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Suez Environnement veut faire du Maroc une vitrine à l’approche de la COP22

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Les engagements du Maroc en matière de dépollution de l’eau et de traitement des déchets s’accélèrent. Pour Suez Environnement, l’un des grands délégataires de services publics du pays, c’est l’occasion de déployer son savoir-faire pour faire du royaume une vitrine à destination de l’Afrique. D'autant qu'après la France cette fin d'année, le Maroc doit accueillir les négociations climat en 2016.

Suez Environnement veut faire du Maroc une vitrine à l’approche de la COP22
Lydec, filiale de Suez Environnement vient de conduire le vaste projet d'assainissement SAP Est à Casablanca

Au Maroc, le géant français de l’eau et des déchets, Suez Environnement, surfe à plein sur la volonté de Mohammed VI de déployer l’accès aux services essentiels à l’ensemble des grands centres urbains. A travers sa filiale Lydec, Suez Environnement est ainsi en charge de déployer des services d’eau, d’électricité, d’assainissement et d’éclairage public à Casablanca depuis 1997. Dernière réalisation en date, l’inauguration le 13 mai dernier du système antipollution du littoral Est de Casablanca.

Jusqu’alors les eaux de pluies et les eaux usées, fortement polluées par l’industrie de la ville, ruisselaient sur le littoral. La plage était souillée par des liquides noire et rouge non identifiés, rapportent les locaux. Désormais, cette eau est collectée sur 24 kilomètres de front de mer.  Elle est filtrée, dégraissée et relâchée via un émissaire situé à 2,2 kilomètres au large. La municipalité juge pour l’heure que la dépollution biologique est assurée directement par l’océan. L’ouvrage de 1,4 milliard de dirhams (1000 dirhams = 93 euros), dont un milliard pris en charge par Suez Environnement, a été dimensionné pour répondre aux besoins de la ville, en forte croissance démographique, jusqu’en 2035 environ. A l’avenir, Lydec espère s’entendre avec Casablanca pour adjoindre une unité complète de traitement de l’eau pour qu’elle soit réutilisée en ville.

Développer les smart cities

"A travers nos expertises en matière de production, d’ingénierie et de conseil, nous voulons vendre en Afrique l’excellence du groupe au Maroc", explique Jean-Pascal Darriet, directeur général de Lydec. "Lydec a une vocation locale (Ndr : le grand Casablanca), mais elle a aussi vocation à servir d’exemple ailleurs. Le roi Mohammed VI est  le plus grand VRP sur le continent du savoir-faire marocain en matière d’environnement", ajoute-t-il.

Tant mieux pour Suez qui a déployé dans le pays (où sont présents aussi Veolia, Derichebourg, Tecmed ou le libanais Averda) quasiment tous ses métiers. Son principal point d’appui est la Lydec. Créée en 1995, après que la Lyonnaise des eaux, "l’ancêtre" de Suez ait gagné ce contrat de concession majeur, la société casablancaise, filiale à 51% de Suez, cotée en bourse et détenue en partie par l'Etat (CDG), a affiché un chiffre d’affaires de 6,82 milliards de dirhams en 2014 et emploie plus de 3 500 salariés.

Mais à côté de Lydec, dans d’autres régions du pays, Suez Environnement a développé une forte activité en matière de déchet et recyclage pesant pour environ 700 millions de dirhams de chiffre d’affaires.  "En connectant toutes ces activités, nous allons naturellement conduire le développement de "Smart Cities" dans le pays. Ce sont des idées à faire-valoir dans le cadre de la COP22 [le sommet sur le climat qui se déroulera au Maroc en 2016 après la COP21 cette fin d ‘année à Paris NDR]. Cet évènement doit permettre de montrer la capacité d’investissements et d’expérimentation de Suez Environnement au service de l’environnement", affirme Jean-Pascal Darriet... sans pour autant livrer des prévisions de croissance du groupe au Maroc.

A 300 kilomètres plus au nord, près de Tanger, François Pyrek, le directeur général recyclage et valorisation Maroc de Suez Environnement porte le même message. Sur l’usine de Renault, inaugurée en 2012, la société française assure la collecte et le tri des déchets, ainsi que le la valorisation des métaux dans une démarche d’économie circulaire à travers sa filiale Metalimpex. Fier de ces réalisations, le patron ne cesse de rappeler tout le potentiel du pays en matière de traitement des déchets ménagers et industriels.

"Le Maroc est une vitrine pour l’Afrique"

"La COP22 fait tout bouger. Aujourd’hui il y a par exemple trois grands appels d’offres en cours pour traiter et valoriser des déchets à Marrakech, Casablanca et  Rabat", s’enthousiasme-t-il. 

En vue des négociations sur le climat, le Maroc vient ainsi tout juste de s’engager à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 13% en 2030. "Or les décharges comptent pour 5 % pour des émissions totales du pays. Réduire les décharges, c’est réduire les émissions", affirme-t-il.

Un métier cependant difficile dans un pays où les relations avec les autorités délégantes peuvent être délicates et où il faut aussi prendre en charge les centaines de chiffonniers et travailleurs informels qui vivent de ces décharges sauvages. A Meknès, où Sita Atlas (filiale de Suez Environnement) est en train de construire une décharge aux dernières normes et une usine de tri, Suez Environnement a dû limiter la robotisation des process industriels pour transformer 150 chiffonniers en trieurs.

"Le Maroc est une vitrine pour l’Afrique car le pays fait bien les choses à travers ses appels d’offres et les visions de long terme données par les autorités. Et avec la COP22 en vue, ces engagements se renforcent encore !", lance François Pyrek. Et ce bon modèle, plébiscité par l’entreprise française, diffuse déjà hors des frontières marocaines puisque, fort de expérience dans le royaume, Suez Environnement est en train de répondre à des appels d’offres de valorisation des déchets à Lomé au Togo et à Dakar au Sénégal.

Au Maroc, Ludovic Dupin

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