L'Usine Energie

Sur le campus de Polytechnique, Greenpeace manifeste contre le futur bâtiment de Total

Simon Chodorge , , , ,

Publié le , mis à jour le 12/03/2020 À 13H01

[ACTUALISÉ] L'installation de Total sur le campus de Polytechnique fait toujours polémique et, cette fois, les ONG s'en mêlent ! Le 12 mars, trois associations écologistes (dont Greenpeace) manifestent dans l'école pour dénoncer le projet du groupe pétrolier. Total a répondu aux critiques.

Sur le campus de Polytechnique, Greenpeace manifeste contre le futur bâtiment de Total
Selon Greenpeace, 60 personnes ont manifesté contre l'installation de Total sur le campus de l'école Polytechnique.
© Jérémie Jung / Greenpeace

Les associations écologistes chahutent la réunion entre Polytechnique et le PDG de Total. Jeudi 12 mars, Patrick Pouyanné s’est rendu à la prestigieuse école d’ingénieur pour un conseil d’administration en qualité de “personnalité qualifiée”. Sur le campus de Saclay (Essonne), un projet d’implantation du groupe pétrolier fait polémique.

Un projet polémique approuvé en 2018 par le conseil

Greenpeace, les Amis de la Terre et Action Climat ont manifesté dès 8h45 dans l’enceinte de l’école en déployant des banderoles. “Total : main basse sur Polytechnique”, peut-on lire sur l’une d’entre elles. Selon un décompte des associations, 60 personnes ont manifesté contre le projet d’implantation d’un bâtiment de la direction Recherche et innovation de Total qui doit ouvrir en 2022 et qui sera dédié aux énergies bas carbone.

Les élèves de Polytechnique n'ont pas attendu les ONG pour s'interroger sur ce projet. Approuvé par le conseil d’administration en 2018, il suscite une forte opposition chez les étudiants depuis décembre 2019. “Lors d’un vote organisé par les représentants des élèves, 61 % des élèves se sont prononcés contre le projet de bâtiment”, fait valoir le site “Polytechnique n’est pas à vendre” qui regroupe les arguments contre le projet d’installation de Total.

(Les militants ont parodié la devise de Polytechnique en faisant référence au PDG de Total, Patrick Pouyanné. Crédit : Jérémie Jung / Greenpeace)

“Un cheval de Troie de la multinationale du pétrole”

“Ce bâtiment sponsorisé par Total est clairement un cheval de Troie de la multinationale du pétrole dans une école où sont, entre autres, formés les futurs décideurs de la politique énergétique française et futurs cadres de l’industrie”, dénonce de son côté dans un communiqué la chargée de campagne pétrole chez Greenpeace France, Edina Ifticène. Outre le projet de bâtiment, les opposants dénoncent le financement d’une chaire de recherche intitulée "Défis technologiques pour une énergie responsable" par Total.

En parallèle, l’école Polytechnique multiplie les réunions d’information avec les étudiants pour débloquer le projet. Interrogée par L’Usine Nouvelle, la direction de l’établissement mettait en valeur les travaux de Total dans les énergies décarbonées et soulignait la présence d’autres entreprises privées sur le campus comme Thales et EDF.

"Nous respectons la liberté académique", assure Total

Contacté par L’Usine Nouvelle, Total se défend également des accusations lancées par les organisations écologistes. “Nous respectons évidemment l’autonomie et la liberté académique des institutions et des communautés scientifiques avec lesquelles nous nouons des partenariats”, insiste une porte-parole du groupe.

Total “a choisi Saclay parce que le cœur de sa R&D est en France et que Paris-Saclay est l’un des meilleurs pôles d’innovation au monde”, ajoute l’entreprise en parlant d’un projet “stratégique”.

Des “investissements minimes dans les énergies renouvelables”

Hasard de calendrier, Total a annoncé le jour de la manifestation la construction d’un projet de stockage d’énergie par batteries à Dunkerque (Nord). Un investissement de… 15 millions d’euros. Les associations risquent de rester sceptiques sur la transition énergétique de Total.

“La multinationale met en avant ses investissements dans les énergies renouvelables alors que le cœur de son modèle économique réside dans les hydrocarbures”, rétorque la chargée de campagne climat et acteurs publics des Amis de la Terre France. Selon elle, le pétrole et le gaz représentaient toujours 90 % des investissements du groupe français en 2019.

Philippe Sauqet, directeur gaz, renouvelables et électricité chez Total a indirectement répondu à ces critiques en s'exprimant sur le projet de stockage d'énergie par batteries. Selon lui, Total investit 1,5 à 2 milliards d’euros par an dans l’électricité bas carbone (éolien, solaire et gaz qui reste une énergie fossile). "Quand on est dans un groupe comme Total, on nous dit ‘Mais vous investissez 15 à 16 milliards par an, donc 1 à 2 milliards ce n'est rien pour vous !’. Sauf qu'avec 1 à 2 milliards par an, nous sommes parmi les plus gros acteurs au niveau mondial dans les renouvelables", estime le directeur, cité par France 3 Régions.

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