STX Europe est à vendre

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La banque KDB, qui supervise la restructuration du groupe coréen STX, a annoncé la mise en vente de STX Europe. L’avenir de STX France est à nouveau en suspens. L’Etat, qui dispose de 33 % du capital, n’est pas enclin à devenir majoritaire.

STX Europe est à vendre © DR

C’est officiel. L’agence de presse coréenne Yonhap a annoncé dans un communiqué, jeudi 10 octobre, que la Korea Developpement Bank (KDB), principal créancier du groupe coréen STX et superviseur de sa restructuration, projetait de vendre STX Europe afin de rembourser une partie des dettes du groupe. "Ce n’est pas vraiment une surprise, reconnaît Joël Cadoret, secrétaire général du syndicat CGT des chantiers navals. Il y avait déjà eu une sorte de préannonce au printemps."

Au mois de mai 2013 avait déjà été évoqué le désengagement de la maison-mère, en proie à de grosses difficultés financières qui ne lui permettaient plus d’honorer le remboursement de sa dette. "Nous subissons à nouveau les conséquences d’enjeux financiers, commente Joël Cadoret. Ce qu’il faut, c’est un repreneur industriel et non financier, qui développe l’outil de travail. Alors qu’aujourd’hui encore on compte entre 500 et 600 employés en chômage partiel, c’est par de nouvelles commandes que les emplois seront pérennisés."

En voyage en Turquie, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, n’a pas encore réagi à cette annonce. Mais au mois de mai, il n’était pas allé dans le sens d’une augmentation de la participation de l’Etat dans STX France au-delà des 33% actuels. "Les chantiers de Saint-Nazaire ont besoin de commandes, pas d’un nouvel actionnaire", avait-il indiqué. Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des Finances, s’était également montré très prudent.

L’annonce de mise en vente survient alors que les relations sociales se tendent chez STX France. Le 17 octobre auront lieu les élections des représentants du personnel, et les syndicats soupçonnent la direction de vouloir dénoncer les accords sociaux au lendemain des élections et de vouloir imposer une augmentation du temps de travail sans contrepartie financière. La CGT s’y oppose fermement, quand la CFDT se dit prête à prouver à la direction que l’augmentation de la productivité demandée par la direction est possible sans baisser le salaire horaire, mais en améliorant l’organisation industrielle. Et de citer comme exemple ces ordinateurs "qui demandent un quart d’heure avant d’être opérationnels".

Patrice Desmedt

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