales, ils étaient, eux, priés de se modérer.

Une justification maladroite

Pas sûr que Pierre Gattaz, PDG de Radiall, une entreprise qui réalise une partie de son activité auprès de Boeing, ait suivi les préconisations de Pierre Gattaz, président du Medef. Une fois encore, le président du Medef, apparaît maladroit, créant, par des propos dont il a la totale initiative, un charivari qu’il semble ne pas avoir anticipé.

Ce faisant, il se trouve obligé d’entrer dans un long discours de justification qui ne peut que brouiller son message initial. Même si sa rémunération globale de 420 000 euros est très loin des sommes astronomiques des patrons du CAC 40

Christophe Bys

Le rapport financier de Radiall (2013) :

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