Supercalculateurs : l’UE veut devenir leader mondial

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L’Europe possède de sérieux atouts pour devenir numéro un des supercalculateurs, estime la Commission européenne. Elle recommande donc de multiplier par deux les investissements des états membres et industriels dans ce domaine d’ici 2020. La France est déjà en bonne position sur se secteur. Elle dispose du plus puissant supercalculateur européen.

Supercalculateurs : l’UE veut devenir leader mondial © CEA

L’Union Européenne doit doubler ses investissements dans le domaine des supercalculateurs afin de rester dans la course à l’innovation.  Tel est le message que la Commission européenne fait passer des auprès états membres et des industriels. "Le calcul à haute performance constitue un facteur clé pour les entreprises européennes et pour la création d'emplois en Europe", a déclaré Neelie Kroes, vice-présidente de la Commission chargée de la stratégie numérique.

D’ici 2020, l’UE doit devrait donc investir 1,2 milliard d'euros par an dans le secteur du calcul à haute performance (CHP), notamment en déployant des supercalculateurs capables de traiter 1 milliard de milliard d'opérations par seconde. Ce chiffre est aujourd’hui de 630 millions. "La moitié de ces investissements serait également destinée au développement et à la formation ainsi qu'à de nouveaux centres d'excellence, ce qui permettra de créer des milliers d'emplois", précise  la Commission européenne.

Avec ce doublement des investissements, la Commission estime que l’UE est en mesure de devenir le leader du secteur. "Nous avons de nombreux atouts comme par exemple une expertise mondialement reconnue en ce qui concerne les logiciels scientifiques utilisés dans le cadre du CHP. C’est un avantage que nous devons exploiter", explique à L’Usine Nouvelle, Constantin Glinos, chef de l’unité en charge du CHP à la Commission européenne. Autre atout : "Nous sommes le leader mondial en ce qui concerne les technologies à basse consommation électrique. Or, la performance énergétique est un des enjeux majeurs du secteur des supercalculateurs."

La Commission européenne n’apportera qu’une partie réduite des 1,2 milliard d’investissements qu’elle recommande. Elle pourra simplement apporter son soutien à certains projets. Depuis 2009, Bruxelles a ainsi investi 100 millions d’euros dans ce domaine, contre 630 millions chaque année pour les autres acteurs. Il s’agit donc surtout ici de donner le cap à suivre par les états membres et les industriels. Le marché des supercalculateurs est aujourd’hui essentiellement dominé par les États-Unis, la Chine et le Japon.

Le CHP : vital pour certaines industries

La Commission rappelle que le développement du CHP est une nécessité pour certaines industries. Il s’agit principalement de l’automobile, de l’aéronautique ou du secteur de la santé. "Le CHP a permis aux constructeurs automobiles de développer de nouveaux véhicules en 2 ans au lieu de 5, faisant ainsi économiser près de 40 milliards d'EUR à l'industrie automobile européenne", souligne Bruxelles. Autre exemple : des hôpitaux allemands ont recours au CHP pour diagnostiquer des maladies à un stade précoce grâce aux images en 3D du cerveau fournies par le supercalculateur, explique le Commission européenne.

En France, le Tera-100 du CEA est utilisé pour la simulation d’essais nucléaires. Le système CURIE est quant à lui dédié à la recherche scientifique dans des domaines tels que la climatologie, les sciences de la vie ou encore l’astrophysique.

Selon une récente étude d’IDC, 97 % des entreprises industrielles européennes recourant au CHP considèrent que celui-ci est indispensable à leur capacité d'innovation, leur compétitivité et leur survie.

La France : N°1 européen des supercalculateurs
Le marché des supercalculateurs est aujourd’hui dominé par les États-Unis, la Chine et le Japon. Selon le dernier classement mondial des plus gros supercalculateurs, publié sur Top500.org, le Japon possède le système le plus puissant. Baptisé "K", il est réalisé par Fujitsu et peut dépasser les 10 pétaflops (millions de milliards d’opérations par seconde). L’Europe arrive en 9e position avec un système français, le Tera-100 du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique), réalisé par Bull et qui avoisine les 1 pétaflop.  L’Hexagone devrait cependant rapidement grimper au classement avec le projet de Total qui va installer en 2012 un supercalculateur de 2,3 pétaflops à son Centre Scientifique et Technique Jean Féger, situé à Pau. Fin 2011, le GENCI (Grand Équipement National de Calcul Intensif), a également a bouclé l’installation du supercalculateur CURIE qui atteint les 2 pétaflops. Sa mise en service est prévue pour début mars 2012.
 

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1 commentaire

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17/02/2012 - 18h31 -

Il est intéressant de noter que l’étude IDC conseille au européens de s’écarter du matériel. Son titre « financer une infrastructure logicielle pour le CHP » est emblématique de la stratégie des USA : empêcher les européens de devenir leader dans le matériel. Et bien entendu les Américains le font avec l’aide des Européens, comme Total qui commande un supercalculateur américain et pas européen (avec l’argent qu’ils a pris aux automobilistes français) !!
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