Sur Netflix, "Brews Brothers" ou le quotidien pas si glamour d'une micro-brasserie en quête de clients

Gestion des drèches, intérêt de grands groupes de brasserie… La série "Brews Brothers" diffusée sur Netflix questionne, avec humour, le travail des micro-brasseurs.

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Sur Netflix,
Chuy, l'un des employés de la brasserie au centre de la série Brews Brothers, est peu respectueux de l'hygiène alimentaire...

En France, les ventes de bière ont perdu 35 % depuis le début du confinement et la mise à l’arrêt des ventes pour consommation sur place (cafés, bars, restaurants, festivals...). Les frères qui dirigent la Rodman's Brewing Company, dans une ville inconnue des Etats-Unis, ne s'en seraient pas remis. Ce brewpub (pub brassant sa propre bière) constitue le lieu central de "Brews Brothers", une série comique américaine disponible depuis le 10 avril sur la plateforme de vidéo à la demande Netflix.

Au cours des huit épisodes d’une demi-heure chacun – ce qui permet de les ingurgiter en une soirée (... à condition ne de pas trinquer à chaque générique) – les beer geeks pourront retrouver les éléments incontournables de leur univers : la gestion d’une PME, la recherche d’un distributeur, les concours de brassage, mais aussi les propositions de rachat d’un grand groupe qui finissent par engendrer des divergences de vues dans l’équipe.

Lorsque Adam Rodman (Mike Castle) rejoint Wilhelm Rodman (incarné par Alan Aisenberg) rejoint dans sa microbrasserie en échec financier – surcapacitaire, avec trop peu de clients au bar et de débouchés –, il s’impose malgré la brouille qui opposait les deux frères à l’adolescence. Ils avaient pourtant remporté l’un des plus importants concours de brassage de leur région, avant que leurs chemins ne se séparent. Alors qu’Adam a préféré se perfectionner sur le terrain, Wilhelm a enchaîné les diplômes et obtenu une certification Cicerone, un titre destiné aux professionnels des boissons et de l’hôtellerie-restauration qui fait autorité dans le secteur. Il n’hésite pas à réprimander un client qui, accoudé au comptoir, demande quelle bière se rapproche le plus d’une marque issue d’une brasserie industrielle… rappelant le débat, chez les beer geeks, sur la façon de faire connaître leur vision.

Un secteur qui gagne en professionnalisme

La professionnalisation du secteur est aussi questionnée, avec un ouvrier loufoque anciennement mécanicien automobile, et une serveuse – qui deviendra manager – qui va découvrir peu à peu les spécificités du secteur.

L’embauche d’un moine d’un monastère belge à l’issue d’un événement épique va permettre à la brasserie de gagner ses lettres de noblesse, même si l’entreprise a trouvé un distributeur en commercialisant une bière… contenant de l’urine. Une pratique qui contrevient aux règles d’hygiène de base, et qui vient ponctuer la lourdeur du texte et des blagues tout au long de la série. L’évacuation des drèches (les résidus de brassage) ou le questionnement de l’équipe sur le lancement d’une production de canettes (un emballage très apprécié des brasseurs artisanaux) permettent toutefois de revenir à la réalité industrielle et commerciale d’une brasserie.

Même si "Brews Brothers" n’a pas fait mousser l’enthousiasme des clients de Netflix à en croire les critiques, la série a néanmoins le mérite de s’intéresser à un segment de marché incontournable, et de rappeler que la fabrication de la bière est avant tout une affaire d’entrepreneurs.

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