Environnement

Suez s'engage à choyer ses actionnaires pour contrer le projet de rachat de Veolia

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Publié le , mis à jour le 22/09/2020 À 09H39

Suez a annoncé le 22 septembre une révision à la hausse des objectifs de son plan stratégique. Au coeur de ces modifications : la création de valeur pour les actionnaires.

Suez s'engage à choyer ses actionnaires pour contrer le projet de rachat de Veolia
Suez fait l'objet d'un projet de rachat mené par son concurrent Veolia. /Photo prise le 3 septembre 2020/REUTERS/Charles Platiau
© Charles Platiau

Suez a révisé à la hausse mardi 22 septembre les objectifs de son plan stratégique, lors d’une série d’annonces en forme de plaidoyer en faveur de l’indépendance du groupe face au projet de rachat porté par Veolia. Le spécialiste français de la gestion de l'eau et des déchets s’est engagé à doubler la valeur de son titre pour ses actionnaires d’ici à 2022, notamment à travers un dividende exceptionnel ou par des rachats d’actions. 

Suez promet des retours aux actionnaires

Les nouvelles ambitions de Suez reposent sur une accélération de son plan stratégique, avec un total de 4 milliards d’euros de cessions d’actifs visé dès début 2021, au lieu de 3 à 4 milliards à fin 2023 précédemment. L'entreprise vise également 1,2 milliard d’économies annuelles à l’horizon 2023, contre 1 milliard d'euros annoncés à l’automne 2019.

Suez indique que le retour à ses actionnaires pourrait atteindre au moins 2 milliards d’euros d’ici à fin 2022, dont 1 milliard environ au titre du dividende ordinaire - à 0,65 euro par action en 2021 et 0,70 euro en 2022 - auquel s’ajoutera au moins 1 milliard de dividende exceptionnel ou de rachats d’actions “dès que possible et au plus tard au premier semestre 2021”.

En complément, 1 milliard d’euros “pourrait venir renforcer les investissements dans la croissance organique et inorganique, en fonction des opportunités et en accord avec notre stricte discipline financière, ou faire l’objet d’une distribution extraordinaire”. Suez s’engage en outre à “amplifier” son actionnariat salarié sur les deux prochaines années.

Un "profil de croissance renforcé"

Suez vise un chiffre d’affaires supérieur à 16 milliards d’euros en 2021 et à 17 milliards en 2022 (contre 18 milliards en 2019), un résultat d’exploitation (Ebit) d’environ 1,35 à 1,50 milliard en 2021 et 1,7 milliard en 2022 (contre 1,4 milliard en 2019) et un résultat net récurrent par action compris entre 0,75 et 0,80 euro en 2021 et de 0,90 à 1,0 euro en 2022.

Le groupe a confirmé ses prévisions 2020 annoncées fin juillet. Il prévoit des investissements de croissance d’au moins 4,5 milliards d’euros de juin 2020 à décembre 2022, avec un renforcement dans ses métiers prioritaires et à forte croissance via “des opérations de croissance externe sélectives”, pour près de 1,5 milliard.

Il estime afficher désormais un “profil de croissance renforcé” à l’horizon 2022, avec notamment une rentabilité en hausse (progression de la marge d’Ebitda de 100 à 300 points de base), une nette amélioration de son retour sur capitaux employés (entre 6,5 % et 7 % en 2022 contre 4,9 % en 2019) et une génération de flux de trésorerie récurrente supérieure à 500 millions d’euros par an.

Suez veut s'adresser à "tous ses actionnaires"

Lors d'une conférence téléphonique, le directeur général Bertrand Camus a réitéré qu’il considérait l’approche de Veolia comme “hostile”. Le dirigeant a aussi estimé que le groupe devait s’adresser à “tous ses actionnaires” afin qu’ils disposent d’un “même niveau d’information” et bénéficient d’un “traitement équitable”.

L’addition de la croissance de l’Ebitda de Suez, des dividendes ordinaires et des dividendes exceptionnels ou des rachats d’actions envisagés représente “entre 12 et 13 euros par action de valeur supplémentaire pour les actionnaires d’ici 2022”, a de son côté précisé le directeur financier Julian Waldron. Lundi 21 septembre, l’action Suez a clôturé sur un cours de 14,835 euros. Il était stable mardi 22 septembre dans les premiers échanges.

Veolia a proposé fin août de racheter l’essentiel de la participation d’Engie dans Suez (29,9 % sur un total de 32 %) pour 15,50 euros par action, soit un montant de 2,9 milliards d’euros, avant de lancer une offre sur le reste du capital de son concurrent afin de créer un champion français du traitement de l’eau et des déchets. Le conseil d’administration d’Engie a mandaté son président Jean-Pierre Clamadieu pour obtenir de Veolia une offre de rachat améliorée tandis que Suez, qui s’oppose depuis le départ au projet de son rival, n’a pas été en mesure de proposer une alternative pour le moment.

Avec Reuters (Nicolas Delame, édité par Bertrand Boucey)

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