L'Usine Santé

Sur le marché de l’esthétique, l’industrie française garde son éclat

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Sa croissance est certes moins insolente mais le marché mondial de l’esthétique médicale continue d’attirer les industriels français. Dans les prothèses mammaires ou les toxines botuliques, ils doivent faire face à la concurrence du géant américain Allergan.

Sur le marché de l’esthétique, l’industrie française garde son éclat © Shiseido

Du 30 janvier au 2 février, chirurgiens plasticiens et industriels de l’esthétique médicale se pressent à Paris, à l’occasion du congrès mondial de l'Imcas (International Master Course on Aging Skin). Entre les produits injectables (toxines botuliques et produits de comblement), les équipements à base d'énergie (laser, ultrasons), les prothèses mammaires et les cosméceutiques anti-âge (la cosmétique active), le marché mondial de l'esthétique médicale se porte toujours bien. La croissance (7,3% en 2013) devrait se maintenir entre 2014 et 2018. Une petite mine, malgré tout, comparé aux 10% de croissance enregistrés en 2012, et espérés pour 2013.

Sur le marché des prothèses mammaires, l’affaire PIP oubliée

Sur ce marché de 4,6 milliards d'euros, c’est toujours les Etats-Unis qui mènent la danse, avec 45% du marché. Suivent l'Asie (21%) et l'Europe (18%). Affecté par la crise, le Vieux Continent devrait voir une croissance annuelle limitée à 3,1% entre 2014 et 2018. Cela n’empêche pas l’industrie française de se montrer "extrêmement dynamique et très présente dans tous les domaines sauf celui des équipements à base d’énergie", relèvent les experts de l’Imcas. En effet, "si dans le dans le monde il existe seulement une quinzaine de fabricants de prothèses mammaires, trois sont basés en France, un en Allemagne, deux aux USA, deux en Corée du Sud et deux au Brésil." Dans le secteur, l’affaire des implants mammaires au gel frelaté du fabricant varois PIP, condamné en décembre dernier, semble enfin oubliée.

Des Français tentent de détroner le Botox

Chez les produits injectables, si le célèbre Botox est la propriété du laboratoire américain Allergan, il ne faut pas oublier qu’"une des premières toxines botuliques utilisées en esthétique a été développée par un laboratoire français : Ipsen", rappelle-t-on à l’Imcas. Allergan dispose encore malgré tout de 64% de ce marché dans l’Hexagone, avec la marque Vistabel (le nom commercial pour les indications en chirurgie esthétique du Botox). "La concurrence nous a stimulés, confie Paul Navarre, président Europe, Moyen-Orient et Afrique d’Allergan. Notre rôle est d’agrandir le marché et d’utiliser l’innovation pour développer de nouvelles indications." C’est d’ailleurs dans l’Hexagone, à Pringy (Haute-Savoie), qu’Allergan fabrique ses produits de comblement des rides Juvéderm pour le monde entier.

Consolidation dans la cosméceutique

Mais le géant américain (6 milliards de dollars de chiffre d'affaires, avec des activités dans l’ophtalmologie et les prothèses mammaires) doit aussi compter sur la concurrence de Galderma - joint-venture entre le français L’Oréal, leader mondial des cosmétiques, et le géant suisse de l’agroalimentaire Nestlé. Galderma monte en puissance dans le rajeunissement facial intégrant produits de comblement et toxines botuliques.

Dans les cosméceutiques - un secteur en forte croissance dans lequel se multiplient les acquisitions -, les Français comme Skinceuticals (filiale de L’Oréal), Vivacy et Filorga connaissent aussi un succès grandissant avec une présence mondiale. Même si certains pays, comme la France, interdisent encore la vente de ces produits par les médecins, notamment ceux à visée esthétique.

Gaëlle Fleitour

Concurrence coréenne dans les toxines botuliques

Si la France est bien placée dans le panorama mondial de l’industrie de l’esthétique médicale, gare à la concurrence asiatique. Car l’Asie, qui tire la croissance du marché, est également pourvoyeuse de grands fabricants. C’est le cas de la Corée du Sud, "extrêmement dynamique en particulier dans le domaine pharmaceutique des toxines puisque sur sept fabricants mondiaux, trois sont basés dans ce pays", relèvent les experts de l’Imcas.

 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte