STRATÉGIEDYNACTION VEUT SE DIVERSIFIERAprès le décès d'Henri Blanchet, Dynaction tourne une page douloureuse de son histoire. Son associé, Christian Moretti, entend aller de l'avant et diversifier le groupe.

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STRATÉGIE

DYNACTION VEUT SE DIVERSIFIER

Après le décès d'Henri Blanchet, Dynaction tourne une page douloureuse de son histoire. Son associé, Christian Moretti, entend aller de l'avant et diversifier le groupe.



Pour Dynaction, 1995 devrait marquer la fin de l'endettement et des difficultés financières. Depuis 1992, le groupe n'était guère parvenu à sortir la tête de l'eau. Le décès de l'un des deux fondateurs, Henri Blanchet, est une nouvelle épreuve pour ce groupe, qui pèse 3,5milliards de francs de chiffre d'affaires et emploie 4400personnes. Cette tragique disparition survient alors que Dynaction a redéfini sa stratégie. Après avoir beaucoup élagué, la direction du groupe a repris l'offensive. Les acquisitions sont désormais régies selon deux principes: la recherche de produits propres et la diversification. On est encore loin des nombreux succès rencontrés par ces deux patrons anticonformistes. En juillet 1982, Henri Blanchet et Christian Moretti, deux amis d'HEC, achètent pour le franc symbolique le producteur de réservoirs cryogéniques Cryodiffusion. Pendant dix ans, ils ne cessent d'acquérir des sociétés, dans les secteurs de la mécanique et de la construction électrique. Christian Moretti explique: "Nous nous intéressions à trois types de sociétés, les entreprises en difficulté, les filiales de grands groupes souhaitant se recentrer et les affaires ayant des problèmes de succession." De 1982 à 1992, le chiffre d'affaires du groupe passe de 30millions de francs à 5,4milliards. Mais la crise aura raison de cette belle croissance. En 1993, l'endettement de la maison mère atteint 350millions de francs. Le groupe est donc obligé de faire des choix. En deux ans, il cède près d'un quart de ses actifs industriels, notamment CEE (systèmes de protection des réseaux d'énergie), Grantil (papiers peints), Lecat Porion (tringles à rideaux) et Lecas (papeterie). "Le groupe a peut-être trop vendu, reconnaît Christian Moretti, car, les actifs industriels se valorisant nous en aurions tiré un meilleur prix." A l'heure actuelle, il reste encore 150millions de francs de dettes, qui devraient être comblées d'ici à la fin de l'année. Pour cela, outre la mise sur le marché de PCAS (chimie de spécialités) en avril , Dynaction va augmenter sa part dans Mécadyne et Dynelec.

Deux nouveaux axes pour les mois à venir

Mais surtout, le groupe a tiré les leçons de la crise. Pour les mois à venir, il s'est fixé deux axes stratégiques. D'une part, comme l'explique Christian Moretti, "Dynaction va se diversifier vers des sociétés qui ont des produits et éviter la sous-traitance et l'ingéniérie." D'autre part, le groupe va renforcer sa présence dans des secteurs comme la chimie, le matériel pédagogique (Médiascience est considérée comme un fer de lance) et le matériel médical. Dynaction vient d'acheter le fabricant de lasers médicaux Quantel. Resté seul à la barre, Christian Moretti se dit maintenant prêt à abandonner la formule de "fédération de PME" qui laissait beaucoup d'autonomie aux responsables de filiales. "A terme, je vois Dynaction doté de quatre ou cinq pôles majeurs, réalisant chacun plus de 1milliard de francs de chiffre d'affaires." Emmanuelle RIVOIRE





USINE NOUVELLE N°2492

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