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Stratégie : Microsoft met le PC dans une tablette

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Enquête Avec sa tablette Surface 100% maison, l'éditeur entend se repositionner face à Apple. Grâce à son nouveau système d'exploitation, il mise aussi sur la mobilité. Sortie prévue à l'automne.

Qui aurait cru qu'un produit Microsoft puisse éclipser une annonce d'Apple ? Et pourtant. Alors que le californien avait exhibé son dernier système d'exploitation pour iPhone et iPad iOS6 quelques jours plus tôt, l'éditeur de Windows a dévoilé... deux tablettes maison. Moins d'une journée après, il confirmait ce que l'on soupçonnait : les tablettes, smartphones, notebooks et PC Windows auront un coeur de système d'exploitation commun. Telles les pièces manquantes d'un puzzle, ces deux annonces éclairent la stratégie de rupture de Microsoft, qui s'oriente vers l'ère post-PC. Ou, comme l'appelle le directeur grand public de Microsoft France, Marc Jalabert, l'ère du « néo-PC ».

Le 18 juin, le PDG Steve Ballmer a présenté deux produits très inattendus : des tablettes made in Microsoft baptisées « Surface ». Des tablettes, certes, mais dotées d'un clavier caché dans la couverture de protection (« cover »), de deux ports USB, d'un port micro SD, de la suite bureautique Office préinstallée et même d'un petit pied amovible. « Ce PC est une superbe tablette, cette tablette un superbe PC ». Le slogan marketing souligne l'enjeu de la Surface : être un objet hybride, entre la tablette et le PC, censé réconcilier les usages personnel et professionnel, la mobilité et le nomadisme. Voilà pour le premier pion avancé par Microsoft.

 

Pari sur l'écosystème

Le lendemain, Microsoft bougeait sa deuxième pièce maîtresse, ses nouveaux systèmes d'exploitation Windows 8 et Windows Phone 8 qui font désormais coeur commun. En théorie, un développeur devrait pouvoir facilement porter son logiciel d'un smartphone vers une tablette ou un PC. « Ils avaient fait un premier pas avec l'interface utilisateur Metro sur tous leurs équipements, qui est un outil simple pour créer des applications vraiment ergonomiques. Avec cette convergence des OS, ils empruntent la voie de la raison, d'un point de vue de développeur », estime Jean-Louis Bénard, le PDG de Brainsonic.

En grand habitué de la communication, le géant américain a anticipé les critiques sur son retour dans le matériel - où il a certes réussi l'aventure Xbox et Kinect, mais a échoué en beauté son mobile Kin et son MP3 Zune -, sur ses chances face au tout-puissant iPad et sur la concurrence avec ses partenaires fabricants de mobiles (OEM). La réponse est venue de Steve Ballmer : « Voilà ce que tablette Windows veut dire. » En clair, avec Surface, Microsoft veut montrer la voie à son écosystème, mais en veillant à ne pas froisser les HP, Huawei, Nokia et autres Samsung, fournisseurs de tablettes Windows. « Il leur fallait montrer l'exemple avec un produit un peu emblématique, insiste Gilles Babinet, le PDG de Captain Dash. Nous avons justement fait le choix de ne développer nos outils de décision que pour Windows sur tablette. Leur démarche va créer un mouvement positif autour de l'écosystème Windows 8. » Mais qu'on ne s'y trompe pas, les tablettes Surface ne sont pas qu'une vitrine de luxe du savoir-faire de Microsoft. C'est une vraie gamme que l'éditeur veut développer et dont il a confié la fabrication au taïwanais Pegatron (qui produit aussi des iPad).

Quant à concurrencer l'iPad, l'une des deux tablettes a une position plus confortable que l'autre. La Surface Pro, équipée d'une puce Intel, peut accueillir le catalogue applicatif Windows. Un atout pour entrer dans les entreprises où l'iPad ne fait encore que ses premiers pas. Du côté de l'usage personnel, qu'il s'agisse de la Surface Pro ou de sa petite soeur RT, Microsoft parie sur son écosystème : le catalogue Xbox de jeux, mais aussi de musique et la librairie de la liseuse Nook de Barnes et Nobles dans laquelle il a investi 300 millions de dollars en mai. Sans compter que, disponible en version bêta depuis début 2012, Windows 8 a déjà donné naissance à des applications natives. Dans le contenu, avec Netflix pour la vidéo aux États-Unis ou MyTF1, LeMonde ou BFMTV en France. Au-delà de la bataille avec Apple, Microsoft cherche bel et bien une nouvelle position.

LES ATOUTS FACE À L'IPAD

  • SURFACE, LE NOM DU TACTILE PROFESSIONNEL

Surface, c'était le nom des tables tactiles multipoints et multi-utilisateurs développées par Microsoft pour un usage professionnel et rebaptisées PixelSens. Microsoft en a repris le nom, sans transfert technologique de l'un à l'autre.

  • UN COEUR D'OS COMPATIBLE PC

Alors que iOS d'Apple et Androïd de Google sont limités aux tablettes et smartphones, Microsoft fait converger son OS Windows Phone 8 avec son OS PC et notebook, Windows 8. À la clé, un catalogue d'applicatifs communs.

  • DES ÉQUIPEMENTS STANDARD POUR TRAVAILLER

Surface est équipée en standard de ports USB, de la suite bureautique Office et d'un clavier, pour garder ses réflexes de PC en situation de mobilité (transport) ou de nomadisme (fixe, mais hors du bureau ou de la maison).

  • UNE INTERFACE ERGONOMIQUE

Metro, popularisé par les Lumia de Nokia, avec ses vignettes animées en temps réel, est surtout pratique pour développer des applications ergonomiques... Une nouveauté chez Microsoft.

  • DEUX CLAVIERS ULTRAFINS AU CHOIX

L'un des deux intègre des touches mécaniques de 5 mm d'épaisseur, l'autre ne mesure que 3 mm. On en choisit un, intégré dans la couverture de protection pour pallier, en usage professionnel, la difficulté de taper du texte avec un clavier virtuel.

  • À CHAQUE USAGE SON PROCESSEUR

Microsoft a deux cibles, le grand public et l'entreprise. À chacune sa puce. La Surface RT s'appuie sur ARM, la Surface Pro sur Intel. Voici peut-être l'une des failles du dispositif bien huilé de Microsoft. L'utilisateur identifiera-t-il bien l'impact de cette différence sur les applications qu'il peut utiliser ?

  • UN VASTE CATALOGUE DE CONTENUS

Avec la convergence des OS, ces tablettes bénéficieront de tout l'écosystème applicatif de Microsoft des 100 000 apps du Windows Store, mais aussi des jeux, du contenu audiovisuel et littéraire, etc. Microsoft prévoit aussi de permettre aux entreprises de créer leur propre appstore.

  • UN STYLET EN BONUS

Les Surface sont bien des tablettes. Elles ont certes des claviers, mais aussi un écran tactile, la reconnaissance vocale et la possibilité d'utiliser un stylet pour les adeptes de l'écriture cursive et du dessin.

 

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