Stress tests: les avoirs en dette d'Etat des banques révélés

par Steve Slater et Philipp Halstrick

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LONDRES/FRANCFORT (Reuters) - Les banques européennes devraient dévoiler leur exposition aux obligations souveraines, vendredi lors de la publication des stress tests, malgré le marchandage de dernière minute de la part des banques allemandes sur l'ampleur des informations à révéler.

La publication du résultat des tests, attendue vendredi soir à partir de 16h00 GMT (18 heures à Paris) après moult tergiversations, est censée prouver aux investisseurs que les 91 banques de l'Union européenne passées à la moulinette peuvent supporter une nouvelle crise économique et financière et que les autorités sont capables de résoudre les problèmes des établissements qui ne passeraient pas les tests.

Le Comité européen des Contrôleurs bancaires a demandé aux banques, d'après un document obtenu par Reuters, de fournir toutes les informations relatives à leurs avoirs en matière de dette souveraine, laissant toutefois la responsabilité de la publication aux banques et aux superviseurs nationaux.

La publication de ces avoirs pourrait mettre fin à l'incertitude entourant l'exposition des banques européennes aux dettes grecque, espagnole et portugaise, les trois pays ayant à ce jour le plus de mal à convaincre de leur capacité à soutenir une dette élevée en période de croissance faible.

Les valeurs bancaires étaient orientées à la hausse jeudi, un signal montrant que les investisseurs commencent à espérer que le pire est passé, dans ce secteur où la méfiance entre les établissements a été au coeur de la crise financière de 2008.

Les banques allemandes, qui sont parmi les plus importantes détentrices d'obligations de l'Etat grec, ont été les plus réticentes à fournir des données. Elles seraient désormais prêtes à se plier à la pression des autres acteurs européens, ont révélé plusieurs sources du secteur.

CACOPHONIE

La confusion qui a un moment entouré l'heure prévue de publication des "stress tests" s'est ajoutée à des semaines de rumeurs au sujet de ces bilans bancaires, considérés comme un élément majeur d'appréciation de la capacité des banques à survivre à une nouvelle crise économique.

Des dirigeants et des banquiers de plusieurs pays dont l'Allemagne, la France, la Grèce, et la Belgique ont déclaré que leurs établissements de crédits devraient réussir le test, ce qui a pu soulever des inquiétudes concernant la trop grande indulgence des tests et leur incapacité à rassurer les marchés.

La "cacophonie" européenne contraste avec la discipline qui a accompagné la publication de tests équivalents l'an dernier aux Etats-Unis, lesquels ont été décisifs pour restaurer la confiance à Wall Street.

"Quand les stress tests américains ont été publiés il y a plus d'un an, cela a été fait avec une précision militaire (...). C'était "oui, chef! bien, chef!", se souvient Christophe Nijdam d'AlphaValue.

"Ici en Europe, vous avez une grande cacophonie, avec des fuites de chaque régulateur national qui essaie d'une manière ou d'une autre de protéger sa réputation ou celle de ses banques."

Certains investisseurs ont donc demandé une transparence totale, au travers notamment de la publication d'une liste complète des obligations souveraines détenues par les banques, ce qui leur permettrait de faire leur propres tests avec des hypothèses plus ou moins optimistes.

DEUX SCENARIOS

La publication par les banques de leur exposition détaillée aux obligations souveraines était un signal de transparence demandé par les investisseurs et le Fonds monétaire international qui a estimé mercredi que le secteur bancaire était un des risques principaux pesant sur la reprise en Europe.

Etant donné le peu de détails disponibles sur le format de publication de ces tests et les divisions apparues entre les 27 Etats membres sur la quantité d'informations à divulguer, certains investisseurs se sont inquiétés du fait que l'examen ne soit pas suffisamment sévère ou suffisamment transparent.

Il a été demandé aux 91 banques soumises aux tests d'estimer si leur ratio de fonds propres "durs" (Tier 1) demeurerait au-dessus des 6% dans deux scénarios différents, en cas de rechute de l'économie (scénario 1), à laquelle s'ajouterait dans le second cas de fortes pertes subies sur les emprunts d'Etat.

Les établissements qui tomberaient sous ce seuil devront en principe annoncer ce qu'ils comptent faire pour résoudre ce problème.

Certains investisseurs estiment que si les déficits détectés dans le système ne sont pas suffisamment conformes aux attentes des marchés, et si les mesures de recapitalisation ne sont pas assez généreuses, les stress tests pourraient ne pas réussir à convaincre.

La banque slovène Nova Ljubljanska Banka a été la première mercredi à annoncer une augmentation de capital liée aux stress tests, bien que les analystes s'attendent à ce qu'elle réussisse l'examen, ce qui montre qu'il pourrait y avoir des recapitalisations même pour les établissements qui resteraient au-delà des 6%.

Les grands établissements bancaires côtés, qui sont en permanence sous l'oeil des investisseurs, devraient également réussir les tests, mais le principal enseignement de cet examen approfondi pourrait être que les problèmes les plus importants résident dans les petites entités, telles les caisses d'épargne espagnoles ou les banques régionales allemandes, qui, pour la plupart, ne sont pas cotées sur les marchés.

Vincent Chauvet pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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