STTS lance son atelier de peinture d’avion à Casablanca, une première pour l'Afrique

Le spécialiste français de la peinture d’avion STTS met en fonctionnement sa nouvelle unité à Casablanca en association avec Royal Air Maroc. Objectif : cibler le marché africain et l’Europe du sud.

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STTS lance son atelier de peinture d’avion à Casablanca, une première pour l'Afrique
Sur la zone Méditerranée STTS dispose notamment d'une unité à Séville (ici peinture d'un A400M)

En avant la peinture ! Ce 16 septembre doit démarrer l’activité au Maroc du spécialiste de la peinture d’avion STTS avec la mise en chantier d’un Boeing 737 de Royal Air Maroc.

STTS ou Société Toulousaine Traitement des Surfaces basée à Blagnac près de Toulouse vient pour cela d’ouvrir une installation industrielle sur le site de l’aéroport Mohamed V de Casablanca. Cet investissement consiste en une cabine complète de peinture d’avion logée à l’intérieur d’un hangar déjà existant appartenant à l’aéroport.

"Nous disposons là désormais d'une installation de classe mondiale et aux dernières normes environnementales", indique à L’Usine Nouvelle Christophe Cador, PDG de STTS.

Particularité : la création de STTS Maroc s’est faite à travers une joint-venture avec Royal Air Maroc, à 50.1% pour la compagnie marocaine et 49,9% pour la société française celui-ci assurant la gestion opérationnelle.

Royal Air Maroc dispose à Casablanca d’un centre de maintenance (A-320, B737...) dans le cadre d’Aerotechnic industry société commune avec Air France créé en 2005 qui a permis de sortir cette activité de ses difficultés récurrentes du passé.

Pour RAM et ATI, le projet d'unité de peinture permet de satisfaire ses propres besoins et aussi d'accroitre l'attractivité de Casablanca en maintenance pour les compagnies aériennes grâce à l’association avec un des spécialistes européens de cette activité.

Les appareils de RAM devraient assurer un quart du plan de charge.

"Un des clients de l’entreprise sera effectivement ATI, note Christophe Cador. Pour ce qui nous concerne, avec ce projet, il ne s’agit pas pour STTS d’une délocalisation de nos installations française, mais bien d’étendre encore notre périmètre géographique pour cibler de nouveaux clients sur la zone Afrique, Moyen-Orient, Europe du sud", explique Christophe Cador, également PDG de Finaero, la holding à qui appartient STTS.

Selon lui, il n’y a aujourd'hui aucune cabine de peinture aux normes sur le continent hormis peut-être en Afrique du sud.

L’investissement consenti s’élève à 3 millions d’euros, une somme financée essentiellement par des concours bancaires. Ce projet dont les négociations ont débuté voilà un an bénéficiera aussi d’aides publiques, notamment via le fonds Hassan II. À terme, le site devrait employer 40 salariés. Pour l’instant, 25 jeunes embauchés marocains ont suivi une formation de "peintre en aviation" à Blagnac.

appareils militaires

L’unité casablancaise pourra traiter des appareils moyen-courrier de type A320 ou B737. La capacité s’élève à ce stade à 25 appareils par an sachant que les opérations de peinture durent de 7 à 12 jours suivant les modèles d'avions. Une diversification des clients vers les appareils militaires est déjà envisagée.

Ce métier de la peinture d'avion a été externalisé par la plupart des compagnies et des avionneurs dans le monde. Une poignée de spécialistes s'en sont emparés comme STTS mais aussi le britannique Air Livery ou encore l'américain Leading Edge.

Dans la plupart des cas, la peinture d'avion est manuelle (pistolet électro-statique), les cadences trop faibles ne permettant pas l'utilisation de robots comme dans l'automobile. Le prix, très variable d’un appareil à l’autre et suivant les finitions, est de l’ordre de 100 000 à 150 000 euros.

Au delà du prix, les déterminants du métier sont la qualité de finition mais aussi le dimensionnement des cabines de peinture et donc la capacité d'accueil pour un type d'appareil donnée. STTS dispose ainsi à Blagnac d'un hall de 10 000m2 permettant la peinture du plus gros avion du monde, l'A-380.

A ces contraintes s'ajoutent des normes internationales de plus en plus sévères dans le cadre notamment de l'Organisation de l'aviation civile internationale ou de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (émissions de COV, ventilation, etc..)

STTS compte 35 sites à travers le monde dans six pays, dont bientôt en Chine. C'est une filiale de la holding Finaero, un groupe de 900 personnes qui, outre la peinture, opère aussi dans la maintenance et l'installation des intérieurs d'avion via la société AIP – Airline, corporate & vip interiors. En 2011, Finaero a pris le contrôle de la société CIEE opérant surtout à partir de la Thaîlande dans le câblage et faisceaux pour applications industrielles.

Quant au Maroc, "en s’appuyant sur cette nouvelle installation, nous comptons bien développer à Casablanca d’autres activités dans la l'aménagement et maintenance des intérieurs d’avion ou encore la personnalisation des business-jet VIP", anticipe Christophe Cador.

Pierre-Olivier Rouaud

Une filiale de Finaero

Finaero, holding qui contrôle STTS  a réalisé 113 millions d’euros sur son dernier exercice et table sur un chiffre d’affaires de 120 millions d’euros. "Notre croissance est modérée mais régulière", indique Christophe Cador qui reste un des actionnaires de l’entreprise qu'il a créé. 
Le management  détient en effet 50 % du capital à côté d’investisseurs dont le Banque publique d'investissement (BPI), le fonds Aerofund ou encore le Crédit Agricole ou le CIC. En avril, Finaero avait effectué une levée de fonds dont le détail n'a pas été dévoilé pour financer son important programme de développement géographique.

 

Les travaux de l’unité STTS à Casablanca au premier semestre


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