Suez et Renault coopèrent pour valoriser les métaux des véhicules en fin de vie

Depuis plus de vingt ans, Renault fait appel à Suez pour gérer ses déchets industriels. Avec l’entreprise nordiste Boone, ils ont franchi une étape de plus en s’alliant dans la récupération et la revente de métaux issus des véhicules hors d'usage (VHU). Plutôt que de payer un éco-organisme sans espoir de bénéfice, la majorité des constructeurs automobiles préfèrent contrôler la filière recyclage des voitures en fin de vie.

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Suez et Renault coopèrent pour valoriser les métaux des véhicules en fin de vie
Recyclage de véhicules hors d'usage à l'usine MetalImpex Iberica, à Palencia (Espagne)

Il faut se rendre à Palencia, à 235 kilomètres de Madrid (Espagne), pour observer comment un des acteurs majeurs des services à l’environnement, Suez, et un des acteurs majeurs de l’automobile, Renault, collaborent autour de la récupération, du recyclage et de la revente des métaux. Les deux entreprises françaises y exploitent des sites respectivement dédiés au traitement des métaux et à la production d’automobiles, lesquels travaillent ensemble, à cinq kilomètres de distance. Pour les deux entités, une telle coopération ne constitue pas un cas isolé.

"Nous travaillons depuis plus de vingt ans avec Renault. Il était insupportable pour Renault de voir lui échapper le flux de voitures déconstruites… Maintenant, nous déconstruisons avec eux 100 000 véhicules par an. Nous revendons la carcasse au prix de la ferraille", explique le directeur général adjoint de Suez en charge de l’activité recyclage et valorisation Europe, Jean-Marc Boursier. Les deux entreprises disposent d’une coentreprise dédiée à cette activité, Indra, spécialisée dans les véhicules en fin de vie (VHU, pour "véhicules hors d'usage"). Renault revend les pièces et Suez les métaux.

Boone au cœur du système

L’autre bras armé de Suez et de Renault sur le marché des métaux est une entreprise d’origine lilloise, Boone. Créée en 1899, cette PME (300 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015) spécialisée dans le recyclage et la revente des métaux, essentiellement d’origine automobile, a été rachetée en 2008 par Suez. Elle traite 1,6 million de tonnes de métaux par an. Renault, qui contribue à environ un tiers des ventes de Boone dans le monde, a été invité par Suez à entrer à son capital, à hauteur de 33%. D’autres constructeurs sont également clients de l’entreprise, tels PSA et Ford. Dans les six mois à venir, Boone se fixe pour objectif d’entrer chez Nissan, le traitement des métaux étant l’une des activités traitées séparément par les deux sociétés.

Boone a notamment permis à Suez d’accéder à un portefeuille de sites dispersés à travers le monde, parmi lesquels celui de Palencia, appartenant à l’usine de ses filiales, MetalImpex Iberica. Les flux de déchets métalliques des quatre usines espagnoles de Renault y sont acheminés, en plus de ceux de huit autres fournisseurs. Des équipements dédiés au traitement des véhicules hors d’usage y figurent en bonne place.

Récupérée des blocs moteurs ou des carters, la tournure de fonte est notamment reconditionnées en briquettes, à destination des fonderies (photos ci-dessous). "En traitant les véhicules en fin de vie, on boucle la boucle. Certains des métaux que nous récupérons sont in fine transformés en pièces utilisées par Renault", précise le directeur général de MetalImpex Iberica, Gustavo Rodriguez.

Un tri des chutes sur site

Le dernier volet de cette coopération s’effectue au sein même des usines Renault. A travers le monde, Suez assure la gestion des déchets sur 32 sites du constructeur. A Palencia, MetalImpex Iberica dispose d’un chef d’équipe et de dix techniciens, implantés au cœur de l’usine. Environ 3500 tonnes de métaux sont valorisées chaque mois. Un système de convoi (photo ci-dessous) achemine les matières de l’atelier de fabrication à celui de tri. MetalImpex a réalisé l’investissement dans la chaîne de tri, et en assure aussi la maintenance préventive. Suez, par l’intermédiaire de sa filiale, rachète les chutes de production, avant de les revendre.

Ce partenariat n’empêche pas les deux entreprises de développer, chacune de leur côté, des projets en matière de recyclage : alors que Suez aspire à se lancer dans la déconstruction de trains, Renault compte travailler sur l’allègement en aluminium de ses véhicules.

Franck Stassi

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