L'Usine Energie

Sur Fessenheim, "Don Royal de la Mancha" refuse la défaite

Ludovic Dupin

Publié le

Ségolène Royal assure que le décret de fermeture de Fessenheim sera publié avant la fin du quinquennat dans moins d’un mois. Pourtant, la décision de conseil d’administration d’EDF affirme le contraire.

Sur Fessenheim, Don Royal de la Mancha refuse la défaite © Pascal Guittet

Sans se dépareiller de son panache vert, Ségolène Royal, ministre de l’environnement, a décidé de continuer la bataille contre les moulins à vent d’EDF, quand bien même le combat est perdu depuis longtemps. S’étant donné la lourde tâche d’être le chevalier qui portera la promesse de François Hollande de fermer la centrale de Fessenheim, elle ne faiblit pas malgré la terrible estocade reçue le 6 avril par le conseil d'administration de l'électricien.

"La fermeture de Fessenheim est déclarée irréversible par le conseil d’administration d'EDF. Sortir du tout nucléaire c'est fait. Le décret sera pris ces jours-ci", twittait-elle jeudi 6 avril. Le lendemain matin, interrogée sur RTL, elle insiste : "Je considère que la décision du conseil d'administration vaut demande (de mise à l’arrêt de la centrale) et ce décret sera pris avant la fin du mandat. Je l'ai d'ailleurs déjà mis en rédaction".

 

 

Sauf que non… Le décret ne peut paraître qu’après qu’EDF a fait la demande d’abrogation d’exploitation de la centrale de Fessenheim. Or le conseil d’administration a soumis cette demande à plusieurs conditions. La principale est qu’elle ne sera faite par le PDG de l’entreprise que six mois avant la mise en service de l’EPR de Flamanville, soit au mieux mi-2018. Consciente de cela, Cécile Duflot n’a d’ailleurs pas hésité à accuser la ministre Ségolène Royal de mensonge.

 

 

En réalité, ce sera tout simplement au futur locataire de l’Elysée de prendre une décision finale sur Fessenheim, sachant que toutes les conditions sont désormais réunies pour trancher. Benoît Hamon (PS), Emmanuel Macron (En Marche) et Jean-Luc Mélenchon (LFI) y sont favorables. François Fillon (LR) et Marine Le Pen (FN) reviendraient sur cette décision.

 

 

Du côté des syndicats, on insiste sur la défaite de la ministre. Dans un communiqué, la CFDT explique : "Le conseil d'administration d’EDF, réuni hier, a pris la décision de ne pas fermer la centrale de Fessenheim en 2017. Malgré les pressions exercées dans les médias par la ministre sur les administrateurs indépendants, ceux-ci ont rejeté le texte initial qui leur était soumis".

LA CFE-CGC tempère un peu : "Le Conseil d’administration a adopté ce jeudi 6 avril 2017 une délibération prévoyant la fermeture irréversible et inéluctable de la centrale nucléaire de Fessenheim mais en la conditionnant. Cette décision est la moins mauvaise option, même si pour la CFE Energies, le Conseil d’administration aurait dû refuser de voter cette délibération et ne pas céder au chantage inacceptable de l’Etat".

 

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